Date
Chercher
Dans  et  Lancer la recherche
 Catégories
   Une
   Actualité
   Culture
   Sport
   Dossiers
   Automobile
   Multimédias
  Flux RSS
Djezzy
 Contact 
 Version PDF 

 

Strange fruit
Mirou - 03 Octobre 2007

Le dernier de la classe
Mirou - 02 Octobre 2007

Nous débloquons
Mirou - 01 Octobre 2007

Le rêve est permis
Mirou - 30 Septembre 2007

Le fonds, l’office et le Saint-Esprit
Mirou - 29 Septembre 2007

Le pillage
Mirou - 27 Septembre 2007

Ground zéro
Mirou - 26 Septembre 2007

...19 pour faire 20
04 Octobre 2007
Lu 691 fois 

Demain, beaucoup d’Algériens célébreront, chacun selon sa sensibilité ou la façon dont il a vécu ces vingt dernières années, le dix-neuvième anniversaire des «événements», les émeutes d’Octobre. Personne parmi les Algérois moyens ne pourra dire (et on n’épiloguera pas longtemps dessus) si ces événements ont été spontanés, fruit d’un ras-le-bol généralisé, ou tout simplement le produit de laboratoire de quelques machiavéliques Frankenstein. L’avenir nous le dira quand «l’inflexion des voix» qui ne nous ont pas été chères se feront entendre ou simplement quand toutes les archives de cette sombre période seront ouvertes...
Bref, l’important est de jeter un regard en arrière pour considérer et évaluer le chemin parcouru. Et la question que se posent inévitablement les Algériens est de savoir s’ils ont gagné quelque chose, car il est évident que dans tout changement brutal ou doux, il y a toujours des petits malins qui gagnent au change.
D’ailleurs, dans la tradition, le coq kabyle (gaulois) souhaite qu’il y ait tous les jours de nouvelles mesures de grains: ainsi il pourra toujours ramasser des grains qui tombent des boisseaux. D’abord, les «émeutes» du 5 Octobre opposant des forces de police pacifiques à des manifestants «intouchables» survenaient en pleine ébullition du mouvement ouvrier dans le périmètre de Rouiba. Cette gigantesque grève avait mobilisé d’impressionnantes forces de police qui allaient se montrer inopérantes devant les «pillages» du 5 Octobre 1988. L’effet le plus positif fut sans aucun doute la chute d’un gouvernement haï et vilipendé qui était tenu comme responsable de toutes les difficultés des masses populaires. Le deuxième effet fut évidemment, après la déclaration de l’état d’urgence, l’ouverture politique consacrée par un amendement de la Constitution, l’irruption d’une soixantaine de petits partis subventionnés qui ne dureront guère que le temps de la subvention. De redoutables organisations allaient se profiler à côté de l’ex-parti unique. Le plus féroce d’entre tous nous vaudra les années de tragédie nationale qui ont endeuillé le pays devant des puissances occidentales dans l’expectative ou l’hostilité et devant le ravissement de certains pays frères. L’ouverture démocratique allait permettre grâce aux efforts et manoeuvres subtiles du Premier ministre Mouloud Hamrouche, l’apparition d’une presse libre et privée qui allait dans un premier temps marquer son tempo face à un pouvoir hésitant. Alger Républicain, El Watan, Liberté, l’Hebdo Liberé allaient inviter les Algériens à une nouvelle lecture sur la nature du pouvoir. Hélas, l’apparition d’un terrorisme braqué sur cette nouvelle profession, le verrouillage médiatique par une nouvelle loi sur l’information, tout comme le maintien du monopole de la publicité aux mains de l’Etat, stoppèrent brutalement un élan d’enthousiasme. Pour le reste, la non-acceptation de la création de certains partis comme le FR de Ghozali ou Wafa de Taleb El Ibrahimi va ôter toute crédibilité aux espoirs conçus au lendemain d’Octobre. Pour le reste, beaucoup d’Algériens se sont appauvris, tandis qu’une mince frange continue à téter à pleine bouche la vache à lait.

Mirou


Envoyer cet article à un ami Version imprimable Votre commentaire