Prévisions pour le 20 Septembre 2018

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Le copilote

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Il y a comme un partage des rôles au niveau de l´Exécutif. Bouteflika est à Tokyo. Ouyahia à Club des Pins. L´époque où l´on demandait: «Y a-t-il un pilote dans l´avion?» est révolue. On peut même dire qu´il y a un commandant de bord et son copilote. Ce tandem de choc a mis du temps à se mettre en place. Tout un quinquennat, pendant lequel les deux hommes ont eu tout le temps de s´observer, de se jauger, de s´apprécier, et enfin de se faire mutuellement confiance.
Et pourtant, les choses n´étaient pas aussi simples. Ouyahia avait bien, en 1999, forcé la main au RND pour l´amener à parrainer la candidature de l´homme du consensus : Bouteflika. Le renvoi d´ascenseur n´était pas évident. Le président élu, qui se déclarait Djebhaoui (FLNiste), avait un faible pour le FLN, auquel il a donné un petit de coup de pouce électoral, jusqu´à en faire la première force politique du pays au Parlement et dans les assemblées locales, au détriment du RND, bien sûr. Ouyahia lui, ne se privait pas du plaisir qu´il éprouvait à égratigner la politique présidentielle sur plusieurs de ses volets: la réconciliation nationale, la loi sur les hydrocarbures, le code de la famille. Depuis lors, beaucoup d´eau a coulé sous les ponts et les deux hommes sont désormais sur la même longueur d´onde. Le RND est bien devenu le parti du président. A cent pour cent. On pourrait leur appliquer la formule de Chirac à propos de Sarkozy: «J´ordonne, il exécute». Autrement dit, Ouyahia applique le programme pour lequel le président de la République a été élu. Zitna fri d´qiqna: notre huile dans notre semoule. Le pouvoir algérien est tout sauf un pouvoir bicéphale. Il y a bien un chef et un sous-chef, surtout que ce dernier sait se tenir en réserve de la République, comme il l´a prouvé lors de sa traversée du désert.
Ce n´est qu´ainsi que les vaches sont bien gardées. Plus que ça: Ouyahia retire d´une main ce que Bouteflika donne de l´autre. Le président fait des promesses que son Premier ministre ne peut tenir. Jeu d´équilibrisme politique. En tant que chef de gouvernement, Ouyahia n´est pas seulement un fusible: il est là pour que ne sautent pas les plombs de l´Exécutif. Au président les honneurs, à lui la descente au charbon. Prenez le bilan et l´action du gouvernement: le prix du pain n´augmentera pas. C´est un bon signe. Mais celui de l´électricité, du gaz, de l´eau et des carburants si! Comment éviter que le pain devienne plus cher lorsque le coût du transport et celui de l´énergie qui sert à pétrir la pâte prennent la tangente ? Il y a là des subtilités que le simple mortel ne comprendra pas aisément. On verra comment cela se passera dans la réalité. A moins de subventionner directement les boulangers. Ainsi, au milieu des rumeurs sur le remaniement gouvernemental, Ouyahia arrive avec son aplomb habituel et se livre devant les experts du Cnes à son exercice de style favori: aligner des chiffres dont lui seul connaît l´origine sur la création d´emplois, la réalisation de logements, le taux de croissance, etc. Le président du Conseil économique et social lui-même, Mohamed Salah Mentouri, y a perdu son latin, lui qui souhaite que la privatisation soit «non un facteur de division mais un levier pour irriguer une dynamique soutenue de la croissance» . L´Ugta est plus que jamais out, elle qui a avalé toutes les couleuvres des promesses gouvernementales. Si personne ne parle plus du pacte social Exécutif - patronat - Ugta, c´est qu´Ahmed Ouyahia a manoeuvré de telle sorte que toute volonté de remise en cause de la politique gouvernementale soit anniculée. Surtout que le gouvernement, lui, fait dans la navigation à courte vue, sans plan préalable, sans objectifs nettement définis. Il se contente de souquer entre les écueils et les récifs. Eteindre une grève par-là, réprimer une protestation par-ci, aguicher les investisseurs tout en ne faisant rien pour leur faciliter la tâche.
Heureusement que, bénédiction ou pas, la recette pétrolière permet de colmater les brèches.

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