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Brume et verglas à l’horizon des peuples
14 Février 2008 Lu 532 fois
Les forces dominantes dans le monde sont de plus en plus difficiles à cerner. A l’époque de la guerre froide les choses étaient plus faciles. Il y avait, d’un côté l’Est, de l’autre l’Ouest. Après la chute du mur de Berlin, il ne restait qu’une puissance dominante: les Etats-Unis. C’est à partir de là que les rapports de force avec comme enjeu la mondialisation se sont compliqués. Deux années après la fin de la guerre froide, le président américain, George Bush père, décide d’attaquer, en 1991, l’Irak. Motif officiel, «libérer le Koweït» qui venait d’être occupé par l’Irak. Seulement officiel, car Bush père se laisse aller dans un discours pour dire que cette intervention «préservera le monde libre pour au moins un siècle». Le préserver de quoi? De qui? Bush père a cependant été contraint de faire marche arrière et de revoir ses plans. Par qui? Pourquoi? Après la parenthèse Clinton, George Bush junior parvient, quoique difficilement, au pouvoir aux Etats-Unis. Il marche sur les traces de son père. La réponse à son défi ne tarde pas. Moins d’une année après son arrivée au pouvoir, le 11 septembre 2001, la toute-puissante Amérique est ébranlée par une série d’attentats spectaculaires dont le plus meurtrier restera celui du World Trade Center. Bush junior décide alors d’aller, coûte que coûte, chercher «le bouclier» que n’a pu obtenir son père, c’est-à-dire s’installer militairement en Irak pour mieux contrôler la région. Pour le père comme pour le fils, le mal viendrait de là. Il n’hésite pas à recourir pour cela au mensonge des armes de destruction massive pour se donner le prétexte d’envahir l’ancienne Mésopotamie et y rester. La division du monde occidental se fait plus nette. D’un côté, les pays qui sont pour et se joignent à Bush, de l’autre, ceux qui sont contre et le font bruyamment savoir. Commencent alors à apparaître des confrontations plus difficiles à comprendre que celles qui divisaient les blocs Est et Ouest. Premier exemple: ceux qui sont contre la guerre en Irak «s’émeuvent» des conditions de détention des prisonniers de Guantanamo. Ils mettent tellement de pression que le candidat américain pour la présidentielle de 2009, qui veut mettre plus de chances de son côté, sera celui qui promettra de fermer, sinon raser, cette prison. Dans le même temps, une autre «prison» à ciel ouvert se forme. Toute une population est enfermée à Ghaza dans des conditions inhumaines. Mais là, la population palestinienne n’aura pas la chance des prisonniers de Guantanamo. Les regards se détournent. Les quelques protestations sont à peine audibles. Pourtant, il s’agit dans les deux cas d’Arabes mis en prison. Une seule différence: le nombre qui complique davantage la lisibilité. Autre exemple: l’ancien dictateur chilien, Pinochet, est poursuivi jusqu’au pied de sa tombe par «la communauté internationale» qui n’hésite pas, après l’enterrement, de se tourner vers ses enfants pour leur faire expier les crimes commis par leur père. Dans le même temps, le plus ancien dictateur au monde, Fidel Castro, continue de diriger, d’outre-tombe, Cuba. Les Cubains ne voient de lui que des images vidéo et n’entendent que ses enregistrements audio. Le même procédé d’existence qu’Al Qaîda. Tout cela à quelques brasses des côtes américaines. Et pourtant, l’Occident continue à considérer Cuba comme «l’Ile de la liberté». Il serait trop long de continuer à citer, ici, tous les autres exemples comme l’euro contre le dollar, l’avortement et l’homosexualité contre l’Eglise, l’altermondialisme, la non-adhésion US aux accords de Kyoto et au TPI, etc. Ils sont multiples et prouvent que le camp occidental est divisé par une féroce guerre souterraine où chaque camp veut mener la planète vers sa propre «mondialisation». Une guerre où les pays sous-développés seront «avalés» comme une bouchée de pain, le moment venu. Où les pays émergents, comme le nôtre, risquent gros s’ils ne font pas preuve d’une exceptionnelle intelligence pour se tirer d’affaire. Le jeu était plus clair avant 1989. Aujourd’hui, la barre est placée de plus en plus haut. Il a fallu des prouesses d’intelligence à la Chine pour attacher l’économie libérale à son régime communiste et à Poutine pour garder le pouvoir en Russie même à la fin de son mandat. Malheur à ceux qui ne pourront pas se hisser au niveau!
(zoume6@hotmail.com)
Zouhir MEBARKI
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