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Foutus personnages

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Agacement du prince Charles qui a lâché cette phrase assassine « foutus personnages », à Klosters en Suisse, à une semaine de son mariage avec Camilla Parker Bowles, devant la meute des journalistes, transformant une banale séance de photos, pourtant organisée par ses services, en règlement de comptes contre la presse. «Quel foutu vieux grincheux» a répliqué The Sun, en choeur avec la presse people des tabloïds britanniques. Le prince de Galles et dauphin au trône du Royaume-Uni n´en est pas à son premier démêlé avec la presse, qui s´était immiscée jusque dans l´intimité la plus profonde de sa vie privée, aussi bien maintenant que du temps de Diana, la reine des coeurs, comme l´avaient surnommée les sujets de Sa Gracieuse Majesté. C´étaient surtout les paparazzi qui étaient montrés du doigt, jusques et y compris sur les causes de son accident mortel sous le pont de l´Alma, à Paris, en août 1997. Mais peut-on, dans ces pays où la liberté d´expression est sacrée, échapper à l´oeil de la caméra, au zoom des appareils photos, aux téléobjectifs pas toujours objectifs et qui en rajoutent ? On le constate tous les jours: la longue maladie du pape Jean-Paul II, la mise sous assistance respiratoire du prince Rainier de Monaco, la mort -presque par euthanasie - de Terry Schiavo, aux Etats-Unis, sont autant d´informations qui retiennent le monde en haleine, alors même que la presse people est à l´affût du dernier joint du fils cadet de Diana et de Charles ou du dernier flirt de Stéphanie. Pendant ce temps, des journalistes roumains, italiens ou français, ainsi que leur guide, sont enlevés en Irak et risquent à chaque instant leur vie. Ce sont tous ces événements qui font l´actualité: la guerre en Irak, l´attentat contre Rafik Hariri, les bousboussates du président, les tentes de Kadhafi, les passes d´armes, ou plutôt leur absence dans les deux chambres du parlement autour des nouvelles ordonnances adoptées sans débat par les députés.
Cela nous amène à aborder la situation de la presse algérienne. En effet, si la place et le rôle du journaliste n´ont pas cessé d´être disséqués sous toutes les coutures tout au long de l´année 2003 et une bonne partie de l´année 2004, on constate que depuis un certain temps, le débat s´est tassé. On préfère changer de sujet. On regarde ailleurs. Le combat est-il fini faute de combattants?
Remontons un peu plus loin dans le temps, entre 1993 et 1997. Il ne faisait pas bon être journaliste: assassinat, emprisonnement, intimidation, exil. Toutes les calamités. Pourtant, au plus fort de la crise, les journalistes ont bravé le danger pour faire leur métier. Ils ont contribué, en rapportant l´information et en la commentant, à éclairer l´opinion, à soulever la chape de plomb qui pesait sur la société, à prévenir les dépassements et les détournements de pouvoir, à dénoncer les abus, à recentrer les débats en ayant toujours un seul objectif : que l´Algérie ne s´effondre pas. Ils ont aussi démontré qu´on peut résister à la terreur, rien que par la plume, et surtout sans se monter la tête, et même si ce travail, qui s´est fait dans des conditions très difficiles, n´a pas été exempt de manipulations ou d´erreurs d´appréciation. C´est toujours ce qui arrive quand on est dans le feu de l´action et qu´on manque de recul. L´erreur la plus voyante a certainement été la «surpolitisation» du débat, car elle impliquait forcément, en corollaire, la marginalisation des intellectuels, des artistes, des créateurs, des chercheurs, des cadres, et de tous les autres acteurs sociaux, qu´ils soient ou jeunes. En termes d´espace rédactionnel, la place occupée par les acteurs politiques (Exécutif ou opposition) domine largement les acteurs évoluant dans les autres champs. C´est très réducteur comme conception. Cette hypertrophie n´a pas manqué d´avoir des effets sur la nature et l´efficacité de l´information traitée, rapportée, et de l´usage qui en est fait. Par exemple, la sortie d´un film, la parution d´un livre, l´édition d´un album de chansons, la représentation d´une pièce de théâtre ne feront jamais la Une des journaux en Algérie. C´est triste mais c´est comme ça, alors que si vous prenez Le Monde, ou Libération, ou le Figaro, ou Le Parisien Libéré, cela ne se passe pas du tout comme ça. Dès lors qu´un journal ne se considère pas comme un parti politique et n´adopte pas de position militante, il peut défricher de nouvelles terres et semer ce qu´il y a de mieux.

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