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22 Octobre 2008
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A force d’avoir de plus en plus de cheveux blancs sur la tête et à la moustache, je commence à me méfier: de tout et de rien. A force de voir différentes personnes défiler à des postes de responsabilité et mener la même politique que leurs prédécesseurs, causant les mêmes effets pervers, j’ai fini par douter du système. Je me suis dit qu’il y a quelque chose, ou bien qui ne doit pas tourner rond, ou bien que cela doit tourner trop rond mais uniquement au profit de quelques petits malins qui ont compris le système et qui font tout ce qu’ils peuvent pour que cela dure. Parce qu’à force de voir le nombre d’observatoires, de commissions spéciales, de commissions ad hoc, d’institutions censées gérer des problèmes, les étudier, proposer des solutions pour les régler momentanément ou durablement, on commence par avoir des doutes soit sur la sincérité des gestionnaires, soit sur la volonté des gens désignés pour cette mission, ô combien difficile, qui consiste à vouloir satisfaire tout le monde, le loup et l’agneau, la chèvre et le chou, le boucher et la vache. Il n’y a qu’à voir le nombre d’agences, d’entreprises, de formules qui ont été imaginées puis créées afin de résoudre l’épineux et sempiternel problème du logement. Rien n’y fait! A chaque fois, rebelote! On revient à la case départ, on efface tout et on recommence! Et les épargnants professionnels de désespérer. Mais, hélas, chaque secteur vit, à l’instar du logement, son marasme persistant et, à part les importateurs déclarés ou non, personne ne semble se réjouir de la situation. On s’étonne de la profusion de festivals, d’expositions, de salons du livre ou de la bande dessinée: les conférences et autres manifestations ne semblent ni expliquer les causes de la crise que vivent les divers modes d’expression ni les moyens de s’en sortir. Ce qui affecte l’écriture affecte aussi bien l’audiovisuel: les milliards dépensés ne semblent pas donner l’effet escompté de même que les nombreux tonneaux des Danaïdes qui ouvrent avidement leurs bouches vers le Trésor public. On raconte souvent que la cause des échecs tient à la banalité des scénarii, des sujets mis en image ou fixés sur pellicule. On dit que la censure et la langue de bois ont paralysé à jamais les élans de création de nos artistes et que leur longue immobilisation rend les efforts vains. Et pourtant, les sujets d’actualité nationale et internationale ne manquent pas. Comment ne pas être inspiré par cette nouvelle qui nous vient du Mexique où, d’une prison d’Etat, une bande de condamnés, des malfrats de haut vol, se sont fait la belle en compagnie... de leurs gardiens. Quels liens ont pu tisser ces gibiers de potence avec des gens censés les garder et leur faire payer leur dette envers leur société? Quels intérêts sordides ont pu rendre solidaires des gens de bords opposés? Est-ce un remake à une plus grande échelle de La nuit du chasseur de Charles Langhton ou une deuxième version plus crapuleuse de la grande évasion de Tazoult?

Selim M’SILI


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