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Les dominos

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Les manifestations populaires du Liban sont une première réponse à la question que les observateurs ne cessent de se poser depuis des décennies à chaque fois qu´un événement secoue le Proche-Orient: «Quelle sera la réaction de la rue arabe?» question elle-même reprise en boucle par les plateaux de télé et les éditorialistes des grands journaux. La rue arabe, vocable spécifique forgé pour l´occasion, est ainsi rangée dans la catégorie des «bêtes sauvages» dont on ne connaît pas exactement les réactions, sans doute parce qu´on ne s´est pas donné la peine de l´étudier dans son «milieu naturel», pour rester dans le jargon animalier.
La rue arabe s´oppose ainsi directement à l´opinion occidentale. La rue n´est qu´une artère, ouverte à tout vent et pourquoi pas à tout venant, elle peut donner sur un grand boulevard ou sur d´autres rues, tout comme elle peut déboucher sur une impasse ou un cul-de-sac. Elle est informe, insaisissable, indéfinissable, elle n´a ni personnalité ni identité. C´est la raison pour laquelle certains emploient l´expression d´arabe non identifié. L´opinion au contraire suppose une intelligence. Avoir une opinion c´est être capable de réfléchir, de penser, au sens cartésien du terme. L´opinion en Occident est saisie, analysée, mesurée, scrutée par des sondages, elle a un sens. On sait ce qu´elle veut et où elle va. Elle a des instruments pour exprimer ses préférences, comme le vote et les journaux, les meetings, les grèves, les manifestations, toutes choses auxquelles n´ont pas accès les Arabes, où l´information est propagande, où les responsables sont cooptés en petits comités et se succèdent à l´intérieur d´un cercle fermé, et où les libertés de réunion et de grève sont interdites.
Alors, aujourd´hui, quand on parle de la théorie des dominos, il faut savoir de quel domino il s´agit. Celle des arabes consiste à gagner la partie en fermant le jeu. C´est ce qu´on appelle «fermer le sept». En Occident, le jeu consiste à aligner debout les pièces de domino. Il suffit d´en faire tomber la première pour que l´ensemble s´écroule, comme un château de cartes. N´est-ce pas?
En revanche, ce que ne nous disent pas ces deux théories, c´est que les dictatures arabes n´ont pu prospérer qu´à l´ombre du parapluie occidental, parce que dans le cadre de la guerre froide, elles constituaient un rempart efficace contre l´avancée du communisme, à la manière d´une ceinture de pins d´Alep constituant un barrage contre l´avancée du désert. Cette mission historique est finie depuis les attentats du 11 septembre. En d´autres termes, les dominos arabes produisent des dictatures qui n´arrivent à tenir debout qu´avec le concours des puissances occidentales. Aujourd´hui, ces dernières veulent les faire tomber. Et c´est là que la rue arabe refait surface, non plus en tant que masse informe, sans identité et sans projet (sans but) mais en tant qu´être intelligent, en tant qu´opinion, souveraine dans la désignation de ses responsables.
L´opinion arabe sera bien évidemment différente et des oligarchies arabes qui ont régné sans partage durant des décennies, avec la complicité des puissances externes, et de la rue arabe, réprimée et abandonnée à son sort. L´opinion arabe, faut-il l´espérer, aura son mot à dire non seulement dans le choix de ses dirigeants, mais aussi dans la définition de ses relations extérieures, qui ne seront plus établies sur des liens de vassalité, mais sur des intérêts mutuels. D´où l´intérêt que la rue arabe, en secouant le joug des dictatures, retrouve sa liberté, son droit à la parole confisqués par des régimes corrompus et leurs mentors d´ailleurs. A ce moment-là seulement, la réponse arabe au projet GMO aura pris toute sa signification : le droit de gérer librement son devenir à l´intérieur et à l´extérieur, sans aucune ingérence.

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