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Choix du week-end: le sacré et le reste
10 Janvier 2008 Lu 946 fois
Comme une poussée de fièvre alternative, des voix réclament cycliquement le changement du week-end, actuellement en vigueur dans notre pays, pour le remplacer par le week-end dit universel. Le jeudi-vendredi contre le samedi-dimanche. L’argument avancé est uniquement d’ordre économique. L’Algérie perdrait, selon certains, de l’argent en n’ayant pas de relations économiques avec le reste de la planète durant ces quatre journées. Voyons cela de plus près! Les trois religions du Livre ont chacune un jour saint hebdomadaire. Le vendredi pour les musulmans, le samedi pour les juifs et le dimanche pour les chrétiens. Rien ni personne ne pourra y changer quoi que ce soit. Ceci pour dire au moins que le week-end qui comprend le samedi et le dimanche est, pour être précis, judéo-chrétien. Pas universel. Comme il n’y a pas d’identité universelle. Donc, pour nous Algériens, le vendredi est un jour saint. Il ne peut y avoir sujet à débat de ce côté-là. En général et là c’est universel, les lois régissant le travail dans tous les pays du monde accordent 36 heures de repos hebdomadaire aux travailleurs. Donc, pour faire un week-end, il faut ajouter au jour saint une demi-journée. C’est là que les «universalistes» (les radicaux veulent le samedi-dimanche) auraient voulu choisir pour nous la matinée du samedi. L’Algérie a, depuis très longtemps, choisi, en toute souveraineté, l’après-midi du jeudi. C’est un choix. Sur le plan identitaire, il se justifie amplement. Sur le plan économique et contrairement à ce qui s’entend ici ou là, il n’y a pas de pertes systématiques. Systémiques, peut-être! Explication: Quand la plus grande puissance économique au monde, les Etats-Unis, est réveillée et que ses travailleurs sont à pied d’oeuvre, ceux des autres puissances, d’Europe notamment, dorment du sommeil du juste. C’est dû au décalage horaire que personne n’ignore. Les relations économiques en temps réel entre ces deux continents relèvent de systèmes de veille mis en place par les uns et les autres et qui touchent certains secteurs névralgiques comme les places financières, les transports intercontinentaux, les communications, etc. Ni les Etats-Unis, ni les pays d’Europe ne souffrent, ni ne perdent de l’argent, de ce décalage horaire grâce notamment à leurs systèmes de veille bien huilé et plein de rigueur. Que le nôtre puisse prêter à discussion, c’est là un autre problème mais qui, en aucun cas, ne remet en cause, d’une manière intrinsèque, le choix du week-end actuel qui est le jeudi après-midi et le vendredi comme repos hebdomadaire. Exception faite des banques et des assurances qui travaillent le jeudi et sont donc au repos le vendredi et le samedi. C’est la partie visible du système mis en place dans notre pays. Que des pays voisins et musulmans, comme nous, aient choisi un autre type de week-end que le nôtre, grand bien leur fasse. Il n’en demeure pas moins que les raisons sont à chercher ailleurs que dans des pertes économiques dues au décalage. Sinon, nous aurions dû être, depuis belle lurette, ruinés à jamais. En un mot comme en cent, pour tout décalage d’horaire ou de week-end, le système qui fait le joint existe. Il suffit de veiller à ce qu’il soit le plus étanche possible. Il faut maintenant cesser de parler de week-end universel quand on évoque le week-end judéo-chrétien. Il faut aussi cesser d’agiter l’épouvantail économique. Dans le choix du week-end, il n’est question, de manière universelle (sans jeu de mots), que d’identité et de valeurs culturelles et cultuelles. Rien d’autre. Nous avons les nôtres et il n’y a aucune raison à ne pas en être fiers. Basta, des clichés et de la mystification!
(zoume6@hotmail.com)
Zouhir MEBARKI
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