Prévisions pour le 27 Septembre 2018

 Adrar Min 25 °C Max 31 °C
23
 Laghouat Min 17 °C Max 25 °C
30
 Batna Min 10 °C Max 21 °C
34
 Biskra Min 19 °C Max 30 °C
32
 Tamanrasset Min 21 °C Max 30 °C
30
 Tlemcen Min 13 °C Max 26 °C
39
 Alger Min 20 °C Max 25 °C
32
 Saïda Min 13 °C Max 26 °C
30
 Annaba Min 18 °C Max 23 °C
30
 Mascara Min 15 °C Max 27 °C
34
 Ouargla Min 20 °C Max 26 °C
32
 Oran Min 21 °C Max 26 °C
34
 Illizi Min 20 °C Max 33 °C
47
 Tindouf Min 23 °C Max 32 °C
34
 Khenchela Min 8 °C Max 20 °C
34
 Mila Min 12 °C Max 24 °C
32
 Ghardaïa Min 18 °C Max 24 °C
34
Accueil |Chroniques | A pile ou face |

Des villes et des prisons

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Pendant que le garde des Sceaux, Tayeb Belaïz, veut humaniser les structures pénitentiaires et améliorer les conditions carcérales des détenus, nos villes se transforment petit à petit en prisons. Oui, nos villes sont surpeuplées. Elles n´ont pas su gérer leur croissance. C´est que le visage de l´Algérie s´est changé en quelques décennies seulement. Les paysans sont montés vers les villes où nous sommes 19 millions d´habitants à nous entasser, 95 % de la population sur seulement 4 % du territoire, au nord du pays. A l´indépendance, en 1963, la majorité de la population habitait à la campagne. Puis il y eut l´exode rural, la poussée démographique et la pyramide s´est inversée.
Le résultat est le suivant: nous habitons dans des cités mais nous ne sommes pas encore des citadins à part entière. Nous avons perdu ce qui faisait la fierté des campagnards : le sens de l´honneur, la solidarité communautaire, la sociabilité, la patience faite homme, l´opiniâtreté bourrue, la persévérance, l´habitude de se lever à l´aube pour aller travailler la terre, la proximité des animaux et des arbres, du ciel, des rivières, des sillons humides ou poussiéreux, du fumier encore chaud. Qu´avons-nous gagné au change? Le stress, les embouteillages, l´anonymat, le hittisme, le trabendisme, l´individualisme, des familles éclatées et fermées sur elles-mêmes, une société cloisonnée, émiettée, égoïste, la perte des repères moraux, la coupure avec la nature, l´éloignement de la terre nourricière, l´angoisse existentielle. En fait, nous sommes perdants sur toute la ligne. Voici le modèle de la ville popularisé depuis le milieu des années 70 et généralisé tout au long des années 80: des cités dortoirs érigées à la périphérie des villes, de préférence éloignées des lieux de travail, sans aucun commerce et sans aucun accompagnement social. A l´autre bout de la ville, on construit un souk el fellah et un dispensaire. C´est-à-dire que si vous voulez acheter une baguette de pain ou une boîte d´allumettes, ou si vous voulez consulter un médecin, vous devez y aller à pied ou jouer des coudes dans les bus publics qui mettent des heures pour rejoindre la destination. Si partout ailleurs on pense que la ligne droite reste la meilleure manière de relier deux points, ces transports publics vont multiplier les zigzags, les chicanes, les attentes inutiles, y compris le temps accordé aux chauffeurs et aux receveurs pour fumer une cigarette ou siroter un café.
Un jour, la coupe était pleine. La population a perdu patience et a laissé éclater sa colère. Cela a produit le 5 Octobre 1988. C´était un cri. Le soulagement.
Mais les années 90 sont allées plus loin dans la mise en scène de l´absurde urbain, en érigeant tout le long de la côte une résidence sécuritaire d´Etat, où une jet-set à peine sortie de sa coquille joue des biceps et roule des mécaniques. En parquant ainsi les gens dans des réserves humaines, on reconduit les mêmes recettes et on ancre les mêmes schémas. On cloisonne, on enferme, on sépare. Sur ce plan, la décennie 70 n´est pas bien différente de la décennie 90.
Il suffit d´un coup de gueule de la nature pour s´apercevoir que tout cela est aléatoire, éphémère, sans consistance: les inondations de Bab El Oued ont montré l´inanité d´entasser les gens dans des espaces trop réduits. Le séisme du 21 mai 2003 à Alger et Boumerdès a mis à nu la fragilité des bâtisses et des structures urbaines.
Le hic, c´est que des budgets colossaux ont été consommés en vain: que sont devenues les études menées par le fameux Comedor, ou celles du millénaire et du gouvernorat d´Alger?
Les bureaux d´études passent sans laisser de traces. Des empreintes sur le sable qu´efface la première vague de changement ou de remaniement ministériel. La nomination d´un nouveau wali ou d´un autre chef de daïra.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha