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FAIBLE RÉCOLTE À TIZI OUZOU

La revanche de l'olivier

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Les jarres ne récolteront que 3,6 millions de litres alors que l'année passée, elles ont engrangé pas moins de 14 millions de litres.

Contrairement à l'année précédente, les oléiculteurs de la wilaya de Tizi Ouzou peineront cette saison pour récolter les quantités nécessaires pour se faire une place dans les huileries. C'est la saison des vaches maigres. Selon les services agricoles de la wilaya, cette année, il est attendu une récolte de quelque 200.000 quintaux, soit beaucoup moins que l'année passée où il a été relevé une récolte de 820.000 quintaux. Les jarres ne récolteront que 3,6 millions de litres alors que l'année passée, elles ont engrangé pas moins de 14 millions. Une différence de taille qui se répercutera inéluctablement sur le prix dans quelques semaines. Certaines voix affirment que le prix de l'huile d'olive triplera à la fin de la saison. De 450 DA, les prix atteindraient les 1500 DA le litre.

Le vent «siffle» dans les huileries
Pour se rendre compte de la situation, nous nous sommes rendus dans plusieurs huileries de plusieurs régions. Cette année, ce n'est plus le plein régime. Les quantités acheminées ne tiennent même pas quelques heures avant que les propriétaires ne récupèrent l'huile tirée. «Nous avons l'habitude avec ce rythme. L'oliveraie de la région fonctionne en alternance. C'est le même régime depuis les années quarante, date de l'achat de cette huilerie» raconte un propriétaire d'huilerie traditionnelle à Boudjima. Toutefois, la résignation de ce dernier, habitué vraisemblablement aux aléas naturels qui rythment les saisons depuis des siècles, ne semble guère être partagée par les propriétaires des huileries modernes. Tenus par des obligations plus économiques, ces derniers craignent une saison blanche. «J'ai acheté les machines avec des emprunts bancaires. Je suis tenu de travailler pour rembourser. Et si les saisons comme celle-ci se suivent, alors je risque de déclarer faillite», affirme un autre propriétaire d'huilerie moderne à Makouda. En effet, l'année dernière, les huileries modernes fonctionnaient à plein régime. Des équipes de travailleurs se relayaient chaque 8 heures pour un travail de H24.
Cette année, par contre, les propriétaires n'ont pas recruté. «C'est déjà des postes d'emploi en moins. Bien qu'ils soient temporaires, ces boulots font vivre beaucoup de familles» se plaint un ouvrier qui a eu la chance d'être recruté.
C'est plutôt sa longue expérience qui l'a sauvé, comme l'expliquait le patron. Cette année donc, les quelque 63 huileries modernes en plus d'une quarantaine de traditionnelles vont se partager une pauvre récolte de 200.000 quintaux. «Économiquement parlant, les huileries seront déficitaires cette année avec toutes les conséquences que cela induit», explique un technicien des services agricoles.

L'olivier prend sa revanche
Les explications de cette récolte pauvre sont diverses. Les arguments des techniciens, bien qu'ils rejoignent ceux «anciens», diffèrent dans la conception.
Les premiers incombent cette baisse de la récolte aux mauvaises méthodes de ramassage et de stockage. En effet, selon plusieurs avis de techniciens, les campagnes de sensibilisation et d'information ne semblent pas donner les fruits espérés.
Les méthodes traditionnelles de gaulage, de stockage massif et long résistent toujours. «Les citoyens, me paraît-il, refusent de passer de l'agriculture de subsistance à l'agriculture moderne. Pourtant, tous les moyens sont mis par les services concernés» affirme Hamid, ingénieur en agronomie.
Quant aux «anciens», ils parlent carrément de la revanche de l'olivier. «Jadis, les gens, avec leur pioches et leurs boeufs, retournaient après la fin de la récolte pour défricher les terres où vivent les arbres. Nos aïeux disaient qu'il fallait rendre à l'olivier le bien qu'il nous fait. C'était un contrat moral entre l'arbre et l'homme. Aujourd'hui, je le vois même chez mes enfants. Une fois la récolte ramassée et transformée en huile, ils oublient l'arbre dans la forêt» raconte, Ami El Hadj avec amertume et nostalgie.
En fait, de ces paroles, il transparaît la nécessité d'entretenir les oliveraies. C'est une des causes que les services agricoles avancent mais sous un autre vocabulaire.

L'huile hors des circuits commerciaux
Les mauvaises nouvelles ne s'arrêtent pas à la faible récolte et la fort probable envolée des prix de l'huile d'olive. Bien plus que cela, l'huile d'olive produite cette année encore ne pourra pas intégrer les circuits commerciaux nationaux et internationaux.
Les techniciens prévoient un taux d'acidité avoisinant les 6%.
Les mauvaises conditions de ramassage et de stockage en sont toujours derrière ce constat accablant.
En effet, alors que les standards internationaux imposent un taux d'acidité de 1% pour que le produit soit commercialisable, l'huile d'olive locale ne réussit toujours pas à descendue de la barre des 5%.
Sa commercialisation sera encore confinée dans les circuits traditionnels où elle garde, toutefois, sa renommée d'antan et son prix exorbitant.

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