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L’histoire, cette clé du présent
02 Juillet 2009 Lu 909 fois
La conclusion de cette narration s’impose d’elle-même. Nous voulons seulement la dédier à ceux qui ont fait de "l’eczéma" en voyant 35 millions d’Algériens brandir fièrement l’emblème national.
Aujourd’hui, c’est le dernier jeudi avant la Fête de l’Indépendance. On ne ratera donc pas l’occasion pour vous narrer un épisode de notre histoire. Enfin, oui de notre histoire mais qui trouve ses prolongements aujourd’hui encore. Suivez-nous... Il était une fois, une Algérienne qui s’appelait Nafissa. Elle est née en 1910 dans une région du pays où il fait très froid en hiver et très chaud en été. A l’époque, le système colonial ne permettait pas aux Algériens et encore moins aux Algériennes l’accès à l’école publique. Pourtant, Nafissa eut cette chance extrêmement rare de pouvoir suivre des études. Et quelles études! Jusqu’à l’université. Ensuite, elle se consacra à l’enseignement avec le titre de professeur de lettres. En 1958, elle avait donc 48 ans quand elle se distingua au Forum d’Alger. Il faut préciser que le Forum à l’époque est cette Esplanade du gouvernement général français en Algérie. C’est là qu’eut lieu un rassemblement mémorable des pieds-noirs d’Algérie sous la houlette du général Massu. Un rassemblement pour appeler le général de Gaulle à la rescousse. L’Etat français était vacillant sous le poids de la guerre de Libération menée par les Algériens. Le général de Gaulle quant à lui, s’était retiré de la politique depuis 1945 après avoir libéré la France de l’occupation allemande. Toujours au Forum d’Alger et par la même occasion, fut créé par Massu un «comité de salut public». C’était en vérité la matrice de l’Organisation armée secrète (OAS) qui regroupait des Français d’Algérie. Une organisation qui marqua l’histoire de l’Algérie par ses meurtres et sa sauvagerie contre tous les Algériens qui aspiraient à l’indépendance. Massu eut l’intelligence de recourir à la «diversité culturelle», bien avant donc celle dont on parle aujourd’hui en France, en intégrant dans son mouvement des «Arabes de service». C’est ainsi que Nafissa Sid-Cara apparut au Forum. Et que croyez-vous qu’elle fit? En bonne intellectuelle elle prit la parole pour dire qu’elle représentait les femmes algériennes qui soutiennent «l’Algérie française». Elle disait se battre pour l’émancipation de la femme algérienne brimée, selon elle, non pas par la colonisation mais par...le voile. Tiens! tiens! voilà encore un sujet qui date de l’époque et qui est encore aujourd’hui d’une actualité brûlante en France. Voile, puis voile islamique et aujourd’hui burqa. Joignant le geste à la parole, Nafissa Sid-Cara brûla au milieu de la foule et sous les nombreuses caméras convoquées, un voile qu’auraient pu croire être le sien ceux qui ne savaient pas qu’elle n’en a jamais porté. Pour services rendus et quelques mois plus tard elle fut «élue» députée d’Alger à l’Assemblée nationale française. Elle n’y resta que peu de temps puisque presque aussitôt elle entra au gouvernement français en qualité de secrétaire d’Etat. Voilà encore un autre point qui prouve que la diversité culturelle prônée aujourd’hui par le gouvernement français n’est pas une création récente. Un poste dont elle fut remerciée dès que l’Algérie accéda enfin à l’Indépendance. A l’évidence, elle n’était plus utile à la France. Elle mourut plus tard, bien plus tard en France dans l’anonymat total. Comme l’histoire recèle toujours des trésors, il y eut à la même époque avec la même trajectoire universitaire, une autre femme algérienne qui portait aussi le prénom de Nafissa. Son nom est Hamoud. Elle fut la première femme médecin à rejoindre le maquis pour libérer son pays: l’Algérie. Elle était connue sous le nom de son mari, lui aussi moudjahid. Lui aussi était universitaire. Lui aussi était médecin avant de rejoindre le maquis pour libérer son pays: l’Algérie. Elle s’appelait Nafissa Lalliam. Elle et son mari se sont éteints tous deux dans leur pays libéré. Dignement. La conclusion de cette narration s’impose d’elle-même. Nous voulons seulement la dédier à ceux qui ont fait de «l’eczéma» en voyant 35 millions d’Algériens brandir fièrement l’emblème national après les matchs comptant pour la Coupe d’Afrique et du monde. Ils font partie de cet autre phénomène qui est d’actualité mais qui plonge ses racines dans l’histoire. Comme la burqa ou la diversité. Bonne Fête à tous les Algériens...libres.
(zoume6@hotmail.com)
Zouhir MEBARKI
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