Prévisions pour le 22 Septembre 2018

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L’asphyxie

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Un couple meurt par asphyxie, entre les quatre murs de sa maison, quelque part dans notre vaste pays. Une coupure d´électricité qui dure une semaine et le paquet de bougies est vendu à 450 dinars (prix normal 40 dinars). Pénurie de bouteilles de gaz. Echauffourées entre citoyens dans les stations Naftal. On abat des arbres pour faire du feu et se réchauffer.
Sont-ce de simples faits divers, comme on peut en lire tous les jours dans les colonnes des journaux? Pas évident. Quand un faisceau de faits surviennent tous en même temps, ils font l´événement. Oui, l´événement, ce n´est pas seulement les élections en Irak ou le congrès du FLN à la Coupole du 5-Juillet. C´est aussi ces citoyens qui meurent ou souffrent dans l´anonymat, à cause du froid, mais surtout à cause d´administrations ou d´entreprises qui n´assurent pas le minimum de leur cahier des charges : le service public. Et les preuves sont là, accablantes. Il y a déjà une triste ironie à mourir asphyxié par le gaz, quand le but était justement de se protéger du froid et donc de la mort par hypothermie. L´erreur aura été de fermer toutes les issues, de capitonner les portes, de calfeutrer les interstices, de boucher la moindre arrivée d´air. C´est un peu aller de Charybde en Scylla. Eviter un récif pour aller s´écraser contre l´autre. Mais on ne choisit pas sa mort. Quand la dernière heure arrive, elle peut vous surprendre n´importe où. Dans le lit, sur la route, ou couché comme un enfant sur un bout de carton. La neige, les intempéries, c´est l´hiver. Des routes coupées et des villages isolés du monde. On a tant parlé du réchauffement de la planète et de l´effet de serre qu´on avait oublié ces vagues glaciales qui nous viennent du Nord. Brouillard, flocons cotonneux, burnous blanc et des pluies à n´en plus finir, à remplir les barrages, à redonner espoir aux agricultures, à laisser les enfants s´en donner à coeur joie en jouant comme des oursons à fabriquer des bonshommes de neige, qu´on appelle « papa Noël » à Alger. Mais tout de suite cette joie éclate comme un ballon de baudruche, tempérée par les nouvelles des drames qui parviennent des différents coins du territoire. Les intempéries? Ça peut aussi donner la mort. Non, le froid en lui-même ne tue pas. Bien se couvrir, bien se nourrir, chauffer la maison, se mettre à l´abri. Faire le gros dos en laissant passer la tempête. Ça a l´air d´être simple. C´est justement lorsque le froid arrive sans crier gare qu´on s´aperçoit que ce n´est pas aussi simple. Ne parlons pas seulement des milliers de personnes qui sont surprises sur les routes, et qui sont obligées de passer la nuit dans leur véhicule, parfois pour une durée indéterminée.
Dérapages, glissades, carambolages, les accidents de la circulation emportent leur lot de morts et font des dizaines d´estropiés ou de paralytiques. C´est déjà un mauvais point. Mais on découvre aussi avec effarement le nombre des sans-abri qui couchent sur un bout de carton, le long des trottoirs des grandes villes. Si vous appelez ça une vie, inaal bouha! C´est une chienne d´existence! L´autre catégorie de personnes qui sont livrées pieds et poings liés aux caprices de l´hiver sont les villageois, dont les hameaux n´attendent plus rien du monde extérieur, transformés qu´ils sont en fragiles épaves dans la tempête de neige. Sans eau (elle est gelée dans les citernes), sans électricité, sans gaz butane, très souvent aussi sans téléphone, ils n´ont que le choix de supporter leur sort dans le silence et la résignation. Toutes les voies de communication sont coupées. Les bébés, les personnes âgées, les malades, les sur le point d´accoucher sont les plus exposés. La modernité dont on se gausse tant n´a plus de signification pour eux. Ni le confort dont elle peut gratifier ceux qui sont ... proches d´elle, parce qu´ils en ont les moyens financiers ou tout simplement parce qu´ils occupent un rang élevé dans l´échelle sociale.

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