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CONSTANTINE

«Les élèves des milieux défavorisés sont violents»

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Les sociologues, les parents d'élèves et les enseignants sont unanimes à dire que la violence envahit l'école.

La violence dans les milieux scolaire est un phénomène qui n'est pas propre à l'Algérie. Le champ demeure certes, très spécifique et sensible du fait qu'il s'agit d'un phénomène lié à la réalité comportementale de personnes fragiles où l'âge est pris en compte, mais l'espace aussi engage des actions, du moment que les milieux d'où sont issues ces personnes est un facteur à prendre au sérieux, tant sur le plan social que moral. Les spécialistes, les sociologues, les parents d'élèves et les enseignants sont unanimes à dire que «la violence a tendance à envahir toutes les structures et en particulier l'école. Et pas que ça, témoigne un parent d'élève.
«La drogue est en train d'envahir aussi les établissements et ça devient inquiétant.» Ce père qui a dû changer d'établissement à son enfant trois fois, confie que «la violence ne vient pas spécialement que des scolarisés, parfois, pour ne pas dire souvent, ce sont les enseignants qui agissent avec violence; que peut-on attendre d'un enfant de 15 ans agressé et maltraité par son propre enseignant?» s'est-il interrogé! Et ce n'est pas le seul cas. Aujourd'hui enseignante, elle-même, cette femme d'une quarantaine d'années, qui a consacré sa vie à l'école raconte: «Je me rappellerai toute ma vie de ce que j'avais vécu au cours de ma scolarité primaire; pour avoir mal répondu à une question, mon enseignante m'avait rouée de coups avec un bâton, j'avais des bleus partout, le lendemain c'est ma mère en me faisant prendre ma toilette qui avait remarqué les traces.
Elle me questionna sur l'origine de ces traces. En apprenant que ça venait de mon enseignante elle informa mon père qui n'avait pas manqué d'aller dénoncer ce traitement au directeur de l'école et je fus aussitôt admise dans une autre classe.
Quant à cette enseignante, elle a présenté des excuses et je ne sais pas ce qu'elle est devenue par la suite. Je sais que mes parents ont fini par accepter de ne pas porter plainte. Aujourd'hui, j'essaye d'être un bon exemple et d'être proche de mes élèves, sans jamais les violenter, c'est une promesse que je me suis faite.»
Beaucoup d'élèves même brillants ont parfois dû quitter l'école trop tôt à cause du comportement de leurs enseignants; c'est le cas de Mohamed Lamine, Ramy et Noor Saf. Mais, il reste que certains élèves issus généralement de milieux urbains défavorables, s'expriment avec une rare violence vis-à-vis de l'enseignant si par malheur ce dernier ose leur faire une remarque. Voici le témoignage d'un enseignant: «J'avais à peine fait remarquer à mon élève que son cahier ne contenait aucune leçon et de m'en expliquer les raisons, que je reçus un coup sur le visage. Pour ma dignité, j'ai du me plaindre auprès du responsable de l'établissement. Ses parents ont été aussitôt convoqués, l'élève a été exclu 15 jours, mais il n'a plus remis les pieds au CEM.»
Pour les spécialistes, tout le système éducatif est à revoir sur ce plan. Fort de son expérience, Mohamed F., ancien enseignant à la retraite souligne: «On doit en principe permettre à l'enseignant ou l'élève, de développer des capacités multiples qui l'amèneront à s'adapter harmonieusement à son environnement et lui permettre de cultiver la réflexion, les capacités d'analyse et de synthèse et de motiver l'élève en suscitant en lui l'envie de connaître, d'acquérir des connaissances et l'inciter à apprendre toujours plus.
A cet effet, il faut mobiliser les moyens adéquats que des experts peuvent développer.» Pour cet académicien «pour amorcer le problème de la violence en milieu scolaire, il faut déterminer avant tout la vraie mission de l'école et tenter par tous les moyens de ralentir la problématique de la violence et donc travailler à sa prévention». Pour parvenir à concrétiser cet objectif, ajoute-t-il, «il faut définir le dysfonctionnement dans le système éducatif qui a des conséquences impératives sur le comportement de chaque partenaire, élèves et enseignants, à l'intérieur de ce système.
Et de faire de l'école le milieu où l'enfant apprend à apprendre, à acquérir des connaissances et non pas un lieu de désordre et pour pallier ce fléau la société (parents, institutions d'Etat) devront s'impliquer davantage car on est tous concernés». Pour beaucoup, la violence morale induit nécessairement la violence physique et c'est devenu une pratique courante chez certains enseignants qui traitent les élèves de tous les noms jusqu'à l'insulte; le traumatisme provoque par conséquence un sentiment de révolte chez l'élève, qui l'incitera forcement à la violence.
Pour tous nos interlocuteurs, le problème qui prend de l'ampleur est de taille, et nécessite une étude.
Comme indiqué dans notre édition du jeudi 17 novembre, des sociologues sont à la recherche des causes, et un rapport sera élaboré dans trois ans après enquête dans plusieurs wilayas. D'ici là, le phénomène risque de se compliquer.

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