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Le syndrome du Vietnam

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Les Américains nous ont habitués à faire la guerre en deux temps. La première fois pour de vrai, en y mettant les moyens et les armes de guerre les plus meurtrières de l´histoire. Les blindés, les missiles, les bombes à fragmentation, les lunettes à infrarouge, le dernier cri en matière d´armement.
Et la deuxième fois, en faisant des films. Hollywood arrive toujours, avec ses caméras, ses studios, ses paysages en carton, ses effets spéciaux. On se souvient que les caméras n´étaient pas autorisées à montrer les scènes atroces induites par les attentats du 11 septembre. Les images restaient soft. Car, c´eût été pour cette superpuissance faire montre de sa faiblesse, exhiber le défaut de la carapace. Mais il y aura des films, peut-être dans dix ou quinze ans, où le scénario sera revu et réécrit. On verra l´Américain, seul face au reste du monde. Cow-boy parmi les cow-boys. Pur. Inébranlable. Inaccessible. Presque des dieux de l´Olympe. Maîtres des cieux, de la terre, des océans, des entrailles de la terre, domaine de l´enfer et des ténèbres. Ce qui se passe en Irak ne dérogera certainement pas à la règle. Des milliers de marines tombent tous les jours dans les attentats et les attaques sanglantes. Les caméras sont toujours présentes, mais après être passées au sas du contrôle. La guerre en Irak nous montre une autre facette : un procès, celui du soldat Graner, jugé au Texas, pour les scènes de torture à Abou Ghraïb. Un tribunal, cela participe de la dramatisation et de la théâtralisation. Cela nous renvoie toujours au monde hellénique et à la grande tragédie, Sophocle, Eschyle. Les fêtes populaires et dionysiaques qui sont aussi une manifestation de la démocratie grecque.
Le syndrome vietnamien, c´est à la fois ce désir catharcique collectif que la nécessité de récupérer les marines qui déjantent, les GI´s qui disjonctent, à la manière de Rambo. Le cinéma récupère tout cela, avec force hémoglobine et larmes en carton.
Les photos qui sont diffusées par les chaînes de télé et les tabloïds montrent des pyramides humaines de prisonniers nus aux figures acrobatiques. Elles ont choqué le monde entier, mais les détails donnés par certains prisonniers sont encore plus choquants, même s´ils sont moins voyants et moins ... visuels : comme ce prisonnier yéménite qui raconte que Graner l´avait obligé à manger dans la cuvette des toilettes.
De toutes les guerres que les Américains ont eu à mener, celle du Vietnam fut la plus longue, mais ce fut aussi celle qu´ils ont ressentie au fond de leur chair, non seulement parce qu´elle fut très dure, mais surtout parce qu´elle fut perdue.
Perdre une guerre, ça joue sur le moral. La première guerre du Golfe fut brève. Elle était tout à l´avantage des Américains : non seulement Saddam Hussein fut battu, humilié mais, en plus, les Américains étaient drapés du manteau de sauveur du petit émirat libéré. On ne sait pas, pour l´heure, ce qu´il en sera de l´Irak. Le régime de Saddam est tombé. Mais l´Irak n´est pas vraiment libéré, et les marines ne savent pas très bien ce qu´ils font là. L´Irak est tout sauf une promenade des Anglais. Au Vietnam, l´ennemi était identifié. Il s´appelait communisme. En Irak, l´ennemi, personne ne le connaît. Si c´est Ben Laden ou Zerqaoui, il reste insaisissable, idéologiquement et physiquement. Si c´est quelqu´un d´autre, on ne le sait pas encore.
Au cinéma, l´ennemi de l´oncle Sam existait déjà bien avant la guerre contre Saddam. C´est le terroriste arabe, barbu, impitoyable, ennemi de la civilisation, vêtu de son chèche, et donnant des ordres à ses otages d´une voix gutturale : une image caricaturale, des traits grossis et appuyés à l´extrême (c´est normal pour parler des extrémistes). Mais l´Arabe n´est pas un terroriste et cette image ne correspond pas à la réalité. C´est ce qui fait qu´il y a une erreur dans le script. Le syndrome irakien sera plus dur que le syndrome vietnamien. Hollywood n´a rien compris.

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