Prévisions pour le 26 Septembre 2018

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Les vérités de maître Boukrouh

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L´Algérie n´a jusqu´à présent vu de l´économie de marché que ses inconvénients, parce que celle-ci est entrée en application à un moment où le pays vivait une crise profonde et que l´Etat était faible. Ces paroles sont de Nouredine Boukrouh, ministre du Commerce, lors d´une séance de travail tenue à Constantine. Des paroles optimistes, rondouillardes, lisses, faites pour rassurer, donner de l´espoir.
En réalité, ce pays, tout au long de son histoire récente, n´a connu que les mauvais moments, les aspects noirs des choses, les faces cachées de l´horreur. De la période coloniale, l´Algérie n´a connu que le code de l´indigénat, les confiscations des meilleures terres, le bagne de la Guyane ou de Nouvelle-Calédonie. De l´indépendance les Algériens n´ont connu que la dictature, la falsification de leur histoire et le déni des libertés publiques. Du socialisme spécifique, ils n´ont connu que les pénuries, le rationnement et les privations. Du multipartisme né des événements du 5 octobre 1988, on n´a connu que l´insécurité et le terrorisme, l´absence de canaux de dialogue entre la base et le sommet. De l´économie de marché, nous ne connaissons que l´envolée des prix. Les marchés sont effectivement achalandés, mais les petites bourses, qui représentent les 80 % de la population, ne peuvent que se rincer l´oeil et saliver en silence. Ces paroles de Nouredine Boukrouh sont un morceau d´anthologie parce qu´elles rappellent une tirade enflammée du dramaturge Slimane Benaïssa dans sa pièce Babour Ghraq. Entre un homme de théâtre et un homme politique, il n´y a pas beaucoup de différence. Ils sont tous les deux en représentation. Le premier se met dans la peau de son personnage. Le deuxième joue son propre rôle. Il s´agit de faire comme si. Nouredine Boukrouh pour sa part, puisque c´est de lui qu´il s´agit, nous avait habitué à des formules plus percutantes, du genre. «La décennie passée a produit des hittistes.
La décennie en cours a produit des trabendistes.
» (Cité de mémoire). On pourrait ajouter: la prochaine produira des terroristes. Pour le ministre du Commerce, les avantages de l´économie de marché seront bientôt palpables pour l´Algérien «notamment avec l´entrée en vigueur d´ici 5 à 6 mois de l´accord d´association avec l´Union européenne qui va permettre la mise sur le marché national de produits européens sans taxes douanières.»
On aurait aimé partager l´optimisme de M. le ministre, tout comme on l´avait fait avec l´ancien ministre Hamid Temmar, qui avait déclaré au mois de novembre 2001, à l´hôtel El Djazaïr, que l´Algérie allait basculer dans une nouvelle ère dans six mois. On s´attendait à rejoindre le septième ciel, à planer dans le spleen et la volupté. Puis il y eut le conflit de compétences entre Ahmed Benbitour et Hamid Temmar, et tutti quanti. Rien de ce qui était annoncé ne s´est produit, en revanche l´Algérie était entrée dans une période de crise politique. Par voie de conséquence, ne jouons pas aux Cassandre. Il est fort possible que les prévisions optimistes de M.Boukrouh arrivent à voir leur traduction sur le terrain. Il y aura peut-être bien une tranche de la population qui en profitera. Tant mieux pour elle. C´est un peu comme pour la viande fraîche d´importation.
Ça reste du domaine de l´oniromancie. Les petites bourses elles se contentent d´en parler, même si ça ne nourrit pas son homme. L´économie de marché aussi. Tant qu´elle permet à un ministre de la République de justifier son salaire en tenant des propos rassurants et qui redonnent confiance aux gens, c´est toujours ça de gagné.
En cette période de morosité, cette méthode Coué mérite d´être inscrite sur la feuille de route de tous les responsables du pays.

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