Prévisions pour le 20 Septembre 2018

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Une bombe à retardement

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Celui qui a inventé la notion de logement social en Algérie a mis au point une véritable bombe à retardement. Il suffit d´évoquer le sujet dans une municipalité pour susciter les espoirs les plus fous dans un premier temps, et les colères les plus homériques dans un second temps.
D´abord, ce qu´on a appelé la crise du logement est un véritable problème chez nous. La demande reste toujours de loin supérieure à l´offre, à cause bien sûr de la poussée démographique qui est l´une des plus importantes du tiers-monde, mais aussi à cause d´un retard qui a duré plusieurs décennies, un retard dont les effets ont été aggravés par la mauvaise gestion, le manque de planification, le laisser-aller et l´anarchie dans la construction, alors même que les cités dortoirs sont une plaie et un dysfonctionnement dans le nouveau paysage urbain.
D´un côté, le logement est ce nid douillet qui donne à rêver et auquel chacun a droit. Non seulement les appartements sont surpeuplés, les familles s´agrandissant d´année en année, poussant leurs différents membres à se battre griffes, bec et ongles pour le moindre pouce d´espace, dans la promiscuité des murs et des coeurs. A tour de rôle les jeunes hommes prennent femmes, accaparent les pièces disponibles, font des enfants qui eux-mêmes ont besoin d´espace pour vivre, jouer, et grandir. Ainsi va le monde. Il faut alors songer à se séparer pour voler de ses propres ailes. Malheureusement, le marché immobilier n´offre que peu d´occasions de se dégoter un quatre murs, ne serait-ce qu´un deux-pièces. Pour le commun des citoyens, autant chercher à décrocher la lune : les appartements sont hors de prix à l´achat, inabordables à la location. Le salaire d´un citoyen ne lui permet pas de réaliser ce qui est considéré comme un luxe, et qui est pourtant un droit fondamental, autant que le travail, l´école et les soins, ou l´air qu´on respire.
D´un autre côté, la démagogie et le populisme, qui sont les deux mamelles des gouvernants depuis l´indépendance du pays, ont été utilisés comme une arme à double tranchant pour gérer dans l´opacité la plus totale un parc immobilier hérité de l´ère coloniale, en accaparant les meilleures villas et appartements au dinar symbolique, dans le style pur jus du stakhanovisme dirigiste, alors que le reste du parc immobilier a été laissé à l´abandon et à l´injure du temps. Bien sûr, on n´oubliera pas que la crise du logement est aggravée par la séparation de l´espace entre hommes et femmes. Aux premiers l´extérieur, aux secondes l´intimité des froufrous et de l´intérieur des maisons, des cours, des patios, tout ce qui est à l´abri des regards masculins, dans le droit fil de notre mentalité de Maghrébins musulmans, endurcis par le soleil.
Pendant que les hommes sont dehors, au travail, au café pour une partie de dominos, adossés au mur dans le quartier, au volant de leur voiture ou agrippés aux vitres des transports en commun, chômeurs pour certains, hittistes ou trabendistes pour d´autres, les femmes elles, sont derrière les fourneaux, accroupies devant une pile de linge ou les pleurs d´un marmot, en commérage avec les voisines dans la cour ou au balcon.
Mais tous, hommes ou femmes, adultes ou enfants, travailleurs ou chômeurs, tous n´ont qu´un seul rêve en tête. Voir leur nom sur la liste d´attribution des logements sociaux. Neuf sur dix, il n´y est pas, et c´est alors le désespoir, la colère, des émeutes et des antiémeutes, l´érection de barrières et de barricades, des pneus qui brûlent en dégageant une fumée étouffante, et le siège de l´APC auquel on met le feu.
Quel que soit le parti aux commandes de l´Assemblée communale, tous, à un moment ou un autre, au moment justement de l´affichage des listes, doivent affronter cette même situation. Les élus et les notables s´arrangent toujours pour faire figurer un des leurs sur ces listes, au détriment de tous les autres qui s´estiment lésés. Et c´est toujours la goutte qui fait déborder le vase. C´était hier le cas à El Kerma, du côté d´Oran. Mais c´était le cas, la semaine passée, à Khenchela. C´est partout pareil.

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