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Papa, maman

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Une jeune fille algérienne ne pourra pas rentrer à la maison en criant: «Papa, maman, j´ai convolé en justes noces. Je vous présente mon mari.». C´est la loi qui le dit. Elle ne pourra pas non plus, quelque temps après, dire à son chéri: «Prépare ta valise . C´est moi qui garde la maison». Ni s´élever contre la volonté de son mari de prendre une deuxième femme, voire une troisième si le coeur lui en dit. Le bras de fer entre les associations féministes, auxquelles le chef du gouvernement avait fait des promesses et les partis islamistes, soutenus, eux, par les imams, a tourné à l´avantage de ces derniers. La polygamie, le tutorat sont complaisamment reconduits dans l´avant-projet de réforme.
Est-ce une bonne ou une mauvaise chose?
Les spécialistes disent que la chariaâ n´a pas codifié cette histoire du tutorat. C´est plutôt la voie malékite qui l´a introduit. En revanche, c´est une pratique fort répandue au sein de la société algérienne. On peut donc dire que cette clause du code déjà existant, reconduite dans le nouveau, est une effraction dans la vie sociale, dont les relations sont organisées par la coutume. On imagine mal de voir en Algérie un mariage se conclure en dehors du cadre familial. D´une certaine manière, c´est ce qui fait son charme. La question que l´on peut se poser est donc la suivante : le législateur a-t-il été bien inspiré de s´immiscer à la manière des s dans les relations familiales? On constate que la société n´a pas besoin de ces injonctions de la loi ni de cette effraction pour tenir à ses traditions et pour les faire perpétuer. Elle y tient comme à un jardin secret, ou à la prunelle de ses yeux.
Quant à la polygamie, c´est vraiment une vieillerie qu´on peut remiser au placard. C´est une pratique qu´on ne rencontre pratiquement plus de nos jours. Et nul n´avait besoin d´aller déterrer quelque chose qui ne se fait plus. Est-ce pour pousser les gens à recréer les tribus et les smalas d´un autre temps?
Peut-on mettre plus d´une femme dans un trois-pièces cuisine, parfois dans un deux-pièces? Le mode de vie de ce début du troisième millénaire, avec toutes les contraintes de la vie moderne, s´accommode mal des coutumes ancestrales, où le chef de famille prenait plusieurs épouses, autant pour perpétuer la lignée que pour augmenter le nombre de bras pour les travaux des champs ou la défense de la famille, d´autant plus que les maladies fauchaient une bonne partie des nouveau-nés.
Et si on soumettait toutes ces questions à référendum, qu´en sortirait-il?
C´est lorsque l´on aborde les choses sous cet angle qu´on s´aperçoit qu´en fait, les gouvernants qui se sont succédé depuis l´indépendance ont plus obéi à des lobbies et à des clans qu´aux aspirations de l´opinion. Si on considère que le peuple est immature, on est forcément amené à décréter son bonheur contre son gré. Il y a déjà fort à faire pour garantir les emplois, le logement, l´enseignement, la santé, les infrastructures de base, pour aller s´aventurer dans ces contrées si fragiles de l´intimité familiale. Pourquoi les imams auraient-ils à s´inquiéter de leur statut, eux qui vivent dans les quartiers, les bourgs, les douars et dechras et qui sont tous les jours que Dieu fait sollicités par les familles pour officier aux contrats de mariage, en récitant la fatiha. En outre, de nos jours, sauf exception qui confirme la règle, les parents n´imposent plus le mariage à leurs enfants. La fille autant que le garçon choisissent sans contrainte leur tendre moitié. Et ce n´est pas un texte de loi, quel qu´il soit, qui pourra y changer quoi que ce soit.
En Algérie, tout le monde le sait, le mariage se déroule en deux temps: la cérémonie familiale marquée par la lecture de la fatiha et le mariage civil à la mairie. Il y a des articles dans le code civil qui prennent très bien en charge cette deuxième partie de la chose. La loi aurait pu en rester là. Sans fâcher personne.

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