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Boucs émissaires

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Depuis l´indépendance, c´est vraiment la première fois que les walis sont dans le collimateur. Le pourquoi de la chose, on ne le sait pas encore. Les walis sont pourtant de zélés serviteurs de l´Etat. Comme on dit dans le jargon, ce sont des commis de l´Etat. Qui plus est, ils représentent l´Etat au niveau d´une portion du territoire qui s´appelle wilaya (département). Dans un pays où tout est centralisé à l´extrême, les walis concentrent entre leurs mains d´énormes pouvoirs. Placés directement sous la tutelle du ministère de l´Intérieur, ils sont en même temps responsables de tous les autres secteurs: la sécurité, l´ordre public, l´éducation, le tourisme, l´aménagement du territoire, les douanes, l´environnement, les transports, les impôts, la santé, le foncier, l´habitat. C´est ce dernier volet qui fait actuellement grincer des dents car l´immobilier reste en Algérie une vraie dynamite, une bombe à retardement. Alors que les particuliers rêvent d´un logement, les industriels, eux, sont à la recherche d´un terrain sur lequel ériger leur unité. Dans les deux cas, la spéculation bat son plein. Si vous faites un tour autour d´Alger et dans l´Algérie profonde, vous constaterez qu´on n´a jamais autant construit. Le béton avance inexorablement. Les meilleures terres agricoles sont sacrifiées à l´appétit de l´immobilier. Et pourtant, la crise du logement n´arrive pas à être résorbée. C´est que c´est d´abord une affaire de gestion. Le parc immobilier est mal géré. Des appartements par milliers sont fermés. Pour qui, pour quoi? Comment se fait-il que des membres de la nomenklatura possèdent plusieurs appartements alors qu´un simple quidam ne sait pas à quel saint se vouer pour offrir un toit à ses enfants.
Depuis l´indépendance, on a organisé des forums et des colloques pour débattre de tous les sujets, mais jusqu´à ce jour, personne n´a songé à tenir les assises de l´habitat, pour discuter entre Algériens de ce problème épineux . De nouvelles lois et de nouvelles règles sont nécessaires pour que la question du logement et du foncier ne soit plus traitée dans des cabinets feutrés, dans l´opacité la plus totale, généralement sur un coup de téléphone.
Dans ces conditions, le wali apparaît comme le fusible idéal. Si ça ne va pas, c´est lui le bouc émissaire. En réalité, ce commis de l´Etat ne fait que gérer une situation dont il a hérité. Sachant qu´il concentre entre ses mains autant de pouvoirs, les clans et les féodalités locales le prennent en main dès sa nomination, et le cercle vicieux suit son train-train depuis des décennies. Jusqu´à une date assez récente, les walis ont été protégés par leurs mentors, mais depuis quelque temps, ce n´est plus le cas. Alors, ce sont eux qui essuient les plâtres : on avait vu M.Frik, devant le juge, donner les noms de ceux qui lui passaient des coups de fil pour lui ordonner d´attribuer qui un logement, qui un lot de terrain. Mais apparemment, le parachute n´a servi à rien, surtout pas à amortir la chute. On fait le dos rond, et on attend. M.Frik est seul à payer dans sa cellule.
Pourtant, à en croire le garde des Sceaux, l´opération «mains propres» n´est pas une campagne passagère. Elle est appelée à s´étaler dans le temps. On pourrait dire: tant mieux. Elle n´en est qu´à ses débuts. Pour faire le ménage et nettoyer les écuries d´Augias, l´erreur serait de s´en tenir à quelques lampistes, sans aller au fond des choses, et surtout sans mettre les garde-fous qui empêcheront que de telles malversations se reproduisent.
Tout comme dans le domaine financier, c´est le laxisme des règles prudentielles qui a rendu possibles les scandales bancaires qu´on a connus, ce sont les lois de l´immobilier qui permettent les détournements de logements et de terrains. Dans ce domaine comme dans d´autres, ne pourrait-on pas s´inspirer de ce qui se passe sous d´autres cieux? Après tout, ce n´est pas tous les jours qu´on invente le fil à couper le beurre.

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