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Merci monsieur treksy!
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Pour pleurer
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Le baiser de Abbas
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Bidonville tout confort
14 Janvier 2008
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De la grandiloquence, de la démesure dans l’action publique. Peut-être même un peu de folie et sûrement de la déliquescence à tous les étages. La semaine dernière, deux informations livrées en concomitance comme s’il s’agissait de saynètes qui maillent un vaudeville, sont venues rappeler dans quelle incohérence ce pauvre pays est contraint de s’ébrouer. La wilaya d’Alger, qui vient de boucler un harassant recensement des bidonvilles a décidé, bille en tête, d’en supprimer 40.000. Et Sonelgaz, par un manque à gagner, constaté au demeurant, depuis la nuit des temps, décide, en revanche, d’installer des compteurs dans tous ces bidonvilles. Voilà, quand l’un veut éradiquer ces verrues qui font ombre à l’honneur national (si toutefois, il en reste encore un peu) l’autre veut, au contraire, leur donner corps et vie quasi-officiels, au nom d’une rentabilité peu évidente, par ailleurs.
La wilaya, on le sait, a toujours fait écho aux déclarations fantaisistes de quelques ministres dont la surenchère idéologique ressemble à s’y méprendre à de la paranoïa. On a déjà entendu ce ministre du Tourisme déclarer, la main sur le coeur, qu’à l’horizon 2010, l’Algérie accueillerait 3 millions de touristes. Ces gogos dépenseraient, tenez-vous bien, 6 milliards de dollars. Quand il avait énoncé cette énormité, digne en vérité d’un irresponsable, le baril en 2004 atteignait, avec peine, les 30 dollars. C’est dire qu’on était nombreux à attendre ce miracle qui viendrait des nuitées vendues à ces hordes touristiques. Un autre ministre voulait construire 2 millions de logements en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. M.Ghoul veut défier Augias et Hannibal, Haussman et les Etats-Unis d’Amérique et toutes les lois de l’économie mondiale. 1200 kilomètres d’autoroute en quelques mois. Et tutti quanti...Aussi, quand le wali d’Alger annonce, avec un aplomb qui coupe le souffle, qu’il va supprimer 40.000 bidonvilles, on reste un peu perplexe lorsque, par ailleurs, on sait qu’il n’est pas en mesure de garder une ville plus ou moins propre. Alors, en matière de déclarations intempestives et souvent inconsidérées, on saura, messieurs, garder raison.
A l’inverse, Sonelgaz dont plus de 30% de la production d’électricité est piratée, est, elle, en mesure de tenir cette promesse d’installer des compteurs dans ces cloaques. Elle en a les moyens. Mais tout de même! On va, là, friser le ridicule, car on se demande comment on va fixer les compteurs sur de la tôle ondulée. Comment fera-t-on les relevés? A quelles adresse enverra-t-on les factures et les avis de coupure? De combien d’agents, Sonelgaz dispose-t-elle, pour procéder aux relevés? Allons, donc! Sonelgaz sait qu’on est là dans des zones de non-droit et qu’il faudrait, pour y pénétrer, des escouades de gendarmes armés jusqu’aux dents. Alors, messieurs, doit-on garder ces bidonvilles, avec électricité et peut-être téléphone et eau courante, si d’autres folies venaient à se réveiller, ou veut-on les supprimer? Peut-être que la solution est, comme d’habitude, au milieu du gué. On s’accommodera, tout compte fait, de bidonvilles tout confort. Ça sauve la face à tout le monde, sauf à ces damnés qui y vivent...

De l’eau et des maillots
M.Bouteflika est parti s’égayer sur les dunes de In Amenas du sous-sol desquelles il puisera cette eau précieuse pour la transporter, à coups de milliards de dollars, jusqu’à Tamanrasset. Soit! Passons sur son entrain et cette jeunesse retrouvée -enfin, n’exagérons rien!- autour d’un ballon qu’il frappe admirablement de la tête. Ceux qui lisent dans le marc de café, disent que c’est là l’entame d’une campagne pour un troisième mandat. Mais laissons là ces spéculations et allons plutôt à l’essentiel! L’eau est, supposons-le, déjà à Tamanrasset, alors, cet investissement faramineux accompagnera-t-il un vrai projet pour cette région d’Algérie? Qu’est-ce qui va changer à Tamanrasset? Rien! Les autorités «civiles et militaires», comme on disait naguère, ont concocté un programme de développement à l’exacte hauteur de leurs naines ambitions.
Un siège d’une daïra, un hôtel des postes, l’inévitable lycée, une mairie, je crois, et...une piscine olympique. A croire que les Targuis attendent cette eau miraculeuse avec un maillot de bain ou un bikini à la main. Niaisement, on pensait que cet effort exceptionnel de l’Etat allait contribuer à faire de Tamanrasset un vrai pôle touristique, genre Marrakech. Or, au vrai, en simplifiant, cette eau ne servira qu’à quelques rombières de sous-préfecture qui s’ébroueront dans une eau chlorée pendant que leurs hommes tapent le carton dans des bureaux climatisés de la République, sous l’oeil attendri de secrétaires ramenées du Nord. Au fait, a-t-on dit au Président que la population étrangère clandestine, qui peuple les townships de Tamanrasset, est sans doute deux fois supérieure à celle des autochtones? Mais, voilà, à Tam, on préfère lui donner un ballon.

Sauver les «Balcons»
Voyage impromptu à Biskra. Immuables Balcons du Ghoufi. Immuables l’impressionnant canyon et cette mystérieuse poésie qui continue à planer à l’allure de l’éternité. Le reste, cependant, est d’une désolation saisissante. Villages historiques en ruine. Adieu l’hôtel Transat où séjournèrent, naguère, André Gide, Sartre et Beauvoir...Ecrivains de leur Etat! Et à la fin des années 60, Léo Ferré qui brûlait un joint en «contemplant Dieu». Et ces palmeraies aux plumets verdoyants qui serpentent le long d’une rivière qu’alimentent les eaux de la fonte des neiges des monts environnants de l’Aurès. Ces arbres majestueux ne sont plus que des troncs calcinés. Des chicots. Plus de vie dans le Ghoufi, sauf peut-être cette vieille femme édentée qui fabrique de l’engrais à partir du limon et des crottes de chèvres, vendu à 200DA la mesure. Peut-on laisser, ainsi, l’un des plus beaux sites d’Algérie (peut-être du monde méditerranéen) à l’abandon? Notre ministre de la Culture de laquelle dépendent les «Balcons du Ghoufi» doit lancer rapidement une opération de sauvetage. C’est nécessaire. C’est vital. Il y va du respect de l’Histoire et de la culture nationale et universelle.

Abdelkrim DJAAD


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