Prévisions pour le 24 Septembre 2018

 Adrar Min 25 °C Max 35 °C
30
 Laghouat Min 17 °C Max 30 °C
34
 Batna Min 12 °C Max 26 °C
32
 Biskra Min 20 °C Max 33 °C
32
 Tamanrasset Min 21 °C Max 31 °C
30
 Tlemcen Min 19 °C Max 29 °C
32
 Alger Min 20 °C Max 27 °C
32
 Saïda Min 20 °C Max 30 °C
32
 Annaba Min 21 °C Max 28 °C
34
 Mascara Min 18 °C Max 31 °C
32
 Ouargla Min 22 °C Max 33 °C
32
 Oran Min 23 °C Max 27 °C
32
 Illizi Min 23 °C Max 37 °C
30
 Tindouf Min 23 °C Max 32 °C
34
 Khenchela Min 12 °C Max 25 °C
34
 Mila Min 15 °C Max 28 °C
34
 Ghardaïa Min 20 °C Max 30 °C
32
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C’est demain qu’on rase gratis

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L´image de l´Algérie, qu´on retiendra de ce début de troisième millénaire, restera celle d´un adolescent faisant la queue derrière d´autres adolescents, un jerrican à la main gauche, un seau à la main droite. Si le problème est plus ou moins réglé à Alger, où un allègement du plan Orsec a soulagé les familles, - mais c´est grâce surtout à la bonne pluviosité de ces dernières années - dans d´autres localités, notamment à l´Ouest, la crise est toujours d´actualité, comme à Mers-el-Kebir, où il y a eu de violentes manifestations au cours de la semaine écoulée. Car en plus d´être rare, voire rarissime, l´eau a aussi un goût saumâtre. Pour leur part, la réponse des autorités, face à des populations excédées par les coupures d´eau qui durent des semaines, voire des mois, est presque toujours la même : celle de la trique. On fait sortir les engins anti-émeutes.
Conçus au départ comme chasse-neige, ces engins ont été convertis en appareils de répression, les Algériens étant spécialisés dans les détournements en tout genre. En Kabylie, on les avait surnommés «Azrayen», dans d´autres coins du pays, on leur a donné le quolibet de «Bounif», à cause de leur museau.
Ces azrayen sont annonciateurs de l´été et des grandes chaleurs, période au cours de laquelle la pénurie d´eau devient dramatique. On boit plus que de raison et on se douche d´autant pour compenser les pertes provoquées par la chaleur. Or, c´est la disponibilité de l´eau qui pose problème. Les mêmes sempiternelles promesses sont faites pour calmer les esprits: on parle d´usines de dessalement, de construction de nouveaux barrages, de retenues collinaires, mais dès qu´arrive novembre et que tombent les premières pluies, on range toutes ces promesses dans les tiroirs, jusqu´au mois de juin prochain. On reprend alors les mêmes baratins, saupoudrés de quelques charges anti-émeutes pour faire valoir la force de la puissance publique.
Mais la puissance publique, messieurs, ce n´est pas seulement la trique et le cachot, c´est aussi la capacité à résoudre les problèmes quotidiens des citoyens. Si les institutions ne tiennent pas leurs promesses, et ne savent pas prévoir pour mieux gérer, et si elles ne connaissent que le langage du bâton, elles ne valent pas mieux que les charlatans dans les souks. «Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas», avait dit André Malraux. C´est une belle phrase, mais qui ne veut rien dire. On est à la recherche de la spiritualité, et on ne trouve pas. Nul eurêka, et surtout nul cocorico ne vient nous annoncer la bonne nouvelle.
Quand l´eau vient à manquer, faut-il se mettre au taymoum? C´est vrai que les grandes religions monothéistes sont nées dans le désert, pour se répandre petit à petit dans le reste du monde, mais on est dans une autre logique et dans une autre spiritualité. En tout cas, les conditions ont changé de fond en comble.
Par ailleurs, la boutade de Malraux, car il s´agit bien d´une boutade, avait été proférée dans un contexte où on n´avait pas vraiment conscience des ravages de la pollution sur l´environnement, la raréfaction de l´eau en zone semi-aride comme la nôtre, l´amenuisement de la couche d´ozone. Les Trente Glorieuses, complaisamment adossées à la corne d´abondance, permettaient à des intellectuels comme Malraux d´envisager le XXIe siècle en technicolor.
Mais aujourd´hui, malgré les progrès considérables de la technologie, qui vont de l´Internet au numérique, la vie sur la planète Terre est de plus en plus menacée. Il ne s´agit pas ici de pleurer sur le devenir de la planète, - d´autres savent mieux le faire -, mais d´attirer l´attention sur l´incurie des responsables qui ne font pas des prévisions à long terme. Pour cette question de l´eau, cela fait au moins vingt ans qu´on promet de l´eau au robinet 24 heures sur 24 pour bientôt, et chaque fois, c´est la même chose. C´est toujours demain qu´on rase gratis. Les responsables prennent-ils les citoyens pour des débiles mentaux?

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