Prévisions pour le 24 Septembre 2018

 Adrar Min 25 °C Max 35 °C
30
 Laghouat Min 17 °C Max 30 °C
34
 Batna Min 12 °C Max 26 °C
32
 Biskra Min 20 °C Max 33 °C
32
 Tamanrasset Min 21 °C Max 31 °C
30
 Tlemcen Min 19 °C Max 29 °C
32
 Alger Min 20 °C Max 27 °C
32
 Saïda Min 20 °C Max 30 °C
32
 Annaba Min 21 °C Max 28 °C
34
 Mascara Min 18 °C Max 31 °C
32
 Ouargla Min 22 °C Max 33 °C
32
 Oran Min 23 °C Max 27 °C
32
 Illizi Min 23 °C Max 37 °C
30
 Tindouf Min 23 °C Max 32 °C
34
 Khenchela Min 12 °C Max 25 °C
34
 Mila Min 15 °C Max 28 °C
34
 Ghardaïa Min 20 °C Max 30 °C
32
Accueil |Chroniques | A pile ou face |

La galette du divorce

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

La femme algérienne est sortie indemne de la grève du pain. Ce n´était pas évident, au départ, les boulangers ayant voulu tester la viabilité du nouveau code de la famille. S´il n´y pas de pain dans les boulangeries, les maris vont sûrement demander à leur femme de faire la galette. Et c´est là que ça se corse, car il semble, d´après les dernières informations, que la femme algérienne ait désappris comment on fait la galette. Il lui suffit tous les matins d´envoyer les enfants acheter quelques baguettes chez le boulanger du coin, comme elle le fait en acquérant du couscous industriel chez l´épicier du quartier.
Il y a donc eu conspiration contre la femme, un complot auquel ont participé le gouvernement et les boulangers, le premier en mettant sur la table la révision du code de la famille, et les seconds en soufflant aux maris d´exiger de la galette au dîner. Vous voulez une preuve ? Il y avait du couscous, mais les maris ont exigé de la galette. «Le couscous, confie cet homme, j´en mange tous les jours. Alors pour une fois que la galette était au programme à cause de la grève des boulangers, je n´allais pas me déjuger». Il y tient d´autant plus que sa tendre moitié ne cesse de se vanter en affirmant qu´elle a plusieurs cordes à son arc: koul esba´â besena´â ! un métier à chaque doigt. Le mari désirait en secret la galette, mais il n´osait pas en demander, puisqu´il y a du pain chez le boulanger et puis il y a tellement de choses à faire avec les gosses à élever, la lessive, la vaisselle, le nettoyage du parterre. Pour la femme travailleuse, c´est encore pis.
Cette grève des boulangers tombe à point. C´est une occasion en or. Avant-hier soir, il lui a chuchoté à l´oreille: «Ya m´ra, les boulangers annoncent une grève pour demain. Je suis passé chez l´épicier et j´ai acheté un peu de semoule. Tu ne voudrais pas nous faire une galette?». Elle n´a pas sursauté pour ne pas montrer sa gêne, mais elle a eu le réflexe de répondre: «Mais , mon chéri, tu ignores que j´ai déjà préparé un couscous pour demain. C´est ce que tu aimes, non?». Le mari ne se laisse pas démonter: «Essaie toujours. Tu as oublié que tu étais un as de la galette.» Que pouvait-elle ajouter: «D´accord, on verra ça demain.» Elle se dit qu´il lui reste deux solutions : téléphoner à sa vieille mère, voire à sa belle-mère en leur disant ceci: «Mon mari a rêvé hier de ta galette! Personne ne la fait mieux que toi!». Ou bien alors, il reste ce fameux code de la famille.
Dorénavant, a-t-elle lu dans les journaux, elle pourra récupérer l´appartement et la garde des gosses en cas de divorce. «Chic alors!». renseignement pris, (elle a téléphoné à une cousine avocate), ce n´est qu´un projet de loi, non entré en application. Les juges n´ont pas été informés des nouvelles dispositions. Donc elle n´est pas sûre d´avoir la garde des gosses et de l´appartement. En outre, ni la mère ni la belle-mère ne sont sûres de venir, d´autant plus qu´il y a le pépé qui réclame sa part de pain maison.
La femme est donc mise au pied du mur et en demeure de la faire cette galette. A moins que ... la tabouna ne tombe en panne ou que le tadjine ne se casse par inadvertance! ça , c´est bien joué!
Toute la nuit, elle n´a pas cessé de ruminer toutes ces pensées noires dans sa tête. Et à l´aube, elle a jeté un coup d´oeil à travers la persienne vers la boulangerie qui se trouve à une centaine de mètres de la maison.
Pas de doute, la boulangerie est bien fermée, mais les gens, de retour de la prière, portent leur sachet de pain habituel. «Vous n´allez pas me dire qu´ils l´ont achetée à la mosquée, leur ration de baguettes?».
Oui, les boulangers sont bien en grève, mais par une porte dérobée, ils trouvent le moyen de fournir leur clientèle. On ne pourra pas dire qu´ils auront participé au complot contre la femme, ni qu´ils auront encouragé les divorces.
Tant mieux!

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha