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DÉSINFORMATION AUTOUR DE LA RÉFORME SCOLAIRE

"Cachez-moi ces vérités que je ne saurais voir"

Par
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L'école est encore amarrée au pont vermoulu des anciennes pratiques pédagogiquesL'école est encore amarrée au pont vermoulu des anciennes pratiques pédagogiques

Ces nouvelles mesures sont le signe probant d'une volonté de moderniser l'Ecole algérienne, nonobstant les lacunes et les dysfonctionnements accumulés depuis de longues années.

Les cas similaires à ceux ici présentés, sont légion au sein des familles algériennes. Ce sont là des témoignages de parents qui nous sollicitent souvent et ce depuis de nombreuses années. Tous les parents algériens les ont endurés à un moment ou à un autre de la vie scolaire de leurs enfants. Manel est élève de 3° année de primaire. Elle a 8 ans. Arrivée de l'école elle se mure dans sa chambre et ouvre son cartable pour retirer son cahier de classe. Elle n'a pas faim. Les minutes passent et pas signe de vie. Elle ne répond pas aux appels de sa maman qui l'invite à prendre son goûter. Inquiète, la maman entre dans sa chambre et trouve sa fille en pleurs: «Maman, les leçons sont trop longues et je n'arrive pas à les apprendre toutes. Et demain matin, nous avons composition.» L'autre scène est vécue par les parents de Youcef, élève de 3° année primaire. Il se réveille dans la nuit en plein cauchemar. Ses parents le rassurent et il s'endort. Au réveil, il tremble comme une feuille au motif qu'il a peur d'avoir une mauvaise moyenne générale qui compte pour son passage.
N'est-ce pas que cette école fait peur et met la pression sur de frêles épaules d'enfants fragiles? C'est le menu servi à nos enfants depuis des décennies. De peur en peur, la scolarité durant, des conséquences graves ne tardent pas à se manifester: des tentatives de suicides, des suicides (rares, certes), la phobie de l'école, le surmenage, les maux de ventre le matin avant de partir à l'école, l'anorexie etc. La liste est longue. Sans oublier les dégâts collatéraux d'un régime pédagogique qu'il nous faut revoir en urgence: scoliose due à un cartable trop lourd chez les enfants de 1° et 2° année primaires, actes de violence, arnaque des cours payants, triche...
Ce triste tableau est le produit d'une école encore amarrée au pont vermoulu des anciennes pratiques pédagogiques (programme, méthodes et évaluation-sanction) dépassées par les progrès de la pédagogie universelle. Malheureusement, la réforme de l'école, lancée en 2003 et qui avait justement pour objectif de mettre fin à ces dérives, les a aggravées. Comme en témoignent les recommandations faites par les experts universitaires, les enseignants, les inspecteurs, les syndicats et les représentants des parents d'élèves lors des deux Conférences nationales d'évaluation organisées par le MEN en juillet 2014 et juillet 2015. Un constat fait par des Algériens et non par des étrangers! Il était donc attendu que le MEN mette en application ces recommandations ne serait - ce que les plus urgentes. Or, moins d'une année plus tard, au moment où les première mesures - purement pédagogiques - se mettent en place, voilà que des cris de révolte apparaissent sur certains médias privés (journaux et télévisions): intox, mensonges, désinformation, manipulation à large échelle de matraquage médiatique. Tout y est pour que le statu quo puisse perdurer. Ces cercles hostiles à la modernisation de l'Ecole algérienne ont par magie observé un mutisme complice devant les dérives citées plus haut. Quels sont leurs arguments et pour qui roulent - ils?
La réponse nous est servie en direct, et en continu, sur le plateau d'une télévision privée qui fait des activités de la ministre de l'Education nationale son obsession majeure. Pour ses patrons, les agissements des sionistes en terre de Palestine pèsent peu, comparés à ces activités ministérielles. C'est dire! Et pour sonner la charge qui mieux que des invités triés sur le volet. Après des personnes politiques et autres citoyens étrangers aux questions scolaires, cette fois ce sont deux syndicalistes du secteur qui serviront de faire - valoir à la campagne d'intox-manipulation. Les deux invités sont heureux de l'aubaine, eux qui n'ont plus rien à revendiquer en ces temps de vaches maigres. Fini l'embellie financière qui assurait la paix sociale au détriment de la gestion rationnelle et souvent au détriment de la raison la plus élémentaire. Alors, il ne leur reste qu'à faire de la politique partisane sans l'avouer publiquement. C'est cet aveu difficilement dissimulable que ces deux responsables ont délivré sur le plateau de cette télévision privée connue pour sa croisade contre les efforts de redressement initiés par le ministère de l'Education nationale depuis deux années.

Ligne rouge
Le regard en feu, le doigt accusateur et les propos menaçants, nos deux syndicalistes lâchent devant un journaliste heureux de les entendre tenir ce discours: «Les constantes nationales- la langue arabe et l'islam - constituent une ligne rouge à ne pas dépasser. Et nous ne permettrons pas au ministère de la franchir.» C'est clair et net: ils reprennent à la virgule près le discours éculé depuis des décennies de leurs mentors idéologiques lesquels ont fait de ce slogan leur fonds de commerce. Cette menace en direct appelle trois remarques.
D'abord, pourquoi nos deux responsables syndicalistes ont-ils ignoré la langue amazighe (nationale et officielle)? Ne jouent-ils pas là au feu de la division et de l'exclusion?
Deuxième remarque: en allant dans le sens de la question-réponse du journaliste ('le ministère veut franciser les programmes par des experts français''), nos deux syndicalistes laissent planer le doute, donnant ainsi du crédit à ce machiavélique mensonge. Alors qu'ils auraient dû démentir fermement une telle allégation dangereuse puisqu'ils savent très bien que c'est faux. Ces trois experts sont venus, non pas pour parler des contenus des programmes, mais former nos cadres à des méthodes d'enseignement, d'évaluation des apprentissages et de remédiation. Leur présence entre dans le cadre des accords de coopération comme il y en a avec l'Angleterre, l'Allemagne ou d'autres pays dont la langue est enseignée dans notre pays.
Enfin, en menaçant d'aller en guerre contre ceux qui franchissent la ligne rouge qu'ils ont fixée (comprendre contre le MEN), ils nous signifient indirectement que les institutions de la République sont défaillantes. Qui d'autre que le président de la République, le Conseil constitutionnel et la Justice a le droit d'apprécier, de juger et de condamner un non-respect des lois de la République? Elles seules - ces trois institutions - sont garantes de la protection de la Constitution. N'est-ce pas que ces deux responsables de syndicats ont dépassé la ligne rouge de leur mission statutaire? La loi du travail les invite à garder le cap de leur raison d'être: défendre les droits socioprofessionnels du nombre de travailleurs encartés dans leurs syndicats. Pas plus, pas moins! A moins qu'ils ne soient en mission commandée pour parasiter ces efforts concrets de redressement d'une école au bord du sinistre.
En réalité, la crise financière étant bel et bien présente, ils veulent investir un autre domaine de revendication. Et s'introduire dans un domaine qu'ils ne peuvent aborder qu'en tant que pédagogues et enseignants
- jamais en tant que syndicats socioprofessionnels. En effet, il n'est pas dans les missions statutaires d'un syndicat d'imposer ses points de vue dans un domaine de spécialistes, technique et très pointu, tel que l'élaboration des programmes scolaires. Cela ne signifie pas que les enseignants n'ont pas droit au chapitre dans ce domaine de spécialistes. Ils peuvent et doivent soumettre des propositions dans un cadre organisé et ce cadre s'appelle le Conseil national des programmes, organe officiel en charge de la conception des programmes. Il est composé d'une centaine de membres tous issus du secteur de l'enseignement (Education nationale et université). Et ce sont tous des Algériens et non des étrangers comme le prétend le grossier mensonge inventé de toute pièce par certains titres de la presse et deux télévisions privées.
En donnant du crédit à ces mensonges dignes du sinistre nazi Goebbels, nos deux responsables syndicalistes participent - consciemment ou non - à une tentative de déstabilisation idéologique fomentée par des cercles hostiles à notre pays. Faut-il rappeler que le nazisme, idéologie barbare, a utilisé l'odieux principe que: ' en temps de guerre, tout est halal, y compris le mensonge et la trahison.''

Précisions
C'est l'élaboration des programmes scolaires de 2e génération (les premiers datant de 2003) qui sont à l'origine de ces cris de guerre idéologique. Il est à noter que ces voix sont restées muettes devant les défauts et les incohérences des programmes scolaires de la 1ère génération qui ont (des)servi des générations d'élèves. En droite ligne des recommandations des Conférences nationales d'évaluation de la réforme, ces nouveaux programmes ont pour but de corriger et améliorer les précédents. La finalité étant de rendre l'élève algérien apte à faire travailler son intelligence pour assimiler et acquérir le savoir. Les méthodes d'enseignement feront une place de choix à la participation de l'élève: il se documente, cherche, peut se tromper sans avoir peur, se corriger et enfin, trouver la solution aux situations-problèmes qui lui sont dispensées. Le cours n'est plus magistral, avec un enseignant qui débite les leçons et l'élève qui recopie pour mémoriser. Ainsi, le duo infernal bachotage de l'enseignant(ou bourrage de crâne)/parcoeurisme par l'élève ne sera plus de mise dans nos salles de classe. Encore faudrait -il que la formation des enseignants et des inspecteurs soit à la hauteur. Le MEN parle d'un plan déjà en mouvement touchant 2000 inspecteurs et environ 60.000 enseignants. Le point d'orgue des nouveaux programmes et qui a déclenché l'ire des détracteurs - nos défenseurs de l'identité nationale (sic!) médiatisés - se situe au niveau des contenus culturels où le référent algérien (écrivains et leurs oeuvres) sera réhabilité à hauteur de 80%. Sans pour autant oublier les auteurs arabes, maghrébins et universels. Et cela dans toutes les langues enseignées (arabe, tamazight et français). Dans cet ordre d'idées, une anthologie scolaire est en voie de finalisation avec le concours du ministère de la Culture. Un audit et une collecte de toutes les oeuvres littéraires algériennes. Elle servira à alimenter les bibliothèques scolaires et nourrir l'imaginaire de nos élèves dont certains deviendront nos futurs Benhadouga, Feraoun, ou Assia Djebar.
Autre innovation: le livre unique qui reste la seule solution pour alléger de plus de 50% le poids du cartable des élèves de 1° et 2° année primaires. Ce livre unique en deux tomes - un pour les matières dites littéraires et l'autre tome pour celles dites scientifiques - a le mérite de codifier ce concept de la pédagogie moderne lequel concept n'a jamais été approché en Algérie: nous voulons parler de l'interdisciplinarité qui facilite la compréhension/acquisition d'une règle, d'une loi, d'un théorème, d'un phénomène. La peur voire la panique dans de nombreuses séances de contrôle (devoirs, compositions) disparaît avec les nouvelles modalités d'évaluation en application dès cette année. Elles sont plus souples, mieux distribuées dans le temps et plus sécurisantes pour nos écoliers. La réforme du bac est dans le collimateur du ministére. Une mesure qui donnera de l'oxygène à nos enfants. Toujours dans le domaine des nouveautés: dès la prochaine rentrée scolaire, avec des ébauches constatées depuis janvier 2016, interviendra la collaboration intersectorielle MEN-ministère de la Culture. Une convention a été signée en mars 2015 et des actions sont menées sur le terrain pour redynamiser les activités complémentaires - et indispensables - aux apprentissages scolaires: la lecture-plaisir, le théâtre, la chorale, la musique...
Ces nouvelles mesures analysées dans le détail et avec le recul nécessaire, l'observateur avisé du paysage scolaire algérien ne peut que saluer l'avènement de ce nouveau régime pédagogique et non pas des seuls programmes de 2ème génération. Elles sont le signe probant d'une volonté de moderniser l'Ecole algérienne, nonobstant les lacunes et les dysfonctionnements accumulés depuis de longues années. Des lacunes qui ne se comblent pas d'un coup de baguette magique et encore moins par le rabotage de la langue de bois. L'urgence étant signalée par la vox populi et le constat évalué par les experts algériens lors de multiples rendez-vous nationaux, il ne nous reste que l'action dans la sérénité et le respect des normes universelles en matière de pédagogie. Ce à quoi s'attelle le ministère de l'Education nationale même si le climat de travail est perturbé par les partisans de cet immobilisme dénoncé par les parents et les spécialistes. Quant à l'argument des constantes nationales qui seraient en danger, il nous rappelle l'épouvantail de 'la main de l'étranger'' pour se défausser d'une défaite en football ou en handball. Nos pauvres constantes sont constamment évoquées pour verrouiller les portes qui mèneraient l'Algérie vers le progrès humain, le monde de demain, le village planétaire.

TRIBUNE DES LECTEURS
«La rubrique éducation vous invite à poser vos préoccupations. Confiez-nous les problèmes rencontrés par vos enfants dans leur scolarité. Une équipe de spécialistes est à votre écoute.».

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