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Bouteflika, le 3e mandat et quelques vérités
03 Janvier 2008
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Dans le monde entier, le rituel est de se souhaiter une bonne et heureuse année. En Algérie comme ailleurs. Cependant, le réalisme nous oblige, nous Algériens, à nous départir de ce rituel pour voir ce que devra être réellement 2008 pour le pays. Ce que cette nouvelle année nous apportera ou ne nous apportera pas.
Chacun sait que la lutte contre le terrorisme n’est pas une mince affaire. Qu’elle s’inscrit dans la durée. Que celle-ci peut être longue, très longue. Or nous sommes condamnés à en finir avec le terrorisme cette année même sous sa forme de «nouvelle génération» avec ses opérations de kamikazes difficiles à contrer. Pourquoi sommes-nous condamnés à vaincre l’Internationale du crime cette année? Pour la raison évidente que nous avons une échéance cruciale en avril 2009 avec les élections présidentielles et qu’il serait irresponsable de courir le risque de vivre une campagne électorale comme celle que connaît présentement le Pakistan. Il nous faudra la paix et la sécurité sans quoi les meetings des candidats se transformeront en roulette russe. Il nous faudra la paix et la sécurité si l’on ne veut pas que l’état d’urgence soit encore plus effectif avec toute la rigueur dans son application. Il nous faudra la paix et la sécurité pour écarter le recours au report dont on ne peut jamais définir à l’avance la durée. Cette préoccupation majeure est malheureusement masquée par la focalisation faite par les uns et les autres sur le «3e mandat». Une focalisation qui trouve plus ses justificatifs dans des ambitions contrariées ou à l’inverse, dans des expressions d’allégeance plutôt que dans la lucidité d’une démarche d’intérêt national. Toutes ces voix ont tort de voir en Bouteflika l’homme qui s’accrocherait au pouvoir à tout prix. Ces voix font abstraction de son attitude lorsque, en 1979, le mode de désignation qui avait cours à l’époque, c’est-à-dire par l’institution militaire, pour succéder à Boumediene lui était défavorable. Il s’était retiré sans faire de vagues et s’est imposé un silence qui aura duré 20 années. Ces voix oublient qu’en 1994, il avait refusé la haute charge de l’Etat que lui proposait la même institution militaire. Ces voix ne veulent pas se rappeler les débuts de son premier mandat où il évoquait à plusieurs reprises la possibilité «de se retirer chez lui» avant de se rendre compte que cela l’exposait à une interprétation malintentionnée qui avait d’ailleurs commencé son oeuvre.
Pour des observateurs sans fil à la patte, l’option d’un Bouteflika, qui décide, le moment venu, de ne pas briguer un 3e mandat n’est pas impossible et n’a rien d’extraordinaire. Et ceci, même s’il décide la révision de la Constitution. Les raisons d’amender la loi fondamentale ne manquent pas. Il faut vraiment avoir la mémoire courte pour ne pas se rappeler son avis sur l’utilité du Sénat, sur le nombre hallucinant des partis, sur le régime qui n’est ni tout à fait présidentiel ni tout à fait parlementaire, sans compter les dispositions de la Constitution qu’il faudra renforcer pour éviter qu’elle ne soit piétinée comme c’est le cas, par l’utilisation de la religion et de la culture comme programmes de partis. De plus et si l’on veut vraiment l’instauration de la démocratie dans notre pays, il nous faut une Constitution la plus ouverte possible et consacrer une fois pour toute la légitimité populaire. Tous ceux qui veulent brider la volonté populaire par un nombre défini, quel qu’il soit, de mandats présidentiels n’ont de démocrate que le discours. Prendre comme modèle absolu les Etats-Unis qui ont des raisons propres et faire abstraction de modèles différents dans d’autres pays très développés et tous aussi démocratiques relève d’un sérieux strabisme politique. Voulu ou subi. Sur ce même registre, l’alternance est plus revendiquée par ceux qui ont peur de ne pas être à la hauteur du niveau imprimé à la compétition qu’à un pseudo souci de règle démocratique. Les mêmes qui croient qu’on peut piloter une navette spatiale comme on chevauche un tracteur. Les dernières consultations électorales ont démontré que la fraude n’est plus qu’un souvenir. La levée de boucliers contre le «3e mandat» démontre de son côté que le cabinet noir a fermé ses portes. Aujourd’hui, c’est la disparition de ces anomalies qui dicte au terrorisme la nécessité d’intervenir pour nous maintenir la tête sous l’eau. Si nous réussissons à vaincre ce chancre, 2008 sera la plus belle année de toute notre histoire.

(zoume6@hotmail.com)

Zouhir MEBARKI


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