Prévisions pour le 25 Septembre 2018

 Adrar Min 25 °C Max 35 °C
34
 Laghouat Min 18 °C Max 31 °C
34
 Batna Min 13 °C Max 25 °C
30
 Biskra Min 19 °C Max 32 °C
34
 Tamanrasset Min 21 °C Max 31 °C
23
 Tlemcen Min 16 °C Max 28 °C
32
 Alger Min 21 °C Max 26 °C
34
 Saïda Min 17 °C Max 29 °C
32
 Annaba Min 21 °C Max 27 °C
34
 Mascara Min 15 °C Max 30 °C
32
 Ouargla Min 21 °C Max 33 °C
32
 Oran Min 22 °C Max 26 °C
34
 Illizi Min 25 °C Max 35 °C
30
 Tindouf Min 22 °C Max 33 °C
32
 Khenchela Min 13 °C Max 23 °C
30
 Mila Min 17 °C Max 25 °C
30
 Ghardaïa Min 20 °C Max 31 °C
32
Accueil |Chroniques | A pile ou face |

La peur sans visage

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

L´Algérien a peur en ce début d´année 2005. Peur du chômage, peur des privatisations, des licenciements massifs, des augmentations des prix, de l´inflation, du retour de l´insécurité, de la bonhomie de Sidi Saïd, du jusqu´au-boutisme des syndicats indépendants, de la suspension des visas pour la France et l´Australie, du gel de l´importation des voitures de moins de trois ans et de sa reconduction, peur du séisme, du tsunami, des inondations, des pointes de chaleur en été, du manque d´eau dans les robinets et des branchements sauvages au réseau AEP, de l´emprisonnement des journalistes, de ce qu´écrivent les journaux en même temps que de la répression de la liberté d´expression, peur d´une chose et de son contraire, peur du passé et de l´avenir, de la tutelle qu´exerce la génération de Novembre et de sa disparition laissant le pays sans protection, peur du terrorisme et de la réconciliation, peur des incendies et du froid, peur de la forêt et de la montée du désert, peur d´aller en vacances et de rester à la maison, peur des éradicateurs et des réconciliateurs d´autant plus que les réconciliateurs d´hier sont devenus les éradicateurs d´aujourd´hui, peur du surpeuplement des classes, peur d´échouer aux examens tout en considérant que les études ne valent plus rien, peur des pénuries et du marché informel, peur des maladies véhiculées par la friperie, peur de voir les murs tomber alors il s´y adosse en bon hittiste qu´il est, peur de payer les impôts tout en demandant à l´Etat de prendre en charge la construction des routes, des hôpitaux et des souk el fellah, peur de laisser inoccupées les loggias réservées au concierge, peur de la saleté tout en ne faisant rien pour nettoyer les aires communes dans les cités dortoirs, peur de l´état de délabrement des salles de cinéma tout en visionnant les films sur vidéo ou sur TPS, peur de mourir tout en roulant à tombeau ouvert sur les routes, peur de l´alcool tout en se shootant au zombreto, peur de la drogue tout en planant aux psychotropes, peur de la mort violente tout en choisissant la voie la plus rapide qui est celle du suicide, peur de tout et de rien, de son ombre et de son père, du voisin, des cousins, des voleurs de portables, des resquilleurs dans les bus et les trains, des sniffers et des snipers, peur des cochonneries qu´on sert dans les gargotes et du botulisme dans le cachir et le pâté, peur des chiens qui lui gâchent sa prière et des bigots qui s´immiscent dans sa bonne foi, peur de sa propre image dans le miroir et de celle qu´ont de lui les étrangers, peur des mensonges des politiciens et des discours trop beaux pour être honnêtes, peur du laisser-aller qu´il y a dans les hôpitaux.
Peur. Peur. Peur.
Et si tout cela au fond n´était que du chiqué. L´Algérien vit au jour le jour, avec ses peurs, ses angoisses, ses promesses, ses espoirs, sa lutte au quotidien pour avoir le droit de regarder en face le soleil, les yeux dans les yeux, en draguant la vie comme on drague une fille, il travaille , sue, se raconte des bobards parce que les hommes partout où ils sont ont besoin de ce stimulus pour vivre, besoin de se bercer d´illusions tout en gardant les pieds sur terre, de construire des châteaux en Espagne tout en ouvrant sa fenêtre sur la décharge de Oued Semar, et il trouve tout cela normal.
Oui normal. C´est la nouvelle philosophie de l´Algérien, fatigué par des décennies d´idéologies et de mensonge. Le soleil qui tape, la pluie qui tombe, les tremblements de terre qui font vaciller les habitations, la promiscuité dans les appartements, les augmentations de prix, la privatisation des entreprises publiques. Normal. L´Algérien est imperturbable. Normal. Il a faim mais il se retient. Chabaân. Satisfait. Curieux de tout et de rien. Normal.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha