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Les enfants de Byzance

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Jean-Marie Le Pen a choisi la tribune du Parlement européen à Strasbourg pour ironiser sur la formule de Jacques Chirac, qui a déclaré, tout récemment, à propos de l´adhésion de la Turquie à l´UE: «Nous sommes tous les enfants de Byzance». Pour le chef du Front national, qui aime à retourner le couteau dans la plaie, les musulmans auraient trempé leurs mains dans le sang des chrétiens, avant de la plaquer sur le mur de la cathédrale Sainte Sophie, reconvertie en mosquée depuis le XVe siècle. Cet argument lepéniste ne peut pourtant pas occulter les victimes du nazisme et du fascisme qui ont fait plus de 50 millions de morts au beau milieu du siècle dernier.
Détrompez-vous. La polémique n´est pas seulement franco-française. Elle déborde largement sur la rive sud de la Méditerranée, dont les pays sont engagés depuis novembre 1995 dans un projet de partenariat avec les pays de l´UE, pour la construction d´une zone de prospérité partagée en Méditerranée.
Cependant, malgré les beaux discours et les envolées lyriques sur la communauté de destin qui lie les peuples des deux rives, les pays de l´UE ont, dans les faits, tourné le dos à leurs voisins du Sud et ont concentré tous leurs efforts de rapprochement et d´union avec leurs frères de lait de l´Est. Une Europe engrossée sur le mur de Berlin et les ruines du pacte de Varsovie a tôt fait de remiser au placard les engagements pris à Barcelone en novembre 1995 de lancer une zone de libre-échange en Méditerranée à l´horizon 2015 pour s´élargir à 25 sur son aile orientale. Quelques accords d´association signés à Valence en avril 2002, et pas encore paraphés, laissent un goût de cendre dans la bouche des pays du Sud, d´autant plus que la principale disposition, et qui porte sur le démantèlement tarifaire, profite plutôt aux produits manufacturés de l´UE. Quant au volet sécuritaire, il tend plutôt à faire supporter par les pays du Maghreb, dans le cadre du groupe des 5+5, les problèmes d´immigration clandestine qui empoisonnent l´existence des polices des frontières des pays européens.
Les pays du Sud méditerranéen savent pourtant qu´ils sont condamnés à coopérer avec l´UE dans tous les domaines, et les arguments pour cela sont très nombreux: proximité géographique, complémentarité économique, possibilité de mise à niveau de leur tissu industriel, grâce au programme Meda pour créer les conditions de la concurrence et de la compétitivité, voisinage culturel et historique surtout dans le cadre de la francophonie, d´autant plus qu´en ce qui concerne l´Algérie, les signes de bonne volonté envoyés par Jacques Chirac sont un facteur de rapprochement potentiel qui n´ont pas existé depuis l´indépendance du pays. Attirer les investissements directs étrangers (IDE) et réussir la reconversion de la dette extérieure en autant d´investissements restent l´une des priorités inscrites sur le tableau de bord des autorités algériennes, surtout dans le cadre du partenariat privé européen - privé algérien. C´est un choix auquel on ne pourra pas déroger, à l´époque de la construction des grands ensembles économiques, avec l´Alena en Amérique du Nord, Mercosur en Amérique latine, le Cgc dans le Golfe, l´Asean en Asie du Sud-Est, l´Apec dans la zone du Pacifique.
Les choix sont d´autant plus douloureux pour l´Algérie que son économie dépend à 95 % des recettes des hydrocarbures et que la privatisation des entreprises publiques et la réforme bancaire sont des passages obligés, alors même que le démantèlement tarifaire privera le Trésor public de près de 30 % de ses entrées en taxes douanières.
Toutes ces reconversions, qui sont déchirantes car pouvant induire la mise au chômage de milliers de travailleurs, impliquent d´être conduites par des ministres compétents qui éviteront justement au pays de payer un coût social élevé, en mettant en place les conditions d´un développement durable.

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