Date
Chercher
Dans  et  Lancer la recherche
 Catégories
   Une
   Actualité
   Culture
   Sport
   Internationale
   Dossiers
   Multimédias
  Flux RSS
 Contact 
 Version PDF 

 

Malmenée, l’enfance
Abdellatif TOUALBIA - 12 Avril 2008

Malédictions, mon Dieu!
Abdellatif TOUALBIA - 07 Avril 2008

Vérité avérée
Abdellatif TOUALBIA - 05 Avril 2008

Retard salvateur
Abdellatif TOUALBIA - 31 Mars 2008

À qui appartient la came?
Abdellatif TOUALBIA - 29 Mars 2008

Impériale, Bechiri
Abdellatif TOUALBIA - 22 Mars 2008

Mineure en «UT»
Abdellatif TOUALBIA - 20 Mars 2008

Percutant, Maître Hammad
14 Avril 2008
Lu 429 fois 

L’austère avocat, Maître Hammad de Rouiba, a eu la présence d’esprit, en défendant Rabah K., inculpé tout comme Rafik R., de vol de deux tonnes de fer (6 mm) de parler du côté pédagogique de l’affaire, car les deux jeunes détenus n’ont jamais bossé chez la victime qui a finalement récupéré son bien. Madame la présidente a écouté et jugé.
Il y a de jeunes poursuivis pour vol qui dégagent une telle sympathie que l’on est tenté d’intercéder en leur faveur, n’étaient ces sacro-saintes procédures. C’est une telle sympathie, pas physique mais morale.
A les entendre cracher le morceau avec force détails, se mettre à table aisément, raconter dans les moindres détails leurs méfaits, on ne peut que leur souhaiter une peine légère, contrairement aux «têtes dures», ceux qui croient se jouer de la société qu’ils ont blessée à un moment ou un autre. L’assistance est franchement emportée par le côté «aveu» du méfait.
C’est rassurant pour les magistrats mais pas pour les proches des inculpés.
Rafik R. n’emprunte pas une route rocailleuse: «C’est moi le voleur du fer! Rabah? Je l’ai rencontré en cours de route. Il n’était pas avec moi», lâche-t-il au grand bonheur de Maître Hammad, le jovial, conseil de Rabah. «Oui, c’est bien tout ça», coupe mielleusement et élégamment, la tolérante juge de la section correctionnelle
Dites-nous plutôt comment aviez-vous procédé pour voler deux tonnes de fer? Le «gosse» hausse les épaules, bombe le torse et dit en souriant presque: «Je me suis servi d’une charrette, pardi, c’était facile, c’est pas la lune à décrocher». Le brouhaha soulevé dans la salle n’est pas superflu. Il est rare que des inculpés s’expriment ainsi avec la tolérance du juge.
La présidente accroche et cherche à savoir si les deux co-détenus avaient planifié leur coup d’essai. «Non, Madame, c’est le diable qui m’a titillé le cerveau. Je vous l’ai dit, j’ai agi seul sans l’aide de personne», rétorque Rafik. Rabah, lui n’a pas dit un seul mot. Son avocat s’en occupe juste après que la représentante du ministère public eut requis une lourde peine de prison ferme de deux ans. Oui, vraiment lourde pour un jeune qui s’est mis à table facilement. C’est lourd, car la victime a requis son bien. Attention, les deux lignes qui précèdent ne sont pas de votre modeste chroniqueur, mais des extraits de la plaidoirie remarquable par sa précision, son efficacité et surtout son objectivité.
Il commencera par évoquer le fameux adage propre à la justice qui souligne fort bien qu’un aveu vaut la moitié de la peine. En l’espèce, le sursis prend la place de la prison ferme.
Maître Hammad, le conseil, a plaidé comme s’il n’avait pas entendu et encore moins pris acte des terribles demandes du représentant du ministère public. «Rabah mérite de larges circonstances atténuantes car il n’avait même pas touché la charrette que la victime s’est précipitée et a mis en échec le vol commis par le seul Rafik, lequel mérite lui aussi l’indulgence du tribunal», chantonne l’avocat qui venait de s’apercevoir que le ferme s’était évanoui aux lieu et place de l’incarcération.
Le verdict a vu les deux inculpés écoper d’une peine de prison de un an assortie du sursis.
Comme quoi, plaider la pédagogie peut parfois payer et bien payer, c’est sûr.

Abdellatif TOUALBIA


Envoyer cet article à un ami Version imprimable Votre commentaire