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Logique de guerre
22 Septembre 2008
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Il est indéniable que l’écrasante majorité des conflits que connaît l’humanité depuis Abel et Caïn, n’est que le produit des visées sur le bien d’autrui. Comment s’approprier les richesses des autres sans travailler, sans se fatiguer: il suffit de mobiliser une troupe au nom d’un prétexte fallacieux pour envahir le petit pays d’un peuple pacifique et industrieux, proche ou lointain. Dans les temps bibliques (et même actuellement chez nous), ce sont les terres de parcours des troupeaux qui sont l’objet de convoitises entre les différentes tribus. Plus tard, ce furent les richesses naturelles qui furent source de conflits. Quelquefois, ce sont des lieux de passage qui déclenchèrent des guerres fratricides. Ainsi, selon la légende, Troie, la ville grecque qui gardait le détroit des Dardanelles, fut détruite par les autres cités grecques liguées. La première croisade prêchée par le pape Urbain II fut entreprise parce que les Turcs seldjoukides qui avaient occupé la Terre Sainte en interdisaient l’accès aux pèlerins chrétiens. Des historiens ont relevé, par ailleurs, que cela ne fut qu’un prétexte pour les cités italiennes de s’approprier la route des épices et des soieries. D’ailleurs, les premières villes qui s’enrichirent de ce commerce furent Venise, Gênes et Florence qui étaient devenues des Etats riches et puissants.
Le canal de Suez servit de prétexte aux trois Etats, la Grande-Bretagne, la France et Israël pour agresser l’Egypte en 1956, tout comme à la fin du XIXe siècle, les USA créèrent un Mouvement de libération du Panama pour séparer l’isthme qui connaissait un projet de canal, de la Colombie. De notre temps, ce sont les matières premières qui attirent la convoitise des puissances. La guerre civile au Congo perdure depuis bientôt cinq décennies à cause des richesses minières fabuleuses qui n’ont jamais profité aux populations de ce pays. Hitler attaqua l’Urss en 1941 pour mettre la main sur les riches gisements d’hydrocarbures de l’Azerbaïdjan.
Le dictateur nazi n’eut recours à aucun scénario ni à une quelconque mise en scène pour exécuter son plan «Barberousse». Actuellement, même les chefs d’Etat qui prônent la paix et la démocratie ont recours à des stratagèmes perfides pour faire main-basse sur les ressources énergétiques.
La France de De Gaulle, privée de l’Algérie, voulut se refaire une santé énergétique au Nigeria: elle soutint un mouvement sécessionniste dit «du Biafra» qui plongea la République fédérale dans une guerre inter-ethnique atroce qui fit tant de victimes. Mais quand même, ce fut moins flagrant que le scénario mis en branle par Margaret Thatcher et achevé par George W.Bush et Tony Blair pour occuper l’Irak et mettre la main sur des richesses pétrolières sous-exploitées. Il faut se rappeler que durant la première agression perpétrée par Bush père, le président Mitterrand eut toutes les peines du monde à s’aligner derrière le président des Etats-Unis. Il le fit à son corps défendant en expliquant que Saddam Hussein s’était installé dans «une logique de guerre». Désormais, avant qu’on ne trouve un substitut au pétrole, tout pays qui en possèderait s’installerait dans cette logique.

Selim M’SILI


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