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Même au tribunal
28 Juillet 2008 Lu 700 fois
Il n’était pas beau à voir ce gus qui ne s’était pas gêné d’agresser un employé au tribunal, un jour sans réception et sans cause apparente n’était que son sang avait viré au violet au moment où l’employé lui avait indiqué un autre guichet. Sofia Ouhida, cette terrible présidente de la section pénale du tribunal de Blida allait passer plus de douze minutes à gronder le détenu qui avait pourtant bien organisé sa défense puisqu’il avait refusé d’être assisté d’un avocat. Mal lui en prit, car à toutes les questions posées par cette intolérante (vis-à-vis des... méchants) magistrate que le large foulard jeté par dessus les épaules et une tête d’où brillaient de mille feux, deux gros yeux au fond pas si méchants qu’on pourrait le penser. «Alors, dites-nous un peu. Que s’est-il passé?» gronde la fraîche juge à cette heure précise qui vient de sonner les onze heures. «Je... le diable... je regrette... je ne croyais pas que...», répond gauchement le détenu qui va avoir l’occasion d’assister à un authentique prêche comme seuls savent le faire les magistrats, farouches boucliers de l’Etat et de ses institutions. «Vous entrez dans un lieu de travail. Vous ne réussissez pas à récolter le moindre renseignement, vous êtes alors déçu! Bien. Et alors, au lieu de changer de guichet, de personne, de lieu, de, de, de, vous agressez le malheureux employé sans qu’il n’ait eu le temps de se défendre, ni d’esquiver les coups donnés sans raison», tonne Ouhida qui va encore ouvrir plus gros sa belle paire d’yeux où la malice baigne, comme pour avertir les éventuels joueurs de passe-passe à la barre. «A vrai dire, cela s’est passé hors du tribunal, je ne l’ai pas fait à l’intérieur de la juridiction» «C’est ça, on commence bien sa défense. Maintenant on dévie et ce n’est pas bon pour la suite», articule la présidente, alors que Denni, le représentant du ministère public, feuillette des documents sans lever la tête. «C’est la vérité, madame la présidente.» «La vérité est celle que je viens de débiter. Vous ignorez que vous aviez été entendu sur PV?» «Oui, je reconnais avoir déclaré ce que vous venez de balancer mais...» La juge l’interrompt ferme. «Il n’y a pas de mais. Il y a la vérité et les termes de l’article 264 du Code pénal, dont les termes punissent avec toute la rigueur de la loi, les auteurs de violences volontaires». Le hic, c’est ce pauvre bougre qui s’était comporté au sein du tribunal en chercheur de primes s’est retrouvé en face d’un redoutable «sheriff» nommée Sofia Ouhida, cette fantastique présidente de la section pénale qui en rajoute lorsque elle est appelée à se prononcer sur un dossier donné: le comble, au milieu de cette tempête «Ouhida», c’est la tête que faisait, à la barre, l’inculpé qui venait d’apprendre qu’il n’avait aucune chance de se tirer des «tentacules de cette pieuvre Sofia». D’ailleurs, elle va presque s’amuser, cinq secondes, en demandant à l’inculpé détenu de prononcer le traditionnel dernier mot accordé par la loi, une loi qu’il va tenter de saluer par un: «Je regrette. Je m’excuse.» «Ah! c’est mieux pour vous. Si vous aviez réfléchi un tant soi peu avant de vous ruer sur le fonctionnaire, nous n’en serions pas là! Le tribunal vous inflige une peine de prison ferme de deux mois et c’est bien payé. Vous avez dix jours pour interjeter l’appel», dit-elle.
Abdellatif TOUALBIA
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