Prévisions pour le 20 Septembre 2018

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Les journaux ne disent que la vérité

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Tout le monde connaît l´histoire de cet homme qui, après avoir mis un kilo de sardines dans un journal, s´est aperçu en chemin que le papier s´est déchiré et que le poisson s´est répandu par terre. Il s´est alors écrié: «Tu peux contenir les mensonges du monde entier, mais tu es incapable de porter un kilo de sardines».
L´imbroglio ukrainien met à nu cette propension des journaux, écrits ou audiovisuels, à déformer les faits pour donner leur propre et seule version des faits. C´est l´objectivité de cette presse qui en prend un coup, qui ne prend même la peine de vérifier les accusations de fraude électorale dont se serait rendu coupable le pouvoir ukrainien.
Il est quasi certain que si on regardait du côté de la presse russophone, et pas seulement celle qui est éditée à Moscou, le ton serait diamétralement opposé. La fraude ne viendrait pas du camp du Premier ministre ukrainien Ianoukovitch, mais de son rival Iouchtchenko. En résumé, l´objectivité, qui est censée être l´arme principale des médias, n´existe pas. Chacun voit midi à sa porte. Les événements internationaux de ces quinze dernières années nous fournissent des exemples frappants: la pseudo-tuerie de Timisoara, les goélands englués dans les nappes de pétrole au large des côtes koweïtiennes lors de la première guerre du Golfe, la fabrication des armes de destruction massive par Saddam Hussein utilisée comme argument pour envahir l´Irak, la situation en Tchétchénie et en Bosnie, les médias jouent un rôle de supplétif pour les opérations militaires. Très souvent, les journalistes «accrédités» arrivent dans les chars et ils sont les premiers à servir la soupe. Les vrais journalistes et les vrais reporters sont tenus loin des terrains des opérations. S´ils s´en approchent trop, ils sont dans la ligne de visée des canons des chars ou des tireurs isolés. L´information, ils ne la reçoivent qu´en deuxième main. Soupesée. Emballée. Estampillée. Presque maquettée et habillée. Prête à l´emploi. A prendre ou à laisser.
Dans l´affaire ukrainienne, on voit bien que c´est un épisode de la guerre froide qui se déroule sous nos yeux. Dans la guerre du Golfe, ce sont bien les richesses pétrolières qui sont en jeu. La métaphore de l´onagre décrit bien cette situation : le mot onagre désigne à la fois une espèce d´âne sauvage et une arme de catapulte utilisée par les Romains. Un tel double sens rend compte du piège tendu par les mots employés à la compréhension du monde dans lequel nous vivons. Certes, les journalistes, pris individuellement, ne sont pas dupes de ces pratiques ni de ces visées. Mais les pressions qui s´exercent sur les médias sont énormes, puissantes, prenant diverses formes: politique, idéologique, financière, militaire, répressive. Les hommes politiques, les hommes d´affaires, les partis, les associations, tous veulent dicter au journaliste le contenu de son article. Ils ne veulent voir en lui qu´un chien de garde, un gardien du temple, la voix de son maître. Dans les moments de crise, les journalistes sont les premiers à faire les frais des dépassements constatés: tués, emprisonnés, torturés, censurés, pris en otage, ils restent dans tous les cas de figure, «nos yeux et nos oreilles», comme le dit le flash diffusé en boucle sur les chaînes d´information en continu.
L´information n´est pas seulement une marchandise qu´on peut vendre ou acheter, traiter, mettre en forme ou en valeur, elle est aussi un moyen de chantage immonde. Lorsqu´en plus l´information est présentée sous le mode de l´émotion, mouillée avec des larmes de crocodile, elle devient encore plus insidieuse, voire plus dangereuse.

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