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Le dû et l’indu

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En Algérie, l´Etat n´existe pas. Vous voulez une preuve? Elle nous est fournie par cette histoire des indus élus en Kabylie. Dans ces négociations avec les délégués des archs, alors que le RND a décidé de retirer ses élus, son partenaire de l´Alliance présidentielle, le FLN, exige des préalables : il veut savoir si ce retrait aidera à trouver une solution à la crise. Il ne s´agit pas ici de se mêler des peaux de bananes politiciennes, entre deux acteurs politiques qui pourraient être tentés une fois de plus de manipuler la question au profit de leur chapelle, mais de constater l´absence de la culture d´Etat. Ahmed Ouyahia a-t-il reçu de la part du chef de l´Etat l´instruction de négocier avec les représentants des archs? Si c´est le cas, les décisions prises au cours des négociations engagent l´Etat et ses démembrements. La question pourrait être posée autrement : pendant ses rencontres avec les amis de Belaïd Abrika, quelle casquette porte Ahmed Ouyahia: celle de chef du gouvernement ou celle de président du RND? S´il a reçu un mandat officiel du chef de l´Etat, on peut dire qu´il parle bien au nom de l´Etat. Pourquoi la Sonelgaz par exemple ou le service des impôts, appliqueront-ils les clauses découlant de l´accord gouvernement-archs, et pas le FLN ? Passe que pour ce qui est de l´officialisation de tamazight, on ait trouvé une parade constitutionnelle, et qui trouvera sa solution en temps opportun, mais qu´un parti politique qui fait partie de la coalition gouvernementale remette en cause aussi ouvertement les décisions prises, cela remet en cause l´autorité de l´Etat. On se souvient qu´au moment des élections, les élus FFS, qui contrôlaient plusieurs mairies, étaient tenus d´obtempérer à la loi et à la force publique qui leur enjoignaient de tout mettre en oeuvre pour organiser le scrutin. Certains d´entre eux furent même traduits en justice, car ils étaient accusés de perturber le déroulement du vote.
Si on applique les mêmes raisonnements du FLN, à ce moment-là, c´est l´ensemble de la politique du gouvernement qui sera remise en cause. Tous les ministres FLN, ou ceux du MSP, pourraient ruer dans les brancards, et personne ne donnerait suite aux décisions de la tripartite, à l´accord entre les enseignants et leur tutelle, celui des spécialistes de la santé avec M. Redjimi. Le simple citoyen pourrait refuser d´attacher sa ceinture de sécurité dans son véhicule et au diable le nouveau code de la route. Les commerçants, ou tout autre imposable, ne paieraient pas la TVA et les charges patronales. La sécurité sociale ne serait plus dans l´obligation de rembourser les frais médicaux.
Comme on voit, c´est la porte ouverte à tous les «dépassements», voire à tous les abus.
Cette question dépasse largement le cadre de l´Alliance présidentielle. Elle pose d´une façon crue le fonctionnement des institutions de la République.
Pourtant, la remise sur les rails du FLN après le huitième congrès laissait plutôt présager un retour à la normale, après une période de perturbation qui a duré plus d´une année. Il semble qu´on ne soit sorti d´une zone de turbulences que pour entrer dans une autre. L´avion Algérie est mis sur pilotage automatique.
Il est normal dans ces conditions que tout le reste tangue et ne suive pas le mouvement de remise en marche du pays, et qu´on ait besoin, au milieu de l´année, de confectionner une loi de finances complémentaires, pour essayer de corriger les erreurs, plutôt que de colmater les brèches.
«L´Etat, c´est moi» disait ce dictateur, qui concentrait tous les pouvoirs entre ses mains. «Je n´ai pas peur de déjeuner avec l´Etat» disait pour sa part Marx, pour dire que l´Etat est une entité abstraite, un simple instrument entre les mains des responsables. Chez nous, n´importe quel potentat pourrait dire l´Etat c´est moi et aller dîner en tête à tête avec soi-même.

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