Prévisions pour le 26 Septembre 2018

 Adrar Min 25 °C Max 36 °C
34
 Laghouat Min 18 °C Max 27 °C
47
 Batna Min 14 °C Max 23 °C
12
 Biskra Min 21 °C Max 30 °C
30
 Tamanrasset Min 20 °C Max 30 °C
34
 Tlemcen Min 15 °C Max 25 °C
34
 Alger Min 18 °C Max 27 °C
47
 Saïda Min 15 °C Max 26 °C
32
 Annaba Min 20 °C Max 25 °C
47
 Mascara Min 16 °C Max 28 °C
32
 Ouargla Min 22 °C Max 30 °C
30
 Oran Min 21 °C Max 28 °C
32
 Illizi Min 24 °C Max 34 °C
30
 Tindouf Min 23 °C Max 34 °C
34
 Khenchela Min 13 °C Max 21 °C
28
 Mila Min 15 °C Max 27 °C
30
 Ghardaïa Min 21 °C Max 27 °C
34
Accueil |Chroniques | A pile ou face |

Sahara blues !

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

A vue d´oeil , le Sahara occupe plus des 4/5 du territoire de l´Algérie. Un regard sur la carte du monde, par exemple au moment de la présentation du bulletin météo, confirme cette réalité. La planète est presque partout verte (végétation) ou bleue (océans). En Algérie, on voit bien l´immensité jaunâtre sur laquelle s´étale à son aise le désert. Et puis, tout au nord, s´étire rachitique le mince ruban de verdure, comme une chiure de mouche, le long du Tell, au bord de la Méditerranée. Et c´est sur cette portion congrue du territoire que s´agglutine les 80 % de la population, poussé par un morphisme déplacés et un mimétisme primaire plutôt que par un instinct de survie, parce que le Sahara, pour qui respecte ses règles, n´est pas mortel.
La particularité du désert algérien, c´est d´être conquérant. Il monte inexorablement vers le Nord, faisant des avances parfois indécentes aux collines et aux prairies verdoyantes, les caresse et les invite à coucher dans son lit, avant de les convertir à sa religion, en leur chantant, accompagné de sa guesba enchantée, l´hymne langoureux de la terre brûlée par le soleil.
La réponse des autorités, au début des années 70, a été de tailler une ceinture de chasteté à ce fougueux étalon. Des générations d´appelés du contingent ont été affectées à ce qu´on avait appelé alors le barrage vert, et qui s´étendait de Tlemcen à Tébessa, en passant par Djelfa, Aflou ou Bir El Ater. Mais tous les jeunes appelés qui sont passés par-là, sous la tutelle du Haut Commissariat au service national, vous le diront : il ne suffit pas de planter des arbres par milliers pour prétendre lutter contre la montée du désert, encore faut-il tenir compte de l´étude de sol, du choix des essences, de l´arrosage, du suivi des espaces plantés, mais surtout de la reconversion socio-économique des populations locales, dont le mode de vie pastoral n´est pas compatible avec le développement de l´arboriculture. Les troupeaux lâchés dans la nature détruisent systématiquement toute trace de verdure et remettent en cause l´apparition des microclimats.
Aussi, M.Van Ginkel, sous-secrétaire de l´ONU, qui s´exprimait lors d´une conférence consacrée à l´expérience algérienne dans la lutte contre la désertification et le développement de la steppe, a-t-il raison d´insister sur la possibilité de planter des arbres fruitiers parfaitement adaptés au climat de la steppe (type oliviers ou figuiers, voire amandiers) afin d´éviter la trop importante évaporation des eaux dans cette région tout en fournissant des ressources aux populations locales.
L´élevage ovin lui-même pourrait être orienté vers un mode d´exploitation intensif plus rentable économiquement et moins nocif pour le couvert végétal des parcours.
Cela dit, le désert en lui-même n´est pas une calamité. Loin s´en faut. C´est une richesse historique, culturelle, économique, touristique, naturelle, archéologique, inestimable. Avec ses oasis, ses ksours, ses réserves de pétrole et de gaz, ses espaces végétales et animales endémiques, la beauté de ses dunes et de ses couchers de soleil, les ressources minières variées de son sous-sol, ses réserves d´eau souterraine, sa route du sel et ses voies de communication qui mènent vers les profondeurs mystérieuses de l´Afrique et de l´Orient, notre Sahara est vraiment un seigneur à nul autre pareil.
C´est le plus grand océan de sable et de pierraille. A ce titre, il donne tous les jours des leçons à la vanité des hommes. Auguste iconoclaste, il recouvre d´une pellicule de poussière les traces et le passage des civilisations, ne livrant à la curiosité des générations que ce qu´il veut bien laisser voir. Ses vents de sable effacent les manifestations de notre orgueil. Une seule certitude défie le temps: celle de son ineffable majesté.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha