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Les chances de paix
29 Novembre 2007 Lu 725 fois
La conférence d’Annapolis peut-elle susciter l’espoir d’une paix au Moyen-Orient? La réponse est oui! Mais avant de développer les chances de paix qui s’offrent aujourd’hui, il n’est pas sans intérêt de rappeler tout ce qui peut justifier le scepticisme des uns et l’incrédulité des autres. Il est vrai qu’il y a eu auparavant des accords de paix à Madrid, à Oslo et à Washington restés sans suite. C’est vrai que des chefs d’Etat comme Sadate et Rabin sont morts pour avoir cru à la paix. Il est aussi vrai que depuis soixante ans que le conflit dure, Israël a fait preuve d’une arrogance et d’un mépris vis-à-vis de la communauté internationale sans égal, en ne reconnaissant aucune des résolutions de l’ONU et en se dotant de l’arme nucléaire en violation des règlements internationaux. Il est vrai enfin que l’unité des Palestiniens a pris un sérieux coup avec la prise de contrôle de Ghaza par le Hamas qui ne reconnaît pas la conférence. Tout cela est vrai comme le sont les multiples et complexes dossiers qui doivent préalablement être réglés. Des dossiers qui vont des «frontières de 1967» jusqu’au problème du déséquilibre démographique qui explique l’exigence, enfin claire, des Israéliens de faire accepter aux Palestiniens et à la communauté internationale que «l’Etat d’Israël revient au peuple juif», en passant par le statut de Jérusalem sans oublier le dossier de l’eau, du démantèlement des colonies et le retour des réfugiés palestiniens. Des dossiers qui rendent, en apparence, l’idée même d’une négociation quasiment impossible. En apparence seulement, car des événements nouveaux interviennent aujourd’hui. Des événements qui n’existaient ni à Madrid ni à Oslo. En convoquant la conférence d’Annapolis, le président américain n’agit pas à l’aveuglette. C’est la première fois depuis qu’il est à la tête des Etats-Unis que George Bush junior «ouvre» le lourd dossier du conflit israélo-palestinien et convoque une conférence pour la paix. Certains ont pu penser que, durant toutes ces années, Bush était tellement englué en Irak qu’il ne pensait qu’à la manière de «se retirer du bourbier». En réalité, Bush se donnait le temps et les moyens d’avoir les bonnes cartes en main avant d’entamer cette mission qualifiée d’impossible par tout le monde: celle de ramener la paix dans cette région «avant la fin de son mandat». S’il est aisé de citer l’un des atouts de Bush, qui est à la fin de son mandat qui lui permet d’agir sans la pression des lobbys, il serait cependant prétentieux à un simple observateur de la vie politique de citer avec précision les autres atouts qui relèvent des secrets d’Etat. Néanmoins, des recoupements permettent de s’en faire une idée. Il y a par exemple cette importante présence militaire des Américains (que Bush père avait tentée sans succès) dans la région depuis l’invasion de l’Irak. Il y a le traitement d’une rare intelligence par l’administration américaine du dossier du nucléaire iranien. Il y a la tentative, par l’attaque aérienne du 6 septembre dernier, d’Israël de pousser la Syrie à la guerre et ainsi renvoyer aux calendes grecques toute idée de paix. Et s’il fallait un dernier indice et non des moindres, il faut seulement se rappeler le mauvais traitement médiatique subi par les Bush, père et fils, et ne pas oublier que c’est le lobby pro-israélien qui contrôle le monde des médias pour se convaincre de la démarche du président des Etats-Unis. Pour ces raisons et après avoir entendu Ehud Olmert «reconnaître les souffrances des Palestiniens» à l’ouverture, mardi dernier, de la conférence, il est permis de croire que l’heure de la paix au Moyen-Orient n’est plus très loin. Et qu’avec un peu de chance, il n’y aura pas une deuxième guerre de Cent Ans.
(zoume6@hotmail.com)
Zouhir MEBARKI
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