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Omar Chouchane, le téléaste...
13 Octobre 2008
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«Le plus grand plaisir dans la vie est de réaliser ce que les autres vous pensent incapables de réaliser.»
Walter Bagehot
«Un véritable artiste est un artiste qui touche tout le monde», disait Bernard Werber dans une interview sur Evene.fr en septembre 2005 et qui reprend parfaitement la mise au point concernant ma chronique du 6 octobre. Je n’ai pas pris l’habitude de répondre aux mises au point mais j’ai pris la peine de répondre à notre jeune réalisateur, par sympathie.
Nous n’avons jamais eu la prétention de critiquer des personnes, mais de donner un point de vue artistique sur des oeuvres. Alors critiquer Omar Chouchane que nous ne connaissons pas, mais que nous suivons avec sérieux n’était nullement notre objectif, cher ami. Notre seul souci est de te montrer la voie de la perfection afin que tu profites de cet espace qu’est la télévision. Pour revenir à ta réponse, je ne pense pas que ton film Les expulsés «dépanne» la Télévision nationale, il remplit un vide déjà assez consommé. Ton téléfilm fait partie de ces rares fictions coproduites par la Télévision depuis huit ans, à l’instar de Mad In de Moussa Haddad, Les rues d’Alger d’Amin Kaïs ou encore les deux téléfilms de Tribèche, produits par la défunte Enpa, qui sont à chaque fois diffusés et rediffusés. Tu es d’ailleurs le seul réalisateur dont le téléfilm a été financé par «Alger, capitale de la culture arabe 2007», et diffusé par la Télévision. Sans doute tu as été le seul producteur qui a cédé ses droits à l’Unique. C’est une bonne chose, mais cela te donne-t-il le droit de considérer que tu es mieux loti que les autres? Je ne pense pas. La Télévision investit dans le divertissement et les feuilletons et pas dans les fictions. Et puis, même les producteurs privés ne sont pas intéressés par la fiction. Ils préfèrent investir dans des sitcoms à 4 milliards de centimes que dans une fiction à 10 millions de DA.
Pour ce qui est de ton film Immigrya Fi Douarna, je suis d’accord avec toi sur le principe de dénoncer un fait social, mais en tant que femme, ce film m’a donné des sueurs froides. Car, aujourd’hui, une fille du douar est peut-être plus riche et plus cajolée qu’une émigrée, qui vit du RMI et qui fait ses coures au Leclerc, avec des prix écrasés par les magasins Mammouth. Ton sujet est donc dépassé. On te reproche, en fait, ta naïveté audiovisuelle et ta complaisance avec tes comédiens, qui ne sont pas convaincants dans leur rôle vedette. Ils ne sont même pas naturels. Et surtout la facilité avec laquelle tu tournes une scène. Je ne nie pas ton amour pour le cinéma et la caméra. Tu as même réussi à donner des idées aux professionnels, comme cette idée de traversée de la mer de ton comédien fétiche dans Sans visa et qui débarque, à la fin, de l’autre côté de la côte algérienne. Une idée qu’on retrouve copiée dans un épisode de Hal oua Ahoual de Mohamed Sahraoui, de l’année dernière. Grâce à toi d’ailleurs, ce comédien amateur est devenu professionnel et a été recruté par «le grand» Bachir Belhadj dans son feuilleton Chahra. Quant aux comédiens et comédiennes professionnels, je te ferai signaler qu’ils ont accepté de travailler avec toi «gratuitement», rien que pour t’aider au lancement ta carrière. Alors s’il te plaît, n’en rajoute pas. Une carrière qui, je l’espère, sera longue car tu as la passion, mais il te manque la perfection et la rigueur dans la réalisation de ces oeuvres. La critique est aisée mais l’art est difficile, alors sans rancune... le téléaste.

amirasoltane08@live.fr

Amira SOLTANE


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