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Coupables, Farida et Oualima
Abdellatif TOUALBIA - 10 Mars 2008

Coup d’estoc
Abdellatif TOUALBIA - 06 Mars 2008

Rambo à Douéra
13 Mars 2008
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Fatiha Brahimi Bouha-lissa, la présidente de la chambre correctionnelle de Blida, a eu cette pertinente remarque à l’intention d’un trio d’avocats qui n’ont pas réussi à accorder leurs violons et donc auront raté leurs plaidoiries, malgré l’excellence de Maître Hammoudi qui ne s’attendait pas à être déstabilisé, lui qui avait, en fin d’intervention, réclamé les circonstances atténuantes alors que les deux autres se sont lourdement accrochés à la... relaxe!
«Maîtres, vous, ne nous avez pas gâtés», a murmuré avec un large sourire qui en disait long sur le verdict à prononcer sous huitaine à l’encontre de Chabani, un passager ivre qui s’en était pris avec son copain de cabaret et de route à un taxi-driver lequel s’était plaint d’une agression à la «Rambo» et d’un vol du phone et d’une somme d’argent. Alors qui ment? Le détenu ou la victime? Maître Nouasria a même évoqué la coupure des mains aux voleurs, selon la charia, et s’est dit heureux que notre pays obéisse aux lois de...l’homme i-e. du législateur. Ainsi, un jeune ivre-mort a agressé sauvagement un taxi-driver vers les quatre heures du matin à la sortie d’un cabaret. «J’ai levé la main vers le taxi-driver à Zéralda pour Douéra. Je suis monté et...», dit le prévenu vite interrompu par Fatiha-Bouhalissa, la juge, qui rejette l’expression: «J’ai dormi». «Combien de temps entre Zéralda et Douéra avant l’aube, les routes désertes?», demande-t-elle. «Trente minutes...», répond le détenu qui est prié de ne dire que la vérité, toute la vérité autour du vol, des coups et blessures volontaires.
Le prévenu tente une sortie autour des bobos et les yeux «au beurre noir». Brahimi l’arrête et donne la parole à Boulehbel, la victime, qui a assuré avoir reçu des mains du client ivre 1000DA. «Je lui ai rendu 450DA. Entre-temps, j’ai sorti une liasse. Son copain qui était monté à l’avant, a retiré les clés de la serrure et lui, Fathi le détenu, m’a pris par la bouche et asséné les coups qui m’ont fait ce que vous voyez sur les photos», raconte la victime qui réfute le fait que ce ne sont pas les policiers qui l’ont battu. «Pourquoi m’ont-ils battu? Suis-je un voleur? Je suis un taxi-driver depuis trente ans, avec ma licence».
Le juge fait de l’humour. Il ne fallait pas prendre ce genre de clients. Ils ne sortaient pas de la mosquée, fermée à cette heure-ci. «Et les treize millions trouvés sur vous?» dit Brahimi. «Non six seulement. Je suis commerçant...Et puis la preuve que ce n’est pas moi le voleur et l’agresseur. Je l’ai payé à l’avance...», explique le détenu.
Brahimi ne comprend pas qu’un type ivre à quatre heures du matin se souvienne du moindre détail. «Cela prouve que je n’avais pas trop bu», assure le détenu, qui ajoute qu’il portait sur lui des bijoux lorsqu’on l’avait délesté des millions en question. «Ils n’ont pas vu les bijoux que je portais. J’étais allongé sur le sol». Allache, le procureur général, pose une question pour enfoncer le détenu qui élude...
La victime rejette toute la version du détenu. «Il a tout faux, il dit des mensonges. Comment aurais-je pu l’agresser dans son propre quartier de sa propre localité?», lance la victime qui est sûr d’elle, contrairement au prévenu complètement déstabilisé après que la victime ait démenti que les agresseurs aient dormi même deux secondes: «Il discutaient à propos de tout. La drogue, l’argent, les filles, l’alcool. Ils se sont tus pour m’agresser, m’enlever le portable et de l’argent liquide. Ce n’est pas vrai. Ils ne m’ont pas agressé devant un poste de police.»
Maître Messaoud Nouasria, pour la victime, déplore le vol avec violences.
«C’est dur d’avaler un tel délit», murmure l’avocat qui a mis l’accent sur la gravité des faits. Agresser un père de six enfants qui bosse jour et nuit juste pour subvenir aux besoins de la famille, relève du surnaturel: «Ils lui ordonnent de stopper à cinq heures du matin à l’entrée de la ville de Douéra. Il refuse. Sa course se termine au centre-ville. Ils lui sautent dessus et le malmènent et le volent. Aujourd’hui, au lieu de demander pardon, il veut passer pour une victime», conclut l’avocat. Pour le détenu, Maître Abdelillahi Hammoud, n’est pas d’accord avec l’année de prison ferme infligée par le tribunal et va entrer dans les dédales du dossier dont la pièce principale est le certificat médical.
Il tente de démolir la version, toute la version de la victime, laquelle s’est contredite; elle a dit et répété que son état était déplorable tout en discutant dans la voiture autour de nombreux sujets. «Si vraiment, il y avait agression, entre Zéralda et Douéra, il y a beaucoup d’endroits sombres et déserts à cette heure matinale de février 2008. Or, la victime affirme que les faits se sont déroulés à l’entrée de la ville de Douéra. Notre client est innocent car il n’y a aucun témoin ni preuves autour de cette pseudo-agression commise par Chabani, qui est lui-même victime d’une erreur du tribunal suite à une instruction bâclée», a récité l’avocat, qui a réclamé au moins les circonstances atténuantes, si la relaxe est écartée.
Maître Saïd Mebni, le deuxième avocat, va se dire solidaire de la brillante plaidoirie de son aîné. «Nous sommes ici au nom de la loi. Respectons cette même loi et restons dans le dossier du jour. Un dossier franchement hors du sujet à cause de nombreuses imperfections. Certes, le tribunal a relaxé Chabani autour du vol mais a retenu les violences exercées sur la victime et toujours selon la victime, cette victime qui vient nous étaler une version invraisemblable», avant de s’exclamer: «Depuis quand un certificat médical constitue-t-il une preuve? Et puis le doute plane sur et autour du dossier», a conclu l’avocat qui a demandé de la clairvoyance de la part des trois juges de cette chambre correctionnelle. «Il y a un menteur dans ce dossier, nous vous laissons le soin d’apprécier», dira Maître Raouf Mellal, le dernier plaideur qui devra patienter pour le verdict mis en examen.

Abdellatif TOUALBIA


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