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Scandales
16 Décembre 2009 Lu 1177 fois
«Qu’est-ce le capitalisme? -C’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Et le socialisme?- Juste le contraire!»
Pendant longtemps on a pu sui-vre sur tous les supports médiatiques existants, à l’occasion d’élections, de conférences, de parutions littéraires ou d’événements importants, des débats homériques sur la supériorité de tel mode de production sur un autre. Il y avait dans ces débats l’éternel duel qui opposait deux classes franchement antagonistes: les bourgeois et les prolétaires. J’avais oublié de préciser que le débat entre capitalisme et socialisme (communisme) se déroulait au grand jour, là-bas, tandis qu’ici on subissait en silence un socialisme spécifique qui avait le douteux avantage de réunir les défauts du capitalisme et les tares du socialisme. Quant aux qualités intrinsèques de ces deux systèmes, elles étaient réservées à un milieu inaccessible pour la majorité des damnés de la terre. Loin de moi l’idée de vouloir reproduire ici des éléments de ce débat qui a opposé jusqu’à la mort trois générations (une seule vie ne suffirait pas), mais je pense qu’il y a des critères infaillibles pour comparer les deux systèmes: la production, la productivité, la liberté d’expression, la qualité de la vie et bien sûr le mode de distribution des richesses. Moi, je ne retiendrai aucun de ces éléments pour la bonne raison que depuis l’hiver 1953, depuis le jour où l’abbé Pierre poussa son fameux cri, cri qui n’en finit pas de se répercuter dans les salons cossus et douillets des quartiers riches, après avoir traversé les ruelles sombres et froides des quartiers mal famés, après avoir glissé sur les pavés givrés du Nord et frôlé les berges humides des fleuves impassibles où gémit la partie la plus pathétique d’une humanité déchue... Depuis, chaque année, c’est le même cinéma: à l’approche des frimas, les bonnes consciences se mobilisent, l’un derrière sa croix, l’autre avec son marteau et sa faucille pour essayer de mettre à l’abri ces pauvres hères qui se paient le luxe de dormir le reste de l’année à la belle étoile, hôtel des courants d’air. Pendant ce temps-là (expression chère aux romans policiers), des choses louches se trament derrière les façades respectables des grands établissements financiers qu’on appelle banques, où dorment, à l’abri des regards des affamés et de ceux qui meurent de froid, de prodigieuses richesses insoupçonnées pour la bonne raison qu’elles sont protégées par le fameux secret bancaire «made in Switzerland». L’autre bonne raison est que beaucoup de ces fortunes ont été amassées et détournées vers la profondeur des coffres-forts suisses d’une manière pas toujours catholique: quoi de plus naturel au pays de Calvin! On se souvient du gros scandale provoqué par un informateur évadé du paradis fiscal du Liechtenstein, cette petite principauté nichée entre deux frontières floues et qui a dévoilé au grand jour les agissements frauduleux de contribuables teutons au-dessus de tout soupçon, pendant que les organisations patronales chicanaient sur le Snmg de leurs prolétaires. Le fisc allemand a pu récupérer une bonne partie de son dû, à la satisfaction de la mère Merkel. Le premier réflexe d’Obama à la Maison-Blanche, n’a-t-il pas été de demander à la patrie du chocolat blanc de lui fournir une liste de ces fraudeurs? Ils seraient au nombre de 52 000, tous plus patriotes les uns que les autres. Il est vrai que Barack n’avait pas bénéficié des indiscrétions d’un ingénieux informaticien qui vient d’inonder le fisc français d’une longue liste de contrebandiers de la finance. Que nous réserve demain le pays de Jean Ziegler?
Selim M’SILI
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