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Le chemin de Damas

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La suppression des visas pour les ressortissants marocains décidée par le président Bouteflika peut être considérée comme un saut dans l´UMA, voire un saut dans l´humain, c´est-à-dire dans la construction d´un Maghreb à hauteur d´homme. Et de femme. Avec les côtés négatifs et positifs, les échanges commerciaux utiles et peut-être aussi le cannabis et le trafic en tout genre. «Celle qui t´aime, doit aimer aussi ta morve», dit un proverbe populaire. C´est comme ça. On ne choisit pas ses frères et soeurs, et le Maroc est à nos portes. Certes, on est habitué en Algérie à ces contresens par rapport à l´histoire et à la géographie. Par exemple, Alger, ville côtière qui a une large baie sur la mer, ne dédaigne pas de tourner le dos à la mer. Tête-bêche et le port et nous, on se parle avec les pieds. Nous faisons la même chose avec le Maroc avec lequel nous partageons une longue bande frontalière. Mais rassurons-nous. Les Algériens ne sont pas seuls responsables de cet état de fait. L´impair de 1994 est encore dans toutes les mémoires. La suppression du visa était venue de Rabat, très souverainement. D´un air moqueur, l´Algérie l´avait renvoyée, en y ajoutant le verrouillage des frontières. Tout aussi souverainement. Verrouillage très formel, il faut dire, car le trafic n´a jamais été aussi dense, paraît-il. C´est justement pour que les échanges ne restent pas au niveau des seuls trabendistes, dealers et contrebandiers qu´il faut peut-être songer à passer à une autre étape, pour englober tout le monde. Des échanges plus bigarrés, celui des familles, des touristes, des commerçants honnêtes pour une fois, mais aussi les rencontres culturelles, sportives, universitaires, médicales, et tout et tout. On sait que les trabendistes n´ont pas besoin de visa, ni les passeurs, ni les dealers, ni les moutons de Ouled Djellal, ni les bidons d´essence, ni les paquets de cigarettes Taiwan. Ni les harragas (clandestins) qui risquent leur vie chaque fois qu´ils veulent rejoindre Lampedusa à bord d´un radeau de fortune, et qui se ressemblent tous, avec leur faciès et leur peau basanée : Algériens, Marocains, Maliens, Mauritaniens. Les flots impétueux écrasent contre les rochers escarpés leurs rêves d´aventure et leur recherche d´une vie meilleure. Les poissons qui dévorent certains naufragés ne se demandent pas quelle est leur nationalité. Aujourd´hui, quoique les frontières soient encore fermées, on peut dire que tous les chemins mènent à Casa, mènent à Alger. C´est notre chemin de Damas : se convertir à des relations moins conflictuelles et dépassionnées, y compris sur les questions qui fâchent. Surtout sur ces dernières. Tant qu´on ne les aborde pas de front, elles restent comme une verrue au milieu du visage. Et ça grandit, et ça pustule.
Onze ans se sont passés depuis l´établissement des visas entre les deux pays. Ce n´était qu´un remake d´un autre froid qui avait duré de 1975 à 1987, soit depuis la marche verte. Mais qu´est-ce que dix ans dans la vie d´un peuple?
Une goutte d´eau dans l´océan. Quand on sait que les deux Corée sont séparées depuis cinquante ans, que la Chine et Taiwan le sont depuis 1949, que les deux Allemagnes le furent pendant plus de quarante ans, avec ce fameux mur de Berlin qui était considéré comme un rideau de fer.
Mais il arrive toujours un moment où c´est le réalisme qui l´emporte et où il faut saisir les occasions qui se présentent. Ici, ce fut le 17e Sommet de la Ligue arabe à Alger. Après deux reports sine die du Sommet maghrébin de l´UMA. Et c´est justement au moment où l´armée syrienne reprend le chemin de Damas, pour se convertir, elle aussi, enfin, aux accords de Taëf, - qui prévoyaient un retrait à plus ou moins long terme, - et à la résolution 1559 de l´ONU. Comme dirait Mouloud Feraoun: «Pour rejoindre Fort National, les chemins sont fort nombreux. On a beau choisir le sien, ce sont des chemins qui montent.» Tous les chemins mènent à Oujda, mènent à Maghnia.

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