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Sidi Saïd, plus vif que le vent

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Pour la deuxième année consécutive, l´homme de l´année 2004 aura été incontestablement le secrétaire général de la centrale syndicale, Abdelmadjid Sidi Saïd. L´homme incarne l´Ugta et le monde du travail tout aussi naturellement que l´épi porte les grains de blé. Aussi, lorsque en plein été, il avouait avoir songé à démissionner, on s´était dit: «Quelle mouche l´a piqué?». On ne pouvait pas imaginer l´Ugta sans Sidi Said, et vice-versa.
Quand Said parle, il s´exprime bien au nom de l´Ugta, c´est-à-dire que cette dernière reste malgré tout l´une des rares organisations où les décisions sont prises collégialement, après avoir été discutées, débattues dans le détail, parfois d´une façon très houleuse.
Toutes les volte-face et les valses hésitations de Sidi Saïd au cours de l´année 2004 ne sont que l´expression à la surface des lames de fond qui ont traversé la centrale syndicale et son encadrement, ses fédérations et ses unions territoriales. Vous voulez des exemples? On va en donner quelques-uns, mais précisons toutefois que l´Ugta n´intervient que très rarement en tant que meneur dans les grèves, les revendications et les conflits sociaux, mais elle peut être sollicitée par les pouvoirs publics pour jouer les pompiers ou les bons offices. On n´aura pas vu l´Ugta aux avant-postes de la grève des enseignants, ou des praticiens de la santé publique, ou des marins du port. En revanche, on entendra Sidi Saïd ou l´un de ses lieutenants donner son avis, assez souvent sur un ton péremptoire, sur les questions politiques de l´heure, ce qui confirme bien la nature d´abord politique de l´Ugta. Maintenant, les exemples. Au début de l´année 2004, Sidi Saïd, qui venait d´enregistrer un succès certain avec la grève des deux jours, va jouer la carte Benflis contre le candidat-président. Les points de fracture avec ce dernier sont: la concorde civile, les privatisations, la loi sur les hydrocarbures, la guerre déclarée aux ministres du président, dont Hamid Temmar et Chakib Khelil.
Accessoirement, pour garder un langage syndical et rester collé aux préoccupations de la base, Sidi Saïd va aussi réclamer un relèvement du Smic, le paiement des arriérés de salaire et la permanisation des contractuels, d´autant plus qu´il est le seul à poser des problèmes sociaux sous cet angle.
Après le départ d´Ali Benflis du gouvernement et l´arrivée d´Ahmed Ouyahia, on voit Sidi Saïd, et derrière lui toute l´Ugta, virer de bord et jouer la carte Bouteflika. Sans hésitation et sans état d´âme. On est là en plein funambulisme politique et dans la voltige des hautes sphères. Pour la base, on explique qu´on a soudain trouvé des vertus au bilan du président de la République, un bilan qu´on a vilipendé pendant plus d´une année. Les réserves de change ont augmenté, il n´y a pas eu de licenciements et de fermetures d´usine, la sécurité est revenue dans le pays, l´Algérie a retrouvé sa place sur la scène internationale. C´est-à-dire que les mêmes arguments qui ont servi contre le président sont retournés et mis à son avantage.
Pourquoi? Parce que Sidi Saïd et les lieutenants qui l´entourent ont ce qu´on appelle l´esprit d´escalier. Ils voient les marches monter qui conduisent là où il faut conduire, le sol ne se dérobe pas sous leurs pieds et le sort ne leur joue pas de mauvais tours. L´Ugta est le lieu où s´opère l´équilibre entre les différents conflits de pouvoir - et d´intérêt - en Algérie. C´est ainsi qu´on assiste à des accolades entre Sidi Said et Ahmed Ouyahia, tous deux adoubés par Habib Yousfi, patron des patrons - et ces scènes ne choquent personne - d´autant plus que le SG de l´Ugta et le président de la Cgea se retrouvent très souvent dans les mêmes tribunes internationales, notamment au Bureau international du travail, où ils ont noué des complicités et développé des atomes crochus.
Alors que les syndicats dits indépendants vont au charbon en organisant des grèves et des mouvements sociaux, Sidi Said n´est pas dérangé dans sa quiétude olympienne, y compris lorsqu´il avoue avoir songé à démissionner. S´il le fait, c´est un aveu d´échec de toute la politique algérienne, or ça personne ne peut l´accepter, au sommet comme dans les instances intermédiaires de l´Etat.
Comme un dompteur à la voix tonitruante, Sidi Said a maîtrisé toutes les pesanteurs de la vie politique nationale, côté cour comme côté jardin, côté écurie comme côté cuisine. Il est tout sauf une girouette, mais son sens pratique lui permet de savoir dans quel sens va souffler le vent.

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