MINISTÈRE DE L'EDUCATION NATIONALE ET PARTENAIRES SOCIAUX

Ce dialogue qu'il faut cultiver

La concertation a toujours porté ses fruits
La concertation a toujours porté ses fruits

L'enjeu est de taille quant à la mise en oeuvre de ces dispositifs opérationnels: stabiliser le secteur et pérenniser le dialogue et la concertation, à commencer par les acteurs au niveau de l'établissement scolaire.

Dimanche dernier, le ministère de l'Education nationale a organisé une réunion de travail avec les partenaires sociaux (syndicats agréés du secteur et représentants des parents d'élèves). L'ordre du jour était très attendu dans la mesure où il concernait l'état d'avancement de certaines dispositions règlementaires prises par le ministère, notamment l'application d'une instruction interministérielle portant promotion d'environ 260 000 fonctionnaires, ainsi que d'autres zones d'ombre qui risquaient d'entacher la dynamique de dialogue et de concertation initiée jusque-là.
Evaluation faite, il ressort que ces milliers de dossiers ont été traités à proportion de plus de 90%. Toutefois, il a été constaté des blocages inhérents à la compréhension même des termes de l'instruction interministérielle de la part de certains directeurs de l'éducation et de contrôleurs financiers de wilaya. Une situation intolérable quand on sait que ces fonctionnaires ont pour mission première d'appliquer et surtout de bien saisir les décisions prises par leur tutelle (MEN et ministère des Finances). Là se pose le niveau de compétence et d'engagement de ces personnes nommées à des postes de responsabilité. Dans un esprit de transparence, les syndicats ont été invités à signaler les dossiers restés en souffrance afin qu'ils soient traités en urgence.
Autre moment fort de cette réunion: le débat autour du niveau d'application de la fameuse charte d'éthique de la communauté éducative en vigueur depuis le mois de décembre 2015. Ce document référence a été signé et approuvé par huit syndicats sur neuf et deux organisations nationales représentant les parents d'élèves. Deux syndicats (Cnapeste et CLA) ainsi que l'Organisation nationale des associations de parents d'élèves ont fait défection. Seront-ils sensibles à la main tendue de la ministre de l'Education nationale qui leur assure que les portes sont toujours ouvertes et ce, en les invitant à rejoindre les signataires. Il s'agit de créer une synergie des efforts de tous les partenaires pour garantir la sérénité et la stabilité à un secteur qui a connu de longues années de perturbations. Là aussi, les responsables du terrain ont été pointés du doigt. Il y a eu - selon les témoignages - une absence de réaction active pour expliquer et sensibiliser sur les tenants et aboutissants de cette charte.
De même qu'a été formulée une proposition qui consiste à réfléchir sur son mode d'emploi. Il est évident que la portée effective de cette charte n'aura de portée pratique que si elle est déclinée en un dispositif opérationnel adapté au terrain et mobilisant la conscience des acteurs.
Il s'agit notamment de codifier les dispositions de la charte à travers des règlements intérieurs:celui des établissements scolaires et celui de la communauté éducative.
L'enjeu est de taille quant à la mise en oeuvre de ces dispositifs opérationnels: stabiliser le secteur et pérenniser le dialogue et la concertation, à commencer par les acteurs au niveau de l'établissement scolaire. Ainsi se gagnera la confiance mutuelle et se mettra en place ce climat vivifiant propice aux initiatives pédagogiques. Pour le grand bonheur de nos huit millions d'élèves.

TRIBUNE DES PARENTS De Mme R. H. d'Oran
Le diktat d'une directrice

Lors de la première réunion du bureau de notre association (pas encore agréée), la directrice de l'école primaire est venue accompagnée du patron et du commercial d'une boîte spécialisée dans la vente de chaînes de sonorisation. Ils devaient nous faire une présentation-démonstration de leur produit. Le bureau a estimé qu'il fallait d'abord faire un état des besoins urgents de l'école en fixant des priorités. La directrice n'hésitera pas à commander une sonorisation à 110.000,00 DA et nous demandera de collecter cette somme. Chose que j'ai vivement refusé. D'autant plus qu'une parente d'élève qui active dans ce domaine s'était proposée de nous la prêter gratuitement et un autre parent de payer la location si nécessaire. Face à notre refus, elle entreprend de ramasser elle-même l'argent pour payer la sonorisation. Par la suite il s'est avéré que le commercial de la boîte n'était autre que son frère. Elle est allée jusqu'à préférer l'achat et la vente d'annales para-scolaires, à la mise aux normes de sécurité du portail de l'école, (car il permet difficilement l'accès au camion des pompiers en cas d'incendie) et à négliger même le changement des extincteurs qui étaient arrivés à expiration depuis plusieurs mois.
Réponse: de nouveau l'irresponsabilité est clouée au pilori! Des parents aussi vigilants doivent être présents dans tous les établissements scolaires du pays. Le rôle et la mobilisation des parents d'élèves au sein d'associations sont plus qu'indispensables: vitales pour la bonne santé de l'Ecole algérienne.