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Le «consensus» qui dirige le monde
11 Octobre 2007 Lu 910 fois
Ceux qui croient que les Etats-Unis sont encore la première puissance au monde devraient lire l’entretien accordé, lundi dernier, par Bill Clinton, le précédent président des Etats-Unis, au journal français Le Figaro. «Tout pays a le droit de défendre ses propres intérêts mais à condition de respecter une sorte de consensus sur la direction générale que doit prendre le monde» a-t-il révélé après avoir stigmatisé «l’unilatéralisme» qui est, selon lui, la cause des malheurs des Etats-Unis. Plus explicite, Bill Clinton montre carrément du doigt «l’Administration Bush qui croyait qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait». En suggérant que tous les malheurs de Bush et de l’Amérique aujourd’hui viennent de là. Mais qu’a-t-il ce président Bush à tant s’entêter et ne pas respecter le fameux «consensus sur la direction générale que doit prendre le monde»? Son dernier entêtement est le rejet de la partition de l’Irak. Une partition pourtant voulue par le Congrès américain. On comprend dès lors son entêtement de toujours et que tout le monde connaît, de ne pas retirer ses troupes d’Irak malgré le tollé général provoqué par la communauté internationale à part une ou deux voix. Le tollé du fameux «consensus» dont parle Clinton. C’est ainsi que le monde fonctionne depuis la Seconde Guerre mondiale, tient à préciser Bill Clinton, avec une certaine accentuation depuis la fin de la guerre froide. Ainsi donc, l’homme qui sait de quoi il parle pour avoir été à la tête des Etats-Unis durant deux mandats, reconnaît qu’il y a un «consensus» plus fort que l’Amérique sans donner la composante de ce «consensus». Bill Clinton sait d’autant plus de quoi il parle quand on sait qu’il a réussi à éviter le pire avec l’affaire Lewinsky. Officiellement, Bill Clinton est à Paris pour la promotion de son dernier livre publié aux éditions Jacob. Officiellement, seulement, car et en vérité, il a tout l’air de mener auprès du «consensus» la campagne de sa femme Hillary, candidate à la prochaine présidence des USA. D’ailleurs, l’inévitable question lui a été posée: «Pensez-vous que si Hillary Clinton, votre femme, est élue présidente l’année prochaine, l’image de l’Amérique dans le monde s’en trouvera automatiquement améliorée?». Et Bill Clinton de répondre sans hésiter: «Oui, et je crois que ce sera très rapide...si nous montrons que nous sommes prêts à nous désengager des rôles de combat de première ligne... alors, le ressentiment à notre encontre s’estompera vite». Voilà pour l’offre de service. Donc, c’est «le consensus» qui dirige le monde. Mais qui fait partie de ce «consensus»? Grâce à Clinton, nous savons que George Bush n’en fait pas partie. Et que tous ceux qui sont contre sa politique forment forcément ce «consensus». Un bon observateur peut aisément les identifier. Poutine, par exemple, qui s’entend bien avec Bush, ne fait donc pas partie du «consensus». C’est pourquoi tout le monde avait hâte qu’il achève son deuxième mandat (comme pour le président Bouteflika) pour disparaître avant de démontrer qu’il est plein de ruse pour garder le pouvoir d’une autre manière et pour longtemps encore. «Le consensus» devrait logiquement réagir à cette ruse. Affaire à suivre donc... L’autre point important dans ce que dit Bill Clinton est «cette direction générale que doit prendre le monde». Une direction qui n’est, en tout cas, pas celle que veut imprimer Bush. Notamment avec son GMO pour notre région. Quelle direction alors pour nous? Ben, voyons! Celle de l’Union méditerranéenne. Sans aucun doute, puisque ce n’est pas un projet de Bush mais du «consensus» très certainement.
(zoume6@hotmail.com)
Zouhir MEBARKI
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