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20 Octobre 2007
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Il y a vraiment des choses déroutantes! Je dirais même dégoûtantes! Quand on est fort et puissant, on peut tout se permettre: brûler aujourd’hui ce qu’on a adoré hier ou l’inverse, louer tout haut ce qu’on critiquait hier avec véhémence. Je m’explique: tout le monde trouve normal de construire un mur. Un mur ou des murs, c’est la garantie pour chaque citoyen de protéger son intimité contre l’indiscrétion des autres et quelquefois même, c’est un obstacle pour la convoitise et la malveillance des importuns. Qu’il soit construit en pierre taillée, en brique, en pisé ou que ce soit simplement une clôture faite d’épineux, de roseaux ou de bambous, ou alors un simple tissu jeté sur un fil tendu, le mur marque les limites à ne pas franchir. D’ailleurs, c’est avec l’expression du sentiment fort de la propriété privée que cette pratique s’est généralisée. En outre, sa principale raison d’exister: les Chinois construisirent une gigantesque muraille pour se prémunir de leurs voisins Mongols, trop envahissants. Hérode le grand, construisit un mur à Jérusalem (on ne sait pas à quoi il servit) et sa ruine sert maintenant de réceptacle aux prières, aux voeux et aux lamentations des juifs croyants. C’est pour cela qu’il est désigné comme Mur des lamentations. L’empereur romain, Hadrien, pour se protéger des belliqueux Pictes (ancêtres des Ecossais) fit construire un mur qui porte son nom entre l’Ecosse et l’Angleterre. Les Allemands de l’Est, pour stopper l’hémorragie des citoyens qui voulaient passer à l’Ouest firent construire, en 1961, un mur au milieu de Berlin empêchant ainsi les gens «de voter avec leurs pieds». Les Etats occidentaux le nommèrent purement et simplement le mur de la honte.
Comment alors nommer l’innommable, l’ignominieux: les nouveaux murs dressés entre des Etats ou des populations. Le gouvernement Bush n’a pas trouvé mieux que d’ériger un haut mur métallique entre le Mexique et les Etats-Unis: pour empêcher la main-d’oeuvre mexicaine nombreuse et pas chère de venir «manger le pain» des Américains. Les Israéliens ont fait plus: pour grignoter dans la plus pure illégalité encore un peu plus de terrain sur la pauvre terre palestinienne, ils ont érigé un mur en béton qui éloigne les propriétaires palestiniens de leurs champs et pose des problèmes supplémentaires à une population qui peine à survivre: tout cela pour empêcher les kamikazes d’entrer en Israël. Mais tous les jours, il y a des progrès gigantesques qui sont faits dans des opérations scandaleuses qui soulèvent l’opprobre de toute l’opinion publique. Eriger un mur ne fait que traduire l’expression ou l’aveu d’échec d’une politique qui va même tout droit dans une impasse ou alors dans le mur. On est bien loin du fameux rideau de fer attribué à l’Urss par les nazis, formule reprise par Churchill qui l’adopta pour l’histoire. On ne parlera pas du mur du silence qui entoure certaines situations indélicates ni de celui du mépris. Le summum de l’immonde est atteint par le mur que veulent construire les Américains (toujours eux!) au milieu de la ville de Baghdad pour séparer les communautés sunnites des communautés chiites qui, jusqu’à présent, n’ont pas eu besoin de mur pour vivre dans une parfaite mésentente.
Et si Bush n’était qu’un maçon jusqu’ici insoupçonné? A moins que le fondement même de la politique américaine ne soit situé à Wall Street même! La rue du mur.

Mirou


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