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17 Juillet 2008
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Pour les pessimistes de notre justice, voilà un entrepreneur innocent qui rentre at home.

Abdelkrim G, un entrepreneur de 35 ans, père de deux filles, est détenu pour complicité de détournement de deniers publics auprès de la caisse de la poste de Chaïba (Tipaza). Nous sommes à la troisième audience, la première avait été reportée pour absence de témoins, ces témoins étant des détenus condamnés à sept ans de prison ferme pour le même délit que Abdelkrim D. Il est vrai que Rahma, la présidente du tribunal voulait entendre ces témoins dont certains passaient l’examen du BEF et d’autres, le Bac 2008.
Renvois justifiés donc. Les Abdessmad, Tahar, Lala, Redouane Haddi et autres Salah, Hanafi, Dias, s’étaient avancés de la barre à l’appel de leurs noms, ce qui allait présager de houleux débats. Heureusement, que la présidente s’y était bien prise. La partie civile aussi était représentée. Maître Djamel Boulfrad, constitué pour Abdelkrim Gouizi, attendra le moment opportun pour aller au feu et arracher ce qui apparaissait comme impossible à obtenir. Il faut préciser ici que le membre influent du Conseil de l’ordre de Blida est devenu un redoutable plaideur au pénal, surtout si le dossier est plus que jouable, avec, cependant, que pour cette affaire, le procureur avait requis la très lourde peine de prison ferme de sept ans!
L’affaire remonte au début 2005 où un trou financier -dix-sept milliards de centimes- avait été découvert lors d’un contrôle de routine à la poste, par la Direction de wilaya de la poste de Tipaza. Outre le receveur, ont été incriminés d’autres employés, mais c’est le caissier principal qui allait trinquer car acceptant des chèques de garantie -ce qui est interdit par la loi. De plus, l’enquête a laissé apparaître du faux sur un chèque égaré par Gouizi, entrepreneur et dont l’avocat exhibera plus tard, une attestation de perte de chèque incriminé.
D’ailleurs, la surcharge et la rature sont allés droit vers le faux qui a été confirmé par l’expert désigné par ce juge d’instruction.
«La graphologie a donné le résultat attendu par la défense et c’est tout à l’honneur de notre client», dira, plus tard, Maître Boulfrad Djamel qui va soulever toutes les collines de Tipaza lors de sa brillante plaidoirie qu’avait appréciée la présidente et toute l’assistance dont plus de la moitié était formée des proches et amis venus en force étaler leur attachement à l’enfant de la famille et au généreux copain des moments difficiles. Maître Boulfrad le criera aussi que lorsqu’il réclamera un verdict fort, juste qui va en droite ligne avec la réforme en cours dans notre pays. «Si le citoyen algérien n’ a pas d’autres pays à se mettre sous la dent, il n’ a pas non plus une autre justice à laquelle il va s’accrocher», souffle l’avocat. Condamné à dix ans de prison ferme et ce, par défaut. Gouizi nourrissait le plus grand espoir de retrouver la liberté car il était sûr de sa position surtout lorsque son avocat, Maître Djamel Boulfrad avait posé de sérieux problèmes aux arguments du parquet.
«Il n’a été complice de rien du tout, Il n’ y a aucun élément susceptible de le désigner comme tel», s’est écrié le conseil qui réclamera avec force la relaxe sur la base de l’article «29 du code pénal -06-01 sur la prévention de la corruption» «Le délit n’a pas été consommé par un client qui réfute avec beaucoup de puissance. Ce ne sont que de simples déclarations de détenus et la loi est claire. Aucun détenu ne peut accuser un autre et le juge ne doit nullement en tenir compte», souligne le défenseur motivé, avant de brandir un arrêt de la Cour suprême relatif aux cas similaires. La présidente cligne des yeux comme pour signifier au bel avocat élégant qu’elle était ici pour obéir à la loi qu’elle maîtrise parfaitement. Et la décision heureuse pour l’inculpé qui aura eu le bonheur d’avoir vidé le mandat d’arrêt, accompagné de Maître Djamel Boulfrad, demeure un acte de justice que nous voudrions voir se répéter, surtout lorsque le dossier «parle», «crie», «hurle» la justesse d’un verdict sain.

Abdellatif TOUALBIA


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