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Les fèves d’Ahmed Ouyahia

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C´est devenu une tradition: Ouyahia invite ses interlocuteurs au dialogue. Les écoute-t-il au moins? On ne sait pas. Mais enfin il parle. Il tient le crachoir. Ensuite il ramasse les copies. Les étudie. Les décortique. Puis il dit non.
Aussi sèchement.
La première à faire les frais de ce niet : la centrale syndicale. Le second qui a eu à tester l´effet veto: le patronat, toutes tendances et toutes confédérations confondues.
Donc, pas de jaloux. Chacun en a eu pour son grade. Un coup de griffe à gauche. Un coup de mâchoire à droite. Un oeil au beurre pour Sidi Saïd. Une côte cassée pour Naït Abdelaziz. Un brancard par-ci. Une attelle par-là. Et des béquilles pour tout le monde.
C´est à cela que se résume le dialogue gouvernement-partenaires sociaux. Plus un monologue qu´un véritable échange de points de vue. On sonde les intentions des uns et des autres. Mais les décisions sont déjà prises. Et surtout devant l´opinion, on se paie une nouvelle virginité: si le dialogue échoue, c´est toujours la faute de l´autre.
A partir de là, les négociations peuvent commencer. Car ce qui est important, ce n´est pas le dialogue, mais les négociations. Attention : on ne marchande pas avec le chef du gouvernement. Surtout quand il s´appelle Ouyahia. On ne quémande pas et on ne fait pas monter les enchères.
C´est Ouyahia qui parle. Qui soliloque. Qui monologue. Il connaît à l´avance les problèmes. Et donc c´est lui qui propose les solutions. Lorsque enfin il dit: «A vous de tirer messieurs les partenaires sociaux. »le magasin de son fusil est déjà chargé. Il s´arroge toujours le choix des armes.
Faut-il s´en féliciter? Peut-être. Car le plus grand ennemi de l´Algérie c´est la démagogie. Et c´est le populisme. Les travailleurs ne peuvent pas à tous les coups obtenir des augmentations à deux chiffres. Cela fait désordre. La planche à billets, qui a été actionnée pendant des décennies, est une machine à fabriquer de l´inflation. Et cette dernière est l´ennemi de la croissance. Donc du développement. A moins de préférer rester dans la voie du sous-développement.
Et si le patronat veut qu´on lui mâche son travail, histoire de se contenter de se baisser pour ramasser l´argent à la pelle, il nous renverra à l´utopie.
Or, l´utopie, c´est de l´histoire ancienne.
La méthode Ouyahia, testée en laboratoire, a l´heur de renvoyer chacun à revoir sa copie. Quitte à dire tout haut ce qu´on sait tout bas : le gouvernement n´est pas un bureau de doléances. Mekteb ech chikayate.
Bon. Mais s´il faut apprendre à dialoguer, encore faut-il que le gouvernement commence par donner l´exemple. En écoutant d´abord ses interlocuteurs. Ce serait un bon début. Si le réalisme et l´austérité devaient s´appliquer à tout le monde, le gouvernement devrait en expérimenter la recette sur lui-même, sur son train de vie, sur ses dépenses somptuaires, sur les gâteries offertes aux amis et aux membres du sérail.
Alors quand on nous dit que la méthode Ouyahia, c´est le dialogue, qu´on nous permette de rester sceptiques. Dialogue de sourds peut-être. Sourds mais pas muets. De celui qui parle sans écouter. Juge et partie qui se donne raison.
Le pacte social que doivent signer le gouvernement, l´Ugta et les patrons pourrait déboucher sur quelque chose de positif si chacun met de l´eau dans son leben, en sachant faire des concessions tout en ne mettant pas sur la table des exigences exorbitantes. Mais si chacun se contente de vanter la bonne cuisson de ses fèves, bien des dents seront brisées.

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