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Vaudeville

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Entre l´Algérie et le FMI, c´est devenu une longue histoire d´amour, si longue qu´elle finit en vaudeville. Bien que le ton n´en soit plus aux injonctions et aux réajustements structurels, comme au milieu des années 90, il n´en est pas pour autant aux déclarations . Le dernier rapport publié début mars relève un certain nombre d´irrégularités qui entachent la gestion des finances publiques et hypothèquent l´avenir, d´autant plus que les institutions ne jouent pas le rôle qui est le leur en tant qu´instrument de contrôle. Ni le Parlement, ni la Banque centrale, ni l´IGF, ni la Cour des comptes, ni le service des impôts ne sont épargnés par les experts du FMI.
Au milieu des années 90, c´était contrainte et forcée que l´Algérie passait sous les fourches Caudines du FMI, qui lui, ne lui accorda un rééchelonnement de la dette extérieure qu´au prix d´un plan d´austérité qui y a fait perdre des plumes aux couches populaires et appauvri les couches moyennes. Aujourd´hui, le FMI revient à la charge. Il constate d´abord que l´élaboration de la loi de finances et du budget de l´Etat est faite de telle manière qu´elle ne permet pas un débat serein au niveau de l´Assemblée nationale, puisque le document soumis aux parlementaires reste muet quant aux objectifs attendus des recettes fiscales, alors que pour ce qui est du budget, il y est dit dans le rapport que le rédacteur se limite «à détailler les dépenses mais ne dit rien sur les résultats et les objectifs attendus». Les privatisations des entreprises publiques elles-mêmes sont dans le collimateur de l´institution de Bretton Woods, qui déplorent que «les accords, contrats et montants de la majorité des quelques opérations de privatisation ne soient pas rendus publics». Dans la conception du FMI, la transparence fiscale devrait être telle qu´elle permettrait de dégager des ressources au bénéfice des collectivités locales et leur donner les moyens d´intervenir au profit des administrés.
Passons sur l´élaboration du budget et sur l´affectation des ressources, pour parler un peu du contrôle: là c´est le bide.
Depuis la modification des statuts de la loi sur la monnaie et le crédit, la Banque centrale a pratiquement perdu son rôle de supervision de la politique monétaire et financière du pays. Quant au Parlement, on sait ce qu´il en est. Quant il n´obéit pas aux lobbies pour ce qui est de la défense de certains intérêts corporatistes (les véhicules de moins de trois ans, l´interdiction de l´importation des vins, la fraude électorale, par exemple) il ne s´empresse pas d´instituer des commissions d´enquête pour veiller à la bonne utilisation des deniers publics, et quand il lui arrive d´en mettre une en place, les résultats de ses travaux passent à la trappe. La même chose peut être dite de la Cour des comptes, qui a été marginalisée, et dont les rapports ne sont plus publiés au Journal Officiel depuis 1997, comme s´il y avait quelque chose à cacher. Idem pour l´Inspection générale des finances (IGF) qui est cantonnée dans un rôle d´évaluation, alors que ses audits pourraient aider à une plus grande transparence dans la gestion des institutions et des fonds publics. Le rapport du FMI relève également que les largesses accordées par le code des investissements font de l´Algérie un pays à deux vitesses, voire un paradis fiscal, notamment pour ce qui est des acquisitions immobilières, de la franchise de la TVA, de l´exonération pendant dix ans de l´IBS, de l´IRG, du VF et de la TAP. Quant aux caisses et fonds spéciaux, qui ne sont justement pas budgétisés dans la loi de finances, c´est l´opacité totale qui entoure leur gestion.
Que faut-il en penser, sinon que l´embellie dont bénéficie le pays grâce à l´augmentation du prix du pétrole, pourrait ne pas profiter au développement équilibré de l´économie nationale, et que si le prix du baril venait à baisser, on aura des surprises. On comprendra alors cette sentence de la mère de Boabdil, dernier roi nasride de Grenade: «Tu pleureras comme une femme, un royaume que tu n´as pas su défendre comme un homme».

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