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A la pêche comme à la pêche

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Tenir une conférence de presse, c´est aller à la pêche, en espérant qu´elle sera miraculeuse. C´est un exercice auquel, bon an mal an, Ahmed Ouyahia excelle. Car comme tout bon pêcheur, il sait appâter le poisson : quel que soit le type de pêche, côtière ou hauturière, il prépare son matériel, son équipement, les hameçons, les moulinets, les filets, les nasses, les chaluts... ainsi il ne risque pas d´être pris au dépourvu. Son objectif étant clair, à savoir mettre tous ces journalistes dans sa poche, il lui reste à adopter sa tactique. Celle-ci consiste, au besoin, à faire des concessions aux journalistes, mais aussi à jeter des fleurs à ses partenaires de la classe politique. Par exemple, il s´interdira de dire Bouteflika, mais Monsieur le Président de la République. C´est important. Le respect commence à ce niveau-là. Vis-à-vis des partis politiques, en bon SG du RND qu´il est, il évitera de s´immiscer dans leurs affaires internes, entourant ses déclarations du maximum de précautions pour ne pas paraître irrévérencieux. La même attitude sera adoptée vis-à-vis des institutions de la République : l´Assemblée populaire nationale, le Sénat, ou toute autre institution. Ahmed Ouyahia est d´abord un diplomate et quelque part il est formaté comme ça. C´est devenu chez lui une seconde nature. Son antithèse est quelque part Nourredine Yazid Zerhouni, homme de l´ombre ,- aux côtés de Kasdi Merbah, dans la sécurité militaire -, qui n´a pas l´habitude de prendre des gants, et qui a été formaté autrement.
Revenons à Ahmed Ouyahia. Une fois qu´il a pris toutes ces précautions d´usage, manière d´arrondir les angles ou d´aplanir les difficultés, il va rebondir et surfer sur les questions des journalistes. Sauf à de rares exceptions, où excédé par certaines questions, non pas gênantes, mais hors sujet, il rabroue son auteur, il reste généralement correct et ses réponses viseront en priorité à contourner le sujet, à déplacer le centre d´intérêt, à commencer par passer de la pommade avant de décocher le croc-en-jambe ou l´uppercut. Sur des questions aussi cruciales que le code de la famille, la crise de Kabylie, l´amnistie générale, la révision de la Constitution, la lutte contre la corruption, il ne dira pas les mots qui fâchent. En bon pêcheur qu´il est, il sait appâter l´hameçon, pour attirer les poissons. Ceci justifiant cela, il lance les filets au moment opportun, alors que lui reste sur le pont du chalutier, au soleil. Sans se découvrir. Car pour lui, ne pas baisser la garde consiste à ne faire état ni de ses états d´âme ni de ses ambitions personnelles. Que ce soit à la tête du RND, du gouvernement ou d´un ministère, il fera toujours croire qu´il est en service commandé. S´il est là, c´est parce qu´on le lui a demandé. Sans plus. S´il faut qu´il parte. Il le fera sans rechigner. C´est certainement ce qui explique sa longévité à la tête de l´Exécutif. Mais quand on est à ce poste, il est bon tout d´abord de se donner des allures de technocrate. Quelqu´un qui manie les chiffres, les statistiques, les données, les graphes, un homme de dossiers. Aux journalistes curieux qui veulent tout comprendre, il va les gaver de données chiffrées. Des chiffres qui donnent de lui l´image d´un homme de rigueur, entre les mains de qui le sort de la nation est en sécurité, en même temps qu´ils font rêver et redonnent l´espoir. 5 % de croissance, 800.000 logements, 100 milliards de dollars d´investissement en cinq ans. De quoi infliger le vertige aux plus coriaces, mais aussi faire renaître l´espoir chez tous les déçus du système, tous ceux qui désespèrent de jamais dégoter un toit pour leurs enfants. Mais puisque nous parlons de pêcheur, méditons cette sentence de Diderot: «Vous avez encore une vingtaine d´années de jolis péchés à faire. N´y manquez pas. Ensuite vous vous en repentirez.» Rien n´indique pourtant qu´Ahmed Ouyahia ait jamais à se repentir de quoi que ce soit, lui qui s´est fait une carapace à toute épreuve.

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