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BOUIRA

2011 est à mettre aux oubliettes

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L'Université de BouiraL'Université de Bouira

La ville, qui a grandi, subit les aléas de ce développement: commerce informel en plein essor, chômage et anarchie...

La vie à Bouira ne diffère pas de celle de l'ensemble des Algériens à travers le territoire national. Partagé entre les occupations quotidiennes, les responsabilités familiales, l'adulte à Bouira n'a aucune possibilité de se détendre pour récupérer ou décompresser. Ils sont nombreux à se rendre quotidiennement à la forêt Errich, sise à la sortie Nord de la ville, pour y effectuer des activités sportives.
Hormis cette distraction utile, rien n'est offert aux habitants pour passer quelque temps de repos.
Les deux cinémas de la ville ont fermé pour être reconvertis en salles de théâtre. Malgré la nouvelle activité des lieux, ils continuent à fermer leurs portes ne les ouvrant que pour des activités politiques ou des rassemblements conjoncturels. Certes, la ville s'est dotée de nouvelles infrastructures destinées au repos.
L'ex-bidonville situé à quelques mètres du siège de la wilaya s'est transformé en un beau jardin public.
La fréquentation familiale se limite aux périodes où le climat est clément ou en période de Ramadhan.
La ville, qui a grandi, subit les aléas de ce développement. Ils sont des milliers à rallier la capitale pour diverses raisons. Ce fait complique la circulation même si de grands boulevards ont été réalisés.
L'occasion est aussi une aubaine pour les multiples commerces de proposer des repas légers. Les pizzerias et les cafés prolifèrent et se multiplient d'année en année. L'ouverture de plusieurs cabinets médicaux spécialisés accentue le déplacement vers le chef-lieu de wilaya. La ville paisible de jadis a alors laissé place à une agglomération bruyante, sale et stressante. Ce climat de tension reste le facteur le plus influent qui aura engendré des rixes et des accrochages entre les automobilistes, les piétons, les commerçants et leurs clients. L'université est aussi un élément à l'origine de cette situation.
Le grand nombre d'étudiants et d'étudiantes a augmenté la densité dans une ville déjà exiguë. Les bagarres sont le quotidien des quartiers populaires. L'exemple le plus criant reste celui des cités des 1100 et des 140 Logements où plusieurs crimes ont été perpétrés durant l'année 2011.
Par le passé, une dame ou demoiselle pouvait arpenter toutes les ruelles de la ville sans aucun souci. De nos jours, il est recommandé à la gent féminine d'éviter de sortir la journée sans être accompagné. Même si elles sont nombreuses à occuper des postes d'emploi, l'esprit conservateur et le caractère rural de la wilaya continue à être un rempart à une véritable émancipation de la femme dans cette wilaya.
Les femmes qui conduisent éprouvent les pires difficultés devant des machos-chauffards qui n'ont d'égard pour personne.
A n'importe quel coin de rue elles peuvent être victimes d'agression et la récente mésaventure d'une jeune fille d'Ahl El Ksar, rapportée par notre quotidien, est dans les mémoires. Si l'autoroute facilite le déplacement depuis Bouira vers Alger, Sétif ou Bordj Bou Arréridj, se rendre dans l'une des villes de la wilaya reste une véritable souffance pour les usagers de la route.
Le transport intra-wilaya est de loin insuffisant et demeure sous l'emprise des transporteurs qui dictent leur loi. Que ce soient les conditions de déplacement ou les prix, l'usager est l'éternelle victime. Ainsi et pour venir de Taghzout, moins de 5 kilomètres à l'est du chef-lieu, le citoyen peut attendre plus d'une heure et débourser 25 DA dans des fourgons qui n'offrent aucune condition élémentaire de confort.
L'ouverture d'un hypermarché a sensiblement changé les habitudes pour bon nombre de citoyens. Partagés entre partisans et opposants, le lieu est une destination pour des personnes qui se pavanent des heures durant sans rien acheter.
C'est le côté frime qui domine et non un quelconque attrait commercial.
Les prix sont identiques à ceux affichés par l'ensemble des commerces du chef-lieu. Le chômage aussi s'est accentué avec l'essor de la ville.
Le manque d'opportunités pousse des ouvriers à se regrouper sur le bord de la route, juste en face du centre universitaire et attendre qu'un entrepreneur ou un privé dans le besoin vienne les embaucher pour la journée. Des métiers jusque-là révolus comme celui de porteur, ont fait leur réapparition.
La fonction tend à se rajeunir. Devant l'essor que connaît le commerce informel, des adolescents font l'école buissonnière pour aller s'installer dans les marchés de fortune qui s'improvisent aux quatre coins de la ville. D'autres, armés de gourdin, s'imposent comme gardiens de parking et se partagent des rues à leur guise.
L'autorité, qui cherche à calmer les esprits et qui marchande la paix sociale, laisse faire. Même si la ville de Bouira ne dispose pas d'une grande équipe de football, le phénomène de la violence autour des terrains caractérise certaines rencontres.
Cette recrudescence de la violence n'épargne pas des lieux de culte jadis réservés à la piété et à la bonne parole. Le phénomène est accentué par des prêches qui frisent quelquefois l'inconcevable.

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