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La politique, les médias, l’argent

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«Les membres du conseil national ne cessent de me presser pour lancer un journal. Pourquoi voulez-vous que je le fasse si c´est pour avoir des ardoises impayées auprès de l´imprimerie?» a déclaré Ahmed Ouyahia aux journalistes après la réunion du conseil national du RND.
Le chef du gouvernement est dans son droit de tenir un tel raisonnement pour deux raisons au moins : primo l´expérience de par le monde a montré l´inefficience des journaux gérés par les partis politiques. On ne peut pas d´un côté défendre des idées partisanes et prétendre faire de l´information, qui par principe doit être pluraliste, objective et la plus complète possible. Secundo, on remarquera que le secrétaire général du RND n´a pas besoin de lancer son propre titre, puisqu´un certain nombre de quotidiens qui existent sur la place d´Alger défendent assez bien sa politique. Il suffit de jeter un coup d´oeil tous les matins sur les unes des journaux pour le constater. Pourquoi voulez-vous qu´il s´embarrasse de la gestion d´une rédaction, avec toutes les occupations qu´il a, alors que des professionnels sont là pour le faire, moins les dettes de l´imprimerie et la masse salariale à prendre en charge? Tout est bénef!
Cela dit, la petite phrase de Ahmed Ouyahia résume, dans un condensé intellectuel digne du Poutine algérien, les trois composants de base du microcosme contemporain : la politique, l´argent et les médias. C´est un mariage devenu classique, pour le meilleur et pour le pire, dans la pure tradition chimique de toutes les unions : explosif avec divorce et crash dans certains cas, doux et romantique dans d´autres. Ça peut aussi bien «construire ensemble», comme disent les couples étudiants, que déboucher sur une séparation inévitable, soit à l´amiable, soit avec fracas. Ce n´est pas seulement une question de dosage. C´est aussi une question de sincérité et de confiance mutuelle entre les partenaires. «L´argent salit tout», disait pour sa part François Mitterrand. Les Japonais, qui l´ont compris, évitent de mélanger l´argent et la politique. Mais l´argent c´est tout de même le nerf de la guerre. Assez souvent, et pas seulement en Algérie, on voit naître les magnats de la presse. Ils sont du jour au lendemain à la tête d´un empire colossal, qui leur donne un pouvoir énorme. Ces hommes brassent des affaires, taquinent la Bourse, roulent en Porsche, voguent sur les yachts, ont une suite dans les palaces de plusieurs villes aux quatre coins de la planète. Le journal, tout simplement, échappe aux journalistes qui le font et le rédigent, même si, parfois, il y a des retombées bénéfiques sur la gestion de leur propre carrière. Parce qu´il faut le dire, c´est la précarité qui caractérise la vie des journalistes.
Quant au magnat, il ne voit dans le journal qu´un faire-valoir ou une machine à faire des dollars ou des euros, dans un vaste holding où l´on peut rencontrer du shampoing, des marques de chaussures, des biscuits ou du dentifrice. Tout cet ensemble lui donne les moyens d´acheter la police, les tribunaux, les députés ou les hommes politiques, ainsi que les spécialistes en communication qui sont là pour soigner son image. Ce n´est peut-être pas encore le cas en Algérie, mais c´est le schéma classique dans lequel, forcément, on est en train de s´inscrire, et Ahmed Ouyahia, qui sait de quoi il parle, a compris le sens de l´histoire. L´information ne saurait être neutre et c´est celui qui paie les violons qui commande la musique. Ce postulat a son corollaire: le journalisme est aussi un métier qui a ses techniques, ses équipements, ses principes mêmes, ses outils, et le meilleur service qu´on pourrait lui rendre, ce serait de ne pas mélanger les torchons et les serviettes.

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