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Les pilleurs sont toujours là

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Retrouver un buste de Marc Aurèle, appartenant à un musée d´Algérie, dans une galerie d´art aux Etats-Unis, n´est pas quelque chose d´anodin, mais qui est révélateur de l´ampleur du pillage auquel est soumis le patrimoine culturel algérien. En fait, il y a longtemps que les histoires de brigandage ou de dégradation commis sur ce patrimoine défraient la chronique, mais c´est la première, à notre sens, qu´une longue dépêche de l´APS en donne un relevé assez exhaustif, en se basant sur les déclarations de M.Betrouni, de la Dgsn, et de Mme Bourouis, de la même direction, dont une brigade spécialisée travaille en étroite collaboration avec le ministère de la Culture.
Il suffit de lire la dépêche pour se rendre compte des dégâts occasionnés au patrimoine historique algérien et ce, uniquement depuis 1996. Sur les 180 oeuvres et objets antiques subtilisés des musées et sites archéologiques, 143, - notamment des lampes, statuettes, fragments, vases, jarres et autres ustensiles, en marbre, bronze, terre cuite, datant des époques romaine ou byzantine, -ont pu être récupérés. Fouilles clandestines et autres actions interlopes permettent aux trafiquants de se livrer à leur commerce illicite aux dépens des musées et sites archéologiques. C´est ainsi qu´au musée des Beaux-Arts, on a dénombré, en 1998, de nombreux vols d´objets de l´ère turque ou berbère, non encore restitués, ou encore ce portrait de femme du peintre Zodmi, subtilisé en 2000 et retrouvé en 2003, alors que l´enquête sur l´affaire des bustes dérobés au musée de Guelma suit toujours son cours.
Le musée de Béjaïa, lui, a pu remettre la main sur les pistolets des XVIIe et XVIIIe siècles ainsi qu´une ancienne épée grâce aux investigations des services de police. Les mêmes services ont également réussi à récupérer 69 objets antiques volés au musée Zabana, la statue «La baigneuse» du sculpteur Jeans Louis Béguë, qui a défrayé la chronique et qui a disparu du Jardin d´essais d´Alger, ainsi qu´une femme en bronze, détachée de son socle d´un jardin public à Alger.
La numismatique n´est pas en reste et a aussi son lot de vols et de dilapidation. Le phénomène touche quelque 52.074 pièces de monnaie antiques et du XVIIIe siècle, en or, argent ou bronze. Sur cet ensemble assez important, seules 4 261 pièces ont pu être récupérées.
Les services cités par l´APS signalent qu´à Tlemcen en 2004 et à Oran, il y a eu des tentatives d´exportation vers l´Europe de respectivement 1116 et 444 pièces de monnaie et médailles provenant de fouilles clandestines. A l´autre bout du territoire, soit à Souk Ahras, la police a pu procéder à la restitution de 2700 pièces, sur les 50.000 subtilisées. Des pièces en or et en argent sont également portées manquantes au musée de Tipasa.
Le travail effectué par la brigade spécialisée est appréciable, mais ce qui manque le plus, c´est la sensibilisation du public quant à la richesse et à l´importance de ce patrimoine, d´autant plus que les archéologues considèrent l´Algérie comme une «bibliothèque épigraphique et un immense vivier numismatique inépuisable, regorgeant de gisements, et comparable aux vestiges de la Grèce et de l´Italie antique.»
On a l´impression qu´il a fallu attendre l´année 2004 pour procéder à l´inventaire juridique des biens culturels, opération qui rend possible aujourd´hui d´intenter des actions en justice contre les trafiquants.
Les premiers succès enregistrés par cette brigade spécialisée amènent à souhaiter la signature, dans les plus brefs délais, d´une convention entre la Dgsn et le département de la Culture, tout en assurant la formation et la spécialisation des éléments chargés de lutter contre ce trabendisme culturel.

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