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«Banquiers» flibustiers
13 Octobre 2008 Lu 957 fois
Un crime d’un nouveau genre sévit. Ce sont des «banquiers» parallèles qui usent de chantage et plus encore... Au cours de l’audience du samedi 11 octobre 2008, du tribunal de Sétif, une foule immense avait pris d’assaut la salle où nous avions remarqué la présence de plusieurs gars en costume gris, bleu ciel, sombre, cravates. Renseignements pris, il s’agit d’entrepreneurs inquiets, certains poursuivis par des énergumènes escrocs qui jouent le gain facile et participent, par conséquent, à la mise de clés sous le paillasson de centaines entreprises, pour ne pas écrire des milliers. La preuve? Il s’est trouvé même quatre entrepreneurs venus des Hauts-Plateaux de l’ouest du pays, en l’occurrence Tiaret, où la rude concurrence «déloyale» sévit et donc, aura poussé 3000 entreprises PME-PMI, confondues, à fermer, selon une source du ministère. A Sétif donc, un chef d’entreprise est poursuivi pour une émission de chèque sans provision dont le détenteur manipule ce document en effectuant du chantage sur l’inculpé qui crie sa douleur devant les assertions, allant dans le sens d’une pseudo-association en l’absence de toute preuve écrite notariale, nous le précisons. «Les intérêts sur ce prêt remontant en 2006 vont jusqu’à 20% chaque mois, faisant donc d’un prêt par exemple de 500 millions de centimes et arrivant à octobre 2008, à plus de trois milliards de centimes», déplore l’inculpé, réconforté par son conseil, lequel s’approchera du juge du pénal pour demander le plus simplement du monde et le plus élégamment, la présence de la victime: «C’est pourquoi la défense se voit être poussée à demander un renvoi, le temps que la convocation du tribunal lui parvienne. La défense désire la présence de la victime, car nous avons beaucoup d’éclaircissements à étaler devant le tribunal», a articulé le défenseur dans un silence religieux. Et le jeune juge de clamer: «Eh bien! le tribunal ajourne les débats au 8 novembre 2008 en demandant la présence de la victime.» Le tout dit sur un ton solennel et monocorde par le magistrat qui a devant lui un rôle effarant qui demande de la dextérité et de l’allant pour en arriver à bout. L’avocat remercie chaleureusement le tribunal et se retire de la salle, flanqué de son client qui n’a pas fini de souhaiter que l’Etat entreprenne une action décisive à l’encontre de ces suceurs de sang, en instituant une commission nationale chargée de traquer ces «sangsues» qui utilisent cette diabolique tactique dévastatrice pour les entreprises qui réussissent en usant et abusant de manipulations frauduleuses, parfois en utilisant les banques, lesquelles vont jusqu’à bloquer un compte, le lendemain même de la remise du chèque en vue de voir le «prêt» gonfler par des intérêts faramineux. Et le tour est joué! En plus, que le blocage d’un compte donné se fait à tort et sur le dos de l’entrepreneur qui n’aura rien compris, surtout qu’après deux longues années de procédures, de procès, de renvois, ce même chef d’entreprise voit enfin son compte être débloqué en appel. Mais n’est-ce pas trop tard et les dégâts moraux et financiers insurmontables, noyant le pauvre entrepreneur que de voir un compte être bloqué par la première instance avec des attendus bizarroïdes et être débloqué par un trio de magistrats, lesquels, eux, ont bien examiné le dossier. Cela écrit en ces moments de crise financière universelle, et l’écroulement de très grosses banques est visible, n’est-il pas temps pour nos juges de cesser de «couver» certaines banques du fait même qu’elles soient des institutions à «dorloter» envers et contre tout texte réglementaire, surtout qu’au plus haut niveau, les banques algériennes, toutes les banques algériennes, ont été rappelées à l’ordre, pour secouer le cocotier et à balancer un gros coup de pied dans la fourmilière, avant qu’il ne soit trop tard pour l’économie, en général, mais surtout et ce qui est plus grave, trop tard pour nos vaillants chefs d’entreprise, les vrais, ceux qui ont pour souci, certes, de se faire du pognon, mais encore de le faire dans leur pays en recrutant du personnel, ce qui va alléger le lourd fardeau du... Trésor public, de la Fonction publique, en un mot, celui du peuple. Alors, qu’on laisse l’appareil judiciaire tranquille. Il a autre chose de plus sérieux à voir de près.
Abdellatif TOUALBIA
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