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Kateb l’indomptable, Mohya l’indompté

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Le chercheur et linguiste, Mohamed Lakhdar Maougal, a animé en fin de semaine une rencontre-débat à la librairie Chihab, sise à Bab El-Oued, autour de son livre paru aux éditions APIC et intitulé Kateb Yacine, l´indomptable démocrate. Avant-hier disparaissait à Paris, à la suite d´une longue maladie, ce dramaturge incomparable que fut Muhend U Yahia, dit Mohya. Chemins croisés de deux destins exceptionnels, ces deux géants de la culture algérienne et universelle qu´étaient Kateb Yacine et Mohya, se connaissaient et s´estimaient. Le premier, parti il y a environ quinze ans, n´a jamais été honoré à la mesure de son génie. L´une des rares salles culturelles qui portent son nom, à savoir le théâtre Kateb Yacine de Tizi Ouzou, est dans un état déplorable, complètement à l´abandon, et personne ne semble se soucier de son sort. Bref, là n´est pas vraiment notre propos: Matoub Lounès, dans sa chanson Kenza, en hommage à l´écrivain journaliste Tahar Djaout, avait parlé de ces étoiles qu´on tue, mais qui continuent de briller dans le ciel. Kateb Yacine et Mohya font partie de ces étoiles qui dissipent les ténèbres et éclairent notre route.
Dans son livre Kateb Yacine, l´indomptable démocrate, Mohamed Lakhdar Maougal a sondé l´oeuvre katébienne, ses racines hillaliennes, la quête de ses origines kabloutiennes, sa vision internationaliste pour la libération du Vietnam et de la Palestine, sa haine pour tout ce qui est baâthisme paternaliste et déni de la berbérité, son combat pour la démocratie et la liberté qui a commencé à l´âge de 15 ans, lorsqu´en en 1945, petit lycéen à Sétif, il fut exclu des cours pour avoir manifesté aux côtés de ses frères pour demander l´indépendance du pays, après les promesses faites par la France à un peuple dont les enfants avaient contribué à arracher sa liberté des griffes du nazisme hitlérien. Génie précoce, auteur du recueil de poésie Soliloque, Kateb avait été aussi l´un des premiers à reconnaître le rôle moteur de cette figure emblématique de la résistance qu´était l´Emir Abdelkader, en animant à Paris en 1946, une conférence sous le titre : L´Emir Abdelkader et l´indépendance nationale presque en réponse à Albert Camus qui avait prôné l´assimilation dans son ouvrage Prométhée enchaîné. Nous ne nous étalerons pas dans ce modeste article sur l´oeuvre fulgurante de Kateb Yacine, c´est la raison pour laquelle nous ne pouvons que vous renvoyer au livre de Mohamed Lakhdar Maougal (1).
Quant à Mohya, il est de ces génies tourmentés qu´on ne peut qu´admirer, tout simplement parce qu´il a vis-à-vis de la culture amazighe, adopté une position non pas attentiste, mais active. Par rapport aux adeptes des slogans creux et contre-productifs, Mohya a donné un contenu concret à son engagement pour l´amazighité. Il nous laisse une oeuvre monumentale, quelque chose comme une trentaine de pièces de théâtre traduites du répertoire universel. Son mérite est d´autant plus à relever qu´en fait il a toujours vécu dans l´ombre, n´aimant pas la lumière des projecteurs ni une médiatisation à outrance, assez souvent au détriment de ses propres intérêts. Mais c´est vrai que ses intérêts sont dans la promotion d´une culture amazighe pour laquelle il n´a pas été avare d´efforts et de militantisme.
Puisse son oeuvre être mise à la portée du public algérien, par tous moyens, y compris audiovisuels, et en tout lieu, c´est-à-dire aussi bien chez nous qu´en France, ou dans les pays du Maghreb, en Belgique, en Espagne, en Italie, au Canada, enfin partout où se trouve une communauté qui peut le comprendre et l´apprécier. C´est le meilleur hommage que nous puissions lui rendre.
(1) Mohamed Lakhdar Maougal
Kateb Yacine, l´indomptable démocrate, aux éditions APIC

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