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A l’Est, rien de nouveau
21 Août 2008 Lu 971 fois
Sommes-nous à la veille d’un grand changement dans les relations internationales? C’est peut-être ce que semble indiquer la tournure que prennent les événements après l’incident géorgien. Tout le monde, les observateurs politiques en tête, s’accorde pour dire que le monde bouge (en vérité il n’a pas cessé de bouger) et que dès à présent, le terrorisme international (entendons par là, le terrorisme à visage islamiste) cesse d’être la préoccupation première du monde occidental, puisque les vieux démons de la guerre froide se sont soudainement réveillés à la faveur de l’exacerbation de nationalismes caucasiens. Jusqu’ici, l’administration américaine jouait sur du velours: avec la disparition des grandes figures charismatiques européennes, les représentants politiques nouveaux, toutes tendances confondues étaient devenus de véritables valets, toujours prêts à satisfaire les désirs du maître transatlantique. Ils étaient là prévenants dans tous les conflits, prêts à ramer sur la canonnière du belliqueux chef de guerre. Prévenants, ils sont allés jusqu’à risquer la sécurité de leurs citoyens en s’embarquant dans les expéditions guerrières qui font tomber des dollars dans l’escarcelle des pétroliers américains. Il y en a même qui ont risqué leur avenir politique en accompagnant la Maison-Blanche dans ses croisades, c’est le cas du malheureux Aznar qui, non seulement s’attira les foudres de la multinationale terroriste mais encore perdit des élections capitales avant de disparaître dans les brumes de la disqualification politique, oublié, même des siens. Tony Blair, qui avait eu le culot de fabriquer le plus grand mensonge du siècle n’a pas attendu d’être mis sur la touche, il est sorti sous les huées et les sarcasmes d’une opinion populaire préoccupée seulement de son niveau de vie. Son parti n’arrête pas de payer baissant sans cesse dans les sondages et perdant des élections partielles. Mais, malgré la chute des masques, l’agressivité américaine ne tombe pas d’un cran alors que l’ambiance préélectorale qui règne aux USA et la multiplicité des conflits où l’Otan est impliquée ne favorisent pas une liberté de manoeuvre américaine. Après l’Afghanistan où elle mène une guerre d’usure dont personne ne perçoit ni n’envisage la fin, la Serbie qui rumine un Kosovo indigeste, une intervention désastreuse en Irak où les conflits s’emboîtent comme des poupées russes, des menaces de conflit risquent de déborder sur les conflits principaux. On passera sous silence, la situation dans les territoires occupés au Moyen-Orient, le Sahara occidental, ou l’épineux problème de Chypre, déchirée par l’intervention turque depuis 34 ans... La situation au Pakistan demeure explosive et pour ne rien arranger, l’Iran vient de faire une rentrée en douceur dans le club restreint des pays de l’espace. Il ne reste au régime des Ayatollahs qu’une petite bombinette pour faire passer des nuits blanches à l’équipe qui essaie de faire sortir Sharon de son coma. L’affaire géorgienne est venue compliquer encore l’écheveau des conflits en attendant que l’Ukraine trouve une solution à ses Tatars de Crimée. Rien de nouveau chez les potentats arabes qui continuent à placer joyeusement leurs pétrodollars en priant doucement: «Pourvu que ça dure!».
Selim M’SILI
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