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L’échappée d’Achiou

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L´objectif de l´entraîneur Fergani en faisant rentrer Achiou dans les toutes dernières minutes, était de faire baisser la pression qui s´exerçait sur Mezaïr, le goal des Verts, car il fallait protéger l´avantage acquis par le petit but de Boutabout dès les débuts de la deuxième période de jeu. A l´approche de la fin de la partie, on voyait que les Rwandais étaient déchaînés. Ils resserraient l´étau autour de la surface de réparation algérienne. Ils étaient bien en mesure d´égaliser, d´autant plus qu´ils pratiquaient un jeu physique et musclé, à la limite de ce que permettent les règlements.
Il fallait donc, comme dirait Redha Malek, que la peur change de camp. D´où l´intérêt de faire entrer Achiou, qui a été fidèle à sa réputation, puisque grâce à son échappée, dribblant trois joueurs adverses, il a semé l´émoi dans les rangs rwandais, avant de se faire faucher. Mais le contrat était rempli. Les adversaires des Verts oublieront de marquer et se mettront à surveiller ce trublion d´Achiou, qui par son exploit, avait relancé le suspense et l´intérêt du match. C´est qu´un match de football est basé sur deux éléments complémentaires: un jeu collectif bien construit et quelques prouesses techniques individuelles pour pimenter la partie. Cela nous fait penser au film de Wolfgang Petersen, Troie, tiré de l´épopée d´Homère.
Il y avait deux héros dans l´Illiade: Achille l´invincible (sauf au talon) et Ulysse le rusé. D´un côté l´intelligence, déclinée en stratégie militaire et de l´autre la force, que la colère a rendu encore plus dévastatrice. Toute l´intensité dramatique de l´Illiade repose sur le conflit opposant Achille à Agamemnon, mais c´est la sagesse d´Ulysse qui lui donne ses nuances romanesques. Militairement parlant, si le courage d´Achille confère l´avantage sur le champ de bataille, il faut reconnaître que c´est la ruse d´Ulysse qui va faire la différence et assurer la victoire finale, quoique dans le film, ce rôle stratégique d´Ulysse soit plutôt effacé. Mais il fallait faire du spectacle et du box-office et la sagesse est si peu cinématographique. Aujourd´hui, avec du recul, on se dit que la victoire est toute relative et qu´elle a un goût amer. La destruction de la belle cité de Troie et de sa brillante civilisation est une grande perte pour l´humanité, tout comme l´incendie de la bibliothèque d´Alexandrie ou la dévastation des jardins de Babylone. Ce fut un recul historique évident. C´est-à-dire qu´on peut aujourd´hui regretter la prophétie de la déesse marine Thétis, qui dit à son fils Achille: «Si tu restes ici, tu auras des enfants et tu seras grand-père. Tu mourras vieux et heureux. Mais personne n´entendra parler de toi. En revanche, si tu vas à Troie, tu accompliras des exploits et dans mille ans, on parlera encore de toi». Aujourd´hui, on pourrait se demander s´il n´eût pas été préférable qu´Achille soit resté dans son île à filer le parfait amour. Troie n´aurait sans doute jamais été détruite. Mais peut-on refaire l´histoire avec des SI? Pourquoi fallait-il que Pâris séduise la belle Hellène et l´embarque dans son navire sur les flots de la mer Egée? Pourquoi fallait-il que l´ambitieux et avide Agamemnon, soi-disant pour venger l´honneur bafoué de son frère Ménélas, saisisse ce prétexte somme toute puéril pour engager toute les armées de la Grèce à l´assaut de Troie et lancer sa flotte dans une aventure désastreuse? Aucune guerre ne fut juste. Ni celles d´Alexandre, ni celles de César, ni celles de Napoléon, ni celles de Tamerlan, ni a fortiori celles d´Hitler. Elles ne furent toutes que furie destructrice, assujettissement des vaincus, pillage des richesses. Mais si sur un champ de bataille, on voit du sang et l´on ressent la douleur, un film ou un match ne retiennent que l´aspect esthétique de la chose ou la beauté du geste. La vérité historique importe peu.
Le téléspectateur scotché à son siège va revivre par procuration des scènes auxquelles il ne participe pas, dans une décharge d´adrénaline et en se donnant des frissons à bon compte.

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